Ils l'ont fait, c'est possible !

Témoignages d'animateurs de réseaux et de projets collaboratifs qui partagent ici leurs réussites, leurs expériences et le plaisir d'avoir fait avancer leurs projets vers plus d'intelligence collective.


bf_imageCooploc.png

Changement de posture pour les association : tournez vous vers la coopération

Auteur de la fiche : Corinne Lamarche et Claire Herrgott - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Mise en place d'une formation d'une journ√©e sur l'animation de r√©seau, √† destination d'associations locales.

Pourquoi CoopLoc ?

Suite √† la formation CoopTic, nous devions transmettre ce que nous avions appris √† une quinzaine d'animateurs, ce qui fut nomm√© "phase de d√©multiplication". Habitantes de Loz√®re o√Ļ le tissu associatif est dense, nous souhaitions partager nos exp√©riences avec les associations locales. Nous entendions souvent : on retrouve les m√™mes personnes dans les diff√©rentes associations, les gens ne participent pas,...alors comment faire pour favoriser la participation ? comment "outiller" les salari√©s ou les b√©n√©voles pour optimiser leur fa√ßon d'animer ces r√©seaux associatifs ?

La formalisation du projet

Au départ, nous nous interrogions sur la durée de la formation, sur le nombre de participants, sur le contenu ; nous voulions aborder tellement de choses entendues et vécues à Cooptic.
Lors des Rencontres Moustic, nous nous sommes inscrites à l'atelier sur la méthode Accélérateur de projet. En quarante cinq minutes, nous avions enfin notre trame et des réponses à notre question "Concevoir un dispositif de formation sur 6 heures pour 15 personnes avec 3 objectifs : vivre une expérience irréversible de coopération, découvrir des outils collaboratifs, et appréhender un changement de posture pour faciliter la participation des membres à un réseau ou une association".
Gr√Ęce √† cette m√©thode, une dizaine de personnes a d√©broussaill√© le terrain et nous a ouvert des pistes d'action.

Quels outils pour l'organisation?

Selon les t√Ęches √† r√©aliser, les outils utilis√©s √©taient diff√©rents:
  • Un wiki : dans lequel, nous avons cr√©√© une rubrique Organisation (ruban p√©dagogique, questionnaire), une rubrique Formation (une page participants o√Ļ chacun pouvait se pr√©senter, une page d√©roul√© de la journ√©e , une page pique-nique pour l'organisation d'un pique nique collaboratif), une rubrique Ressources (des liens sur des r√©seaux et des formations d'animateur, des sites, des articles, des outils, une bibliographie)
  • Un dossier partag√© sur Google drive : un formulaire pour l'inscription des participants, un pour le bilan envoy√© une semaine apr√®s; un fichier texte pour √©crire √† deux le courrier √† envoyer aux participants; un fichier texte pour r√©diger, suite √† la formation, l'article de presse sur lequel les participants pouvaient contribuer ;
  • Un pad : pour l'√©criture collaborative pendant la journ√©e ;
  • Un freeplane : un pour une pr√©sentation synth√©tique du programme de la journ√©e, avec des liens internet ; et un autre rempli, en direct, en fin de journ√©e, rendant compte des remarques des stagiaires ;
  • Un doodle : pour l'organisation du pique-nique, envoy√© √† chaque participant pour susciter un peu de partage
  • Une dropbox : pour y stocker des documents finalis√©s (le courrier finalis√© en pdf, le freeplane, le mod√®le de la feuille d'√©margement, le tableau pour le d√©roul√© des barcamps).

Le fait d'avoir mutualiser sur la plate-forme CoopTic des ressources, pendant notre propre formation, nous a permis de récupérer certaines parties de cours, (notamment le cours de Jean-Michel Cornu sur La coopération en 28 mots clés)

Au sein de l'établissement, il a été demandé de remplir un tableau, en ligne, sur les différentes associations connues de chacun, avec mail, adresse, pour élargir notre offre.

L'utilisation de ces outils permet de réduire le nombre de réunions, de pouvoir travailler sur des documents en ligne, voire à distance, à plusieurs (d'en améliorer le contenu), et d'impliquer les stagiaires en amont de la formation, ainsi qu'en aval.
Mots cl√©s :

Comment la vidéoconférence a sauvé mon réseau ?

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Membre d'un r√©seau de structure d'√©ducation √† l'environnement, j'ai vu au cours des ann√©es, la fr√©quence et la participation √† nos r√©unions de coordination diminuer sans cesse.

Ce sont principalement les temps de trajets qui plombaient nos réunions. Le plus souvent, le temps passé sur la route dépassait le temps de réunion...
Ceci a fini par décourager les plus motivés d'entre-nous...
Les réunions étaient de moins en moins fréquentées. Les décisions prises en séance étaient de moins en moins représentatives ...
La fréquence des réunions s'est mise à diminuer quasiment jusqu'à l'extinction.

J'ai proposé aux autres membres de relancer nos réunions mais en incluant deux réunions "virtuelles" entre chaque réunion "en présence" (trimestrielle).
Pour ce faire, j'ai formé soit en direct soit par petit tutoriel vidéo mes collègues à l'utilisation des vidéobulles de Google.

Depuis plus d'un an et demi, nous utilisons ce moyen de communication pour réaliser nos réunions. Le résultat fut sans appel !
Le taux de participation est redevenu proche des 100 % et la fréquence de nos réunions est redevenue mensuelle.
La dynamique de réseau est de nouveau en marche.
Nos réunions durent 2h et les dates sont fixées de commun accord pour l'année.
Le changement majeur réside dans la durée de la réunion elle-même. Alors qu'auparavant pour cette même réunion de 2h, il aurait fallu à chacun d'entre nous au moins 3 à 4h de trajet, maintenant la durée de réunion est de 2h montre en main et chacun reprend ses activités dans les 5 minutes qui suivent.

Quelques remarques tirées de cet exemple :
  • Il est important de rassurer les participants en expliquant en pr√©sence le fonctionnement de l'outil.
  • Les tutoriels vid√©o sont d'une grande aide. Le fait que je les ai r√©alis√©s moi-m√™me aide beaucoup. En effet, contrairement aux tutoriels "officiels" reprenant une situation "classique", mes tutoriels, comment√©s avec ma voix, montre la situation pr√©cise qui sera v√©cue par les participants. C'est une vraie marche √† suivre, pas √† pas.
  • Il est important de ne pas sous-estimer les petits soucis techniques de d√©part. Il a bien fallu 4 √† 5 r√©unions pour que chacun trouve ses marques. J'ai √©t√© fort pr√©sent et soutenant au d√©but.
  • Il est important que l'animateur ma√ģtrise bien l'outil afin de d√©jouer tous les petits tracas qui surviennent (le plus souvent li√©s aux configurations diff√©rentes des PC des participants).
  • Il n'est pas inutile de pr√©voir 15 minutes en d√©but de r√©union pour bien caler le son et l'image de chacun (en g√©n√©ral 3 minutes suffisent).
  • Il arrive que la connexion trop faible d'un participant cr√©√© de dr√īles de bruits en r√©union (sorte de chasse d'eau).
  • Il est arriv√© quelques fois que des "participants cach√©s" s'invitent dans nos r√©unions. Bien que pas "dramatique" (puisque c'√©tait des coll√®gues des participants √† la r√©union), ces invit√©s "non d√©clar√©s" (√©vitant bien de se montrer sur la vid√©o ou de parler) ont cr√©√© une "g√™ne" dans le bon fonctionnement de la r√©union. Nous avons demand√© √† ces "invisibles" de se d√©clarer ou de quitter la r√©union.
  • Le langage non verbal n'est pas simple √† saisir dans ce genre de r√©union m√™me si la vid√©o de chaque participant est visible. Ceci demande un surcro√ģt de vigilance de la part de l'animateur de r√©union. J'ai pour ma part, rapidement instaur√© l'utilisation de signe de la main pour permettre √† chaque participant de faire conna√ģtre son "humeur" sur des paroles en cours. Ces signes me permettaient aussi de plus facilement distribuer la parole.
- Ce n'est pas parce que la réunion est en ligne qu'il ne faut pas un animateur de réunion... Peut-être même plus que dans une réunion classique !
  • il est n√©cessaire d'√™tre attentif au ton employ√© dans les r√©unions "virtuelles". Nous avons constat√© que la "distance" nous faisait parfois employer un "ton" de parole que nous ne nous serions pas permis si nous avions √©t√© en pr√©sence !
  • Dans les Vid√©obulles de Google, il est facile de mettre en place un espace de co-√©criture (Google Docs). Ceci offre une plus-value suppl√©mentaire √† l'outil car en plus de permettre des r√©unions √† distance, il initie √† la r√©daction de PV √† plusieurs mains !

Deux limites :
  • L'outil pr√©sente une limite qui peut √™tre g√™nante. Seuls 10 personnes peuvent prendre part √† la r√©union, tout au moins en vid√©o. Il est possible d'accueillir 5 personnes suppl√©mentaires mais avec la voix seulement.
  • Il faut que les participants poss√®dent un compte Google (adresse Gmail)

Globalement, à l'usage, tous les participants ont trouvé cet outil super et je n'ai même plus à initier les réunions, chaque membre s'y étant mis !
Lien internet : http://www.crie.be

Création de livre wiki par des étudiants en art

Auteur de la fiche : Stephan Barron
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : St√©phan Barron a mis en place un espace collaboratif pour ses √©tudiants en art. L'espace en question est un wiki. Il est enseignant-chercheur √† l'Universit√© Paul-Val√©ry, Montpellier III.

Pour quoi faire ?

  • Lieu de d√©pose des TD et devoirs.
  • Lieu d'information, de cr√©ation, de partage de documents ...
  • Cr√©ation collective de contenu pour tous.
  • Lieu d'information sur la p√©dagogie, sur les sorties p√©dago, expos.

La manière de concevoir les cours ?

C'est la suite logique de ma p√©dagogie qui est depuis toujours participative et ouverte. C'est une p√©dagogie qui est un interm√©diaire entre celle des beaux arts et celle de l'universit√©. Sans doute similaire des p√©dagogies ouvertes : Fresney, Steiner, Montessori mais pour l'universit√©. Je d√©teste la p√©dagogie traditionnelle de l'universit√© qui est absurde et ubuesque : des docteurs ont fait une th√®se sur un sujet ultra-sp√©cialis√©, en prolongement de leur √©tudes dans la chapelle de tel ou tel professeur, et ils imposent aux √©tudiants d'apprendre une bonne parole grav√©e dans du marbre et de la recracher comme des singes savants. Ce qui m'int√©resse c'est d'apprendre √† apprendre, d'apprendre √† aimer la connaissance et d'utiliser la motivation et le bonheur d'apprendre, de conna√ģtre, de d√©couvrir de s'√©merveiller... Pour moi c'est vraiment le sens de la p√©dagogie. Il y a un texte l√†-dessus dans le wiki.

http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=EnseigneR
http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=WikiePedagogie

Et le rapport aux étudiants ?

Il est clair que cela implique un autre rapport, moins hi√©rarchique et frontal, mais distribu√©. M√™me la salle de cours doit √™tre diff√©rente : en cercle et non en pyramide. Je suis avec les √©tudiants et je suis l√† aussi pour partager et apprendre. Je ne d√©tiens pas la v√©rit√©, mais le savoir bouge sans cesse et chacun sait quelque chose √† apporter au groupe et aussi √† moi. Et ce n'est pas de la d√©magogie, c'est vrai. Chaque g√©n√©ration d'√©tudiant conna√ģt de nouvelles choses (techniques, ou sur les oeuvres). Un exemple est le wiki du TD art vid√©o, on parle ensemble et si un √©tudiant a du nouveau int√©ressant on le met dans le wiki...

Les difficultés et les écueils à éviter

Il y a des difficultés techniques. Parfois les étudiants effacent des fonctions clef comme un étudiant qui a mis son dossier dans la page de recherche, bloquant cette fonction pendant un an jusqu'à ce que l'on comprenne ce qui était arrivé... Certains étudiants sont bloqués par l'outil informatique, mais c'est un problème plus vaste. D'autres ne comprennent pas pourquoi on fait tout ça et manquent de motivation et sont simplement paresseux. ils préfèrent s'asseoir sur un banc et entendre la bonne parole, par paresse.
Lien internet : http://www.artwiki.fr
Mots cl√©s :

Démultiplication de Cooptic en Belgique

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage :

Contexte

Dans le cadre d'un projet "transfert de compétences" Leornado Da vinci nommé Coop-Tic (2011-1-FR1-LEO05-24397), le CRIE de Mouscron a réalisé une formation de démultiplication sur son territoire (Wallonie-Belgique) en février-mars 2013.

Cette formation constituée de 5 modules à distance et de 2 regroupements résidentiels fut suivie par 14 personnes issues du monde de l'éducation à l'environnement et de la gestion de la nature.

Les supports de cours se trouvent sur ce wiki : http://criemouscron.be/cooptic1

Méthodologie de formation

Pour cette formation de démultiplication, nous avons opté pour :
- La participation active des étudiants, en présence comme à distance ,
- l'usage fréquent et diversifié d' outils technologiques ,
- la mise à disposition et l'incitation à la production de documents multimédia,
- l'interaction entre pairs,
- l'ouverture du dispositif à des ressources et des acteurs extérieurs.

Adaptation de la trame de la formation initiale

Sur base du vécu de la formation initiale

Avec l'expérience de la formation initiale, il nous a semblé intéressant d'adapter celle-ci sur les bases suivantes :

- Nous n'avons pas souhaité organiser notre formation autour des étapes de vie d'un réseau comme vécue en formation initiale. La durée de notre formation ne permettait pas de reproduire sérieusement (même en version "accélérée") les étapes de vie d'un réseau.
- Nous n'avons proposé qu'un module à distance avant le premier regroupement afin de créer le plus rapidement possible la dynamique de groupe (celle-ci ne démarrant réellement qu'en présence)
- Nous n'avons pas souhait√© proposer des "carnets d'itin√©rance" pour nos stagiaires. Le taux de remplissage de ceux-ci en fin de formation initiale √©tait tr√®s faible et ce, malgr√© un public "web" plut√īt enclin √† √©crire sur internet.
- Nous n'avons pas souhaité travailler avec un wiki propre à chaque stagiaire mais avec un wiki commun au groupe sur lequel toutes les ressources et toutes les productions furent compilées.
- Lors de la formation initiale, les temps de présence assez espacés ont provoqué d'importantes pertes de participation. Nous avons privilégié des modules résidentiels plus rapprochés pour limiter au maximum cet effet.
- Lors de la formation initiale, nous avons √©t√© expos√© √† de nombreux nouveaux outils TIC. Cette exposition non suivie d'un temps d'appropriation en pr√©sence a entra√ģn√© beaucoup de frustrations chez les stagiaires (en incapacit√©, faute de temps ou de connaissances, de tester l'outil seul "√† la maison"). - Nous avons donc opt√© pour un nombre d'outils TIC moins cons√©quent et plus de temps en pr√©sence pour permettre une r√©elle appropriation par les stagiaires. Notre objectif visait √† les autonomiser compl√®tement par rapport √† quelques outils TIC que nous jugions essentiels.
- Nous avons prévu un temps afin de réfléchir collectivement aux solutions qui permettraient à chaque stagiaire de parler de cette formation en termes simples dans son entourage et ainsi favoriser la diffusion des acquis.

Sur base du contexte "belge"

Profil des stagiaires belges

Le public cible de notre formation fut les acteurs du monde de l'éducation à l'environnement ou du monde la protection de la nature.
Il se caractérise par les traits suivants :
- Une implication forte dans des problématiques environnementales.
- Une grande liberté dans leurs actions (secteur non marchand) ou au contraire un travail dans un environnement assez contraint (employé d'administration communale ou supra-communale).
- Une certaine réticence vers les outils TIC et le web.
- Une connaissance modérée des outils TIC et du web.
- L'animation de réseau de personnes peu connectées au web.

Cartographie des stagiaires

Notre groupe était constitué de :
- 2 personnes travaillant dans un contrat de rivière,
- 4 personnes travaillant dans le secteur de l'éducation à l'environnement,
- 2 personnes travaillant dans l'éducation populaire ( plus particulièrement autour de l'alimentation, bio)
- 1 personne travaillant autour du développement durable,
- 3 personnes travaillant pour un plan communal de la nature,
- 1 personnes travaillant dans un groupement d'action locale,
- 1 personne travaillant dans le secteur de la cryptozoologie.

Adaptations réalisées

- Notre public étant un public "de terrain" disposant de peu de disponibilités (ou en tout cas peu enclin à en prendre beaucoup dans un premier temps pour une formation sur des outils TIC), nous avons adapté notre formation à une durée plus courte. Celle-ci se composé de 2 modules en présence entourés de 5 modules à distance.
- Nous avons opté pour un accompagnement poussé durant les modules à distance (relance, permanence Skype ou téléphonique, screencasts explicatifs poussés) et ce en raison du profil "web 2" de nos stagiaires.
- Globalement, nous avons adapté le contenu des activités avec des thèmes liés à la protection de la nature ou à l'éducation à la nature. (débat mouvant, exercices d'animation de réunions participatives...).
- Les stagiaires oeuvrant dans des contextes peu "connectés", nous avons proposé des outils d'animation de réseau "hors web". Ceci a permis aussi de maintenir un certain intérêt de nos stagiaires pas tous très "branchés" outils TIC et de répondre à leur préoccupation d'animation de réseau "non connecté".
- Nous avons globalement passé plus de temps autour des "biens communs" et des licences libres. Il nous a semblé opportun de développer cet aspect car :
  • C'est le coeur du projet "politique" qui sous-tend cette formation.
  • C'est un enjeu important avec une forte r√©sonance dans le contexte environnemental.
  • Il est important de pouvoir prot√©ger ses productions en tant que biens communs.
  • Tout en restant tr√®s ouvert sur les opportunit√©s et les propositions-demandes des stagiaires, nous avons "cadenass√©" des temps d'apprentissage d'un certains nombres d'outils que nous jugions incontournables et pour lesquels nous voulions que nos stagiaires soient autonomes en fin de formation (co-√©criture et audio-vid√©o conf√©rence).

Contenu de la formation "belge"

En amont de la formation/ à distance entre 8 et le 24 février
- Module : Faire connaissance.

Lors du 1er regroupement résidentiel de 3 jours du 27 février au 1er mars
- Jour 1 : Les enjeux de la coopération.
  • Module : Les 12 facettes de la coop√©ration.
  • Module : La puissance de la coop√©ration.
  • Module : L'abondance invisible.
- Jour 2 : Trucs et astuces d'animateur de réseau.
  • Module : Les freins et facilitateurs √† participer √† un r√©seau.
  • Module : Susciter la participation en pr√©sence et √† distance.
  • Module : Un r√©seau, √ßa vit, √ßa grandit, √ßa s'√©value.
-Jour 3 : Quelques outils pour commencer.
  • Module : Les outils ne sont pas neutres.
  • Module : Quels outils pour quoi faire ?

A distance / semaine du 4 au 8 mars
  • Module : La veille individuelle.
  • Module : Acc√©l√©rateur de projet.

A distance / semaine du 11 au 15 mars
  • Module : La veille individuelle (suite).
  • Module : Acc√©l√©rateur de projet (suite).

Lors du dernier regroupement d'un jour le 22 mars
  • Module : Un monde sans biens communs ?
  • Module : Concurrence ou coop√©ration : quelques pistes pour agir.
  • Module : Les licences libres et la propri√©t√© intellectuelle.

A distance / début avril
  • Moment d'√©valuation collective √† distance synchrone.
  • √Čvaluation personnelle.

A distance / début mai
  • √Čchange √† distance avec les formateurs / Qu'avez-vous fait de ces acquis ?
  • Retours vers le groupe de stagiaires.

Bilan de la formation

Par les stagiaires

Une enquête a été réalisée en fin de parcours à laquelle 100% des stagiaires ont répondu. Voici le bilan global.

En résumé les participants formulent les satisfactions suivantes :
- Que la formation était bien conçue : mélange d'apports théoriques et pratiques,
- que les formateurs étaient disponibles et ont créé ainsi une dynamique d'apprentissage très appréciable,
- que la formation permet de gagner en confiance par rapport à ces méthodes et outils TIC d'animation de réseau et ainsi de démarrer concrètement dès la sortie de la formation ("un coup de pouce à nos projets").

En résumé les participants formulent les frustrations suivantes :
- Manque de temps pour approfondir la découverte des outils TIC, les pratiquer !
- Manque de temps pour approfondir certains aspects plus théoriques qui demandent un gros changement de posture (pas simple et donc qui demande du temps).

En résumé les participants formulent les pistes d'amélioration :

- Prévoir plus de temps pour l'apprentissage des outils TIC proposés... aller un peu plus loin que la simple découverte.
- Prévoir plus de temps en présence (même si c'est compliqué à caser dans son agenda).

En résumé les participants formulent ces autres remarques :

- Merci, super !
- A pérenniser

Par les formateurs

Au niveau des formateurs, voici nos principales évaluations.

Bien que nous ayons expressément prévu plus de temps pour l'appropriation des outils web présentés, il semble que celui-ci n'ait pas encore été suffisant.
Un encadrement encore plus serré durant les modules à distance semble nécessaire pour véritablement accompagner les "hésitants".
Il pourrait être utile d'organiser la "prise à distance"; de l'ordinateur d'un stagiaire par un des formateurs en cas de problème technique.
Bien que nous ayons beaucoup veillé à limiter les tracas techniques, ceux-ci n'ont pas manqué de surgir !
Nous l'espérions mais l'ampleur nous a surpris : les aspects politiques et philosophiques sous-jacents à cette formation ont été fort sollicités par les stagiaires.

Ci-dessous un graphe d'évaluation de notre formation à travers l'outil Hy-Sup (Hy-sup est un projet de Recherche européen sur la caractérisation des Dispositifs Hybrides en Enseignement supérieur)

evaluationBel

Facteurs de réussite

Il nous semble que les facteurs suivants ont contribué à la réussite de la formation :

- Une équipe de formateur très disponible.
- Un formateur principal clairement identifié et très disponible en présence ou à distance.
- La relance permanente du groupe via la liste de discussion par les membres de l'équipe de formation.
- Une ma√ģtrise technique forte des outils propos√©s.
- La création des conditions favorables à la collaboration durant les temps résidentiels (durant les pauses, les repas et en soirée).
- L'organisation de la formation permettant de "se passer" des modules à distance (souvent le point faible en terme de participation dans ce genre de formation).
- Un mélange permanent entre travail technique et moment de réflexion philosophique.
- Une alternance entre moment "connecté" et moment "hors web".

Remarques pour le futur

Bien que ce sujet intéresse de nombreuses personnes, il n'est pas du tout évident de transformer cet intérêt en une envie concrète de participer à une formation.

Pourquoi ?

- Car l'ampleur du sujet impose une formation de plusieurs jours dont un regroupement en résidentiel... Ce qui est un vrai frein pour de nombreuses personnes (3 jours en présence ! Pas possible dans mon agenda chargé").
- Car le sujet appara√ģt comme "d√©j√† connu et plus ou moins ma√ģtris√©" par de nombreuses personnes (pourquoi investir de l'argent en formation sur ce sujet ?).
- Car le sujet reste perçu comme une formation pour les "geeks" ("Mon réseau est peu connecté à internet... Ça me servira pas à grand chose ces outils !").

Pourtant, en fin de formation, les stagiaires
- Regrettent que la formation n'ait pas été plus longue...
- Relèvent que la stage en résidentiel était un vrai plus, essentiel à la dynamique de groupe.
- Mentionnent avoir beaucoup appris et découvert sur l'animation de réseau (animer un réseau c'est pas juste organiser une réunion de temps en temps !).
- Apprécient avoir découvert la théorie qui se cache derrière l'animation de réseau et des méthodes d'animation "hors web".
Mots cl√©s :
bf_imagesurabondanceinformation_dylanroscover_Flickr_CCbySA.jpg

Infobésité : je m'appelle Gatien, je suis infobèse mais je me soigne

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage :
Infobesité
Eric Grelet - CC By Sa


Hier soir, dans le local à l'arrière du centre culturel

  • Moi : Bonjour √† tous, je m'appelle Gatien et je suis infob√®se
  • En coeur : Bonjour Gatien !
  • L'animateur : Gatien peux-tu nous raconter ton parcours ?
  • Moi, reprenant une respiration profonde : Je suis un passionn√© inconscient... Je suis terriblement frustr√© de ne pouvoir suivre le flux d'informations qui √©manent du monde chaque jour, chaque heure, chaque seconde. Impliqu√© dans de nombreux r√©seaux et curieux de nature, je lisais les revues, les derniers ouvrages, j'√©coutais la radio... Jusqu'√† il y a peu, je g√©rais... puis est arriv√© internet, Twitter, les podcast, les webzines, les newsletters, les alertes Google, les flux RSS... la palette des possibles s'est √©largie et les sujets passionnants se sont multipli√©s. C'√©tait euphorique au d√©but mais rapidement la frustration a gagn√© du terrain... Trop d'informations int√©ressantes m'√©chappaient, je papillonnais sans jamais approfondir. La joie d'√™tre baign√© en permanence dans le flux culturel s'est transform√© en noyade :
  • L'animateur : Gatien quel √©tait ton sentiment √† ce moment ?
  • D'une voix tremblotante : J'√©tais tr√®s frustr√©... En col√®re aussi contre moi-m√™me de ne pas pouvoir suivre le rythme.
  • L'animateur : Tu penses vraiment que c'eut √©t√© possible ?
  • Me reprenant : Non, rapidement j'ai compris que m√™me en sollicitant tous mes neurones, il me serait impossible de faire face √† cette vague tous les jours un peu plus grande. C'est un sentiment d√©sagr√©able... J'avais secr√®tement esp√©r√© en √™tre capable.
  • L'animateur : Qu'est-ce que tu as fait √† ce moment l√† ?
  • Moi : Dans un premier temps, j'ai cherch√© √† m'organiser. J'√©tais certain que ce petit passage √† vide pouvait √™tre r√©solu par une meilleure organisation. J'ai automatis√© le tri des mails dans ma bo√ģte mail. Je me suis d√©sabonn√© √† diverses newsletters, j'ai organis√© mes flux RSS et me suis astreint √† n'ouvrir que les articles qui paraissaient vraiment pertinents, j'ai r√©duit mon utilisation de Twitter...
  • L'animateur : Et ?
  • Moi : Bon comment dire, oui il y a eu quelques effets positifs √† cette organisation. C'est redevenu, disons, g√©rable.
  • L'animateur : Tu n'as pas l'air plus satisfait que √ßa ?
  • Moi : Je finis par me demander si l'infob√©sit√© n'est pas en fait un trait de caract√®re...
  • L'animateur : Ah bon ? tu nous expliques √ßa ?
  • Moi : Plus j'y r√©fl√©chis, plus je me dis que j'√©tais d√©j√† infob√®se et ce m√™me avant internet. Vous savez les livres qui s'accumulent √† c√īt√© de votre lit plus vite qu'il ne vous est possible de les lire... √áa c'√©tait d√©j√† avant internet. Je crois que la curiosit√©, l'envie d'apprendre rend infob√®se. Apr√®s on essaie juste de limiter cette infob√©sit√© pour que le niveau de frustration reste raisonnable. Et l√† internet ne rend franchement pas les choses faciles. Bien s√Ľr, l'information y est abondante mais l'information est aussi abondante dans les biblioth√®ques... Ce qui pour moi fait la diff√©rence, c'est la s√©rendipit√©...
  • L'animateur : La s√©rendipit√©, l√†, je vois pas...
  • Moi : Quand je suis sur internet √† la recherche d'une info sur un sujet pr√©cis qui m'int√©resse, il est trop facile, beaucoup trop facile de tomber par hasard sur un nouveau sujet peu connu, voire inconnu, et qui, nom de dieu, m√©rite votre attention... Et voil√†... Le pi√®ge se referme, d'un sujet int√©ressant, je passe √† deux... D'une personne √† suivre sur Twitter, je passe √† deux, d'un flux RSS √† suivre je passe √† deux... J'ai beau trier et trier encore en aval, c'est en amont que doit se faire le travail.... Et l√† c'est terriblement compliqu√©. Surtout quand on est curieux de nature.
  • L'animateur : Et donc ?
  • Moi, de nouveau la voix tremblante : Et bien je suis toujours infob√®se... Je crois que j'ai pu limiter les d√©g√Ęts mais mon niveau de frustration reste √©lev√©. J'ai quand m√™me appris √† relativiser, √† "fermer la boutique" de temps √† autre, √† me dire que si l'info est vraiment importante elle repassera, √† me placer dans le flux plut√īt que de chercher √† le capter... Je crois que c'est un bon d√©but. J'ai encore des progr√®s √† faire mais vous allez m'aider ? N'est ce pas ?
  • En coeur : Bravo Gatien, tu peux compter sur nous.


Quelques trucs pour gérer l'infobésité

  • Faire un tri dans ses abonnements newsletters... Celles que vous ne lisez pas vraiment = au bac.
  • Organiser sa bo√ģte mail et mettre en place un tri automatique pour ne garder "visible" que les mails importants ou urgents
  • Limiter ses abonnements flux RSS aux sujets qui vous int√©ressent vraiment
  • Ne pas chercher √† √™tre √† tout prix √† jour dans la gestion de ses flux RSS, ce qui est vieux de plus de 5 jours n'est plus "important" (en tout cas dans de nombreux sujets... √Ā vous de voir lesquels)
  • Pr√©voyez un moment pr√©cis dans la journ√©e pour g√©rer votre infob√©sit√©... Le reste de la journ√©e, organisez-vous pour ne plus √™tre "d√©rang√©" par l'afflux d'infos.
  • Ne cr√©ez pas vous m√™me d'infob√©sit√© chez les autres. Ne re-scoopez, re-twittez, relayez que ce qui est vraiment opportun
  • Partagez votre infob√©sit√© et appuyez-vous sur des amis-coll√®gues pour diminuer votre infob√©sit√© personnelle. Si chacun veille sur un sujet et fait le tri dans le bruit, et que ce travail est partag√©, c'est tous les membres du groupe qui voient leur infob√©sit√© diminuer.


Crédits photo : Dylan Roscover on Flickr - CC-BY-SA
Dessin : √Čric Grelet - CC-BY-SA

Je suis devenue accro des tableurs en ligne !

Auteur de la fiche : Claire Herrgott - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Je suis coordinatrice p√©dagogique d'une licence professionnelle. Qui dit coordination dit OR-GA-NI-SA-TION !
Pas facile de centraliser les informations, d'éviter les redondances, de tenir au courant les étudiants, l'équipe pédagogique et les professionnels partenaires !
Suite à la formation COOPTIC, j'ai compris l'intérêt de la coopération et j'essaye de plus en plus d'être une "coordinatrice coopérative" !
Petit exemple : on multiplie les tableaux pour chaque promo d'√©tudiants (tableau avec leurs coordonn√©es, tableau avec leur th√®me de stage + les coordonn√©es de leur ma√ģtre de stage etc.)

Tableur
Eric Grelet - CC By Sa


J'ai cr√©√© un seul tableau en ligne qui est rempli en d√©but d'ann√©e d√®s le d√©but de la recherche de stage. Les √©tudiants le remplissent au fur et √† mesure (recherche d'un stage) ; l'assistante de formation et la coordinatrice (moi-m√™me) le compl√©tons pour indiquer si la convention a √©t√© r√©dig√©e, sign√©e, puis envoy√©e ; l'√©quipe p√©dagogique compl√®te la colonne "nom du tuteur p√©dagogique". Une fois en stage les √©tudiants compl√®tent √©galement les infos concernant leurs ma√ģtres de stage etc. Je m'en sers ensuite pour organiser les soutenances.
Finis les multiples tableaux à archiver sur le serveur, à envoyer par mail, à ne plus savoir quelle version utiliser etc ... j'utilise désormais un seul tableau, accessible pour tous et depuis n'importe quel poste !

Petite anecdote : lors d'un audit qualité il y a eu une panne internet... Mon tableau n'était plus accessible ! Depuis je fais régulièrement une importation au format .ods afin d'éviter de me retrouver sans rien !

Dessin : Eric Grelet

Je suis devenu fan de l'accélérateur de projet

Auteur de la fiche : Laurent T√©zenas - Montpellier SupAgro
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Je suis enseignant √† Montpellier SupAgro, dans la fili√®re Ing√©nieur, mais aussi en Master et en Licence professionnelle. Dans le domaine de la communication √©crite et orale, les travaux sont individuels ou collectifs.
Quel que soit le type de travail demandé, l'individu doit montrer sa capacité à mobiliser son réseau pour réfléchir à des solutions, résoudre des problèmes, contourner des difficultés. Travailler en autonomie n'exclut pas de faire confiance aux autres, de leur donner l'occasion de montrer leur disponibilité et leur intérêt à notre travail. C'est dans ce contexte que l'accélérateur de projet est opérationnel.
L'accélérateur de projet n'est pas un logiciel ni un outil informatique : c'est une méthode qui contraint les échanges entre cinq individus. Cette mise en situation dure 60 minutes. Un individu expose un problème qu'il confie au groupe. Le groupe y réfléchit pendant 30 minutes sans que le questionneur n'intervienne.

Je l'ai utilisé avec des ingénieurs en 2e année. De retour d'un stage ouvrier, une séance de débriefing en octobre a permis de faire parler les ingénieurs sur les fonctions, missions, activités dont ils ont eu la responsabilité lors du stage. Puis, d'évoquer les compétences qu'il leur semble avoir exprimées. Ensuite, de partager en groupe de cinq leurs expériences et des difficultés rencontrées. Chaque groupe décide ensuite de choisir un problème ou une difficulté rencontrée, pour la traiter avec la méthode "accélérateur de projet".
Les étudiants ont beaucoup apprécié ce moment, car c'est un vrai moment structuré d'échanges régulés. La méthode permet à chacun de s'exprimer même les plus discrets ou timides, et surtout elle permet d'éviter les recadrages intempestifs du questionneur qui doit se taire pendant la réflexion collective. À la fin de l'exercice, un enseignement particulier lié à la séance doit être formulé, c'est une pépite. Parmi les dernières d'entre elles : "c'était vraiment bien qu'il se taise après avoir exposé sa question" ; "développer l'écoute enrichit vraiment la réflexion".

Petite expérience irréversible de coopération !

L'organisation d'un colloque participatif sur les Sciences citoyennes

Auteur de la fiche : Violette Roche - Tela Botanica
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage :

Organisé les 22 et 23 octobre 2009 à Montpellier

Le colloque Sciences citoyennes & Biodiversité s'est déroulé les 22 et 23 octobre 2009 à l'Université Montpellier 2. Associations, collectivités territoriales, institutions publiques, scientifiques, grand public... Ce sont en tout 200 personnes qui se sont retrouvées pour échanger et mutualiser leurs connaissances et pratiques de terrain lors de cette première édition nationale.
Cet événement a été organisé sur le mode participatif en exploitant le potentiel des outils TIC et d'Internet :

En amont

  • Un site sous wikini a √©t√© mis en place d√®s le d√©marrage du projet de colloque et s'est enrichi au fur-et-√†-mesure.
  • Une liste de discussion a √©t√© ouverte et on pouvait s'y inscrire via la page d'accueil du Wiki. D√®s l'√©tape de pr√©paration du colloque, elle r√©unissait une centaine d'inscrits. Le comit√© d'organisation s'en est servi pour pr√©parer les ateliers (avis sur les th√®mes propos√©s, recherche d'intervenants, questions techniques pour pr√©voir la diffusion vid√©o du colloque...).
  • Un appel √† initiative a √©t√© lanc√© via un formulaire (Google Docs) : tout porteur de projet de sciences citoyenne pouvait librement pr√©senter son initiative. Il √©tait alors automatiquement r√©f√©renc√© sur une carte des projets de sciences citoyennes. Plus tard, ce recueil a √©t√© mis en forme et √©dit√© sous la forme d'un livre d'une cinquantaine de page, un inventaire des sciences citoyennes.
  • Lorsque les th√®mes d'ateliers ont √©t√© identifi√©s et mis en ligne sur le wiki, en dessous de chacun un espace √† commentaires permettait aux internautes de donner leur avis (par exemple, sur la page de l'atelier "Discuter de la qualit√© des donn√©es des b√©n√©voles").
  • Deux espaces ont √©galement √©t√© mis √† disposition des participants pour partager leurs ressources : une biblioth√®que pour indiquer des r√©f√©rences bibliographiques et une vid√©oth√®que.
  • Un sondage a √©t√© diffus√© aux b√©n√©voles des projets r√©f√©renc√©s sur la cartographie et le livret, ce qui a permis de donner la parole, durant le colloque, √† ces acteurs capitaux des sciences citoyennes.

Pendant le colloque

  • Une retransmission en direct a √©t√© mise en place avec le syst√®me en ligne gratuit Justin TV, dessous un espace √† commentaires (qui a surtout servi √† r√©gler des probl√®mes techniques).
  • La liste de tous les participants √©tait √©galement en ligne.
  • A l'accueil, un espace d'affichage, permettait : de positionner son nom sur une carte (2 badges √©taient donn√©s aux participants dans cet objectif), d'afficher des posters et de proposer des petites annonces ("Je recherche", "je propose").
  • Les temps conviviaux ont √©t√© mis en avant : repas en commun au Restaurant Universitaire de l'universit√© Montpellier 2 (sur les tickets, un QR code disant "Miam-miam : un clin d'oeil √† la r√©alit√© augment√©e !), pause caf√© avec l'association Artisans du Monde, cocktail et visite guid√©e de l'aquarium Mar√©e Nostrum.

Après le colloque

Bilan de Violette Roche, chef d'orchestre de l'événement au sein de Tela Botanica

En - :
  • Tous les outils n'ont pas forc√©ment √©t√© utilis√©s faute d'animation (le tableau d'affichage, les commentaires sur le site, la liste suite au colloque).

En +
  • Le livret publi√© et diffus√© lors de l'√©v√©nement a √©t√© un √©l√©ment fort : il faut du concret, du mat√©riel.
  • Le colloque a permis de faire conna√ģtre les sciences citoyennes : un deuxi√®me colloque sera peut-√™tre organis√© par la ville de Paris, le livret sera peut-√™tre r√©√©dit√© par une association et des projets de plate-formes de ressources sont en train d'√©merger !

Le débat mouvant - cas pratique

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage :

Méthodologie

Objectif

L'objectif est de soumettre des situations aux participants et de proposer deux hypothèses de travail en lien avec les situations proposées. Les participants devront faire le choix d'une hypothèse et être capables d'argumenter leur choix pour convaincre les autres de les rejoindre.

Règles de fonctionnement

  • 1. L'animateur pr√©sente une situation.
  • 2. Il propose au groupe deux hypoth√®ses en lien avec la situation pr√©sent√©e.
  • 3. Il demande au groupe de choisir et de se d√©placer √† sa droite pour telle hypoth√®se ou √† sa gauche pour la deuxi√®me hypoth√®se.
  • 4. Chaque groupe doit argumenter pour convaincre les membres de l'autre groupe de les rejoindre dans leur choix.
  • 5. Lorsque les groupes sont "stabilis√©s", l'animateur pr√©sente la situation suivante et le processus recommence.

L'animateur du débat mouvant devrait

  • 1. R√©diger 5 ou 6 situations et pour chaque situation deux hypoth√®ses claires et oppos√©es qui permettent un choix.
  • 2. Pr√©senter les situations avec le plus de clart√© et de pr√©cision possible.
  • 3. Veiller √† ce que le d√©bat ne se transforme pas en cacophonie et permette l'expression des arguments de chacun de fa√ßon √©quilibr√©e.
  • 4. Veiller √† passer √† la situation suivante lorsque les groupes sont "stabilis√©s".¬†

Exemple de débat mouvant vécu lors de la formation

Situation 1
Votre échevin vous propose de mettre en place au sein de la commune un organe de participation et de consultation large de la population sur tous les sujets environnementaux du territoire communal. L'implantation prochaine du parc éolien lui semble être un bon premier sujet à mettre sur la table, qui plus est un sujet d'actualité !
Il vous accorde un peu de budget (pas énorme mais correct) pour mettre en place cet organe de participation. Vous avez quelques semaines pour convoquer la première séance (ce qui vous laisse de quoi vous organiser sans trop de précipitation).

  • Vous acceptez sans h√©siter, super id√©e ! Vous allez enfin pouvoir mettre en place l'organe de participation dont vous r√™viez.
  • Vous doutez un peu de l'int√©r√™t de lancer cet organe de participation maintenant.

Situation 2
Ayant saisi l'opportunit√© propos√©e par votre √©chevin, vous avez fait conna√ģtre largement et partout l'arriv√©e prochaine de cette premi√®re r√©union participative. Vous ne vous faites pourtant pas trop d'illusions. En g√©n√©ral, aux r√©unions, on se retrouve √† 10-15, 30 personnes maximum...
Vous êtes agréablement surpris lorsque le soir venu, vous voyez arriver plus de 100 personnes. Il faut vite ajouter des chaises mais tout le monde trouvera une place.
Votre animation de réunion s'en trouve un peu chamboulée.

  • Vous laissez tomber le tour de table car il y a bien trop de monde... On verra bien par apr√®s comment collecter les coordonn√©es des participants.
  • Vous maintenez votre tour de table, peut-√™tre un peu "adapt√©", quitte √† ce qu'on ne puisse pas aller beaucoup plus loin dans l'ordre du jour de la r√©union.

Situation 3
Malgré le nombre de personnes et les nombreux échanges, vous parvenez à réaliser un compte rendu à peu près complet de la réunion. Vous le diffusez auprès des personnes ayant laissé leurs coordonnées lors de la réunion.
D'autres, qui n'ont pu être présentes lors de cette réunion, vous sollicitent pour obtenir le compte-rendu.

  • Vous le leur envoyez pour information.
  • Vous le leur envoyez et les invitez √† y apporter leurs contributions et remarques.

Situation 4
Après quelques séances, le groupe se restreint considérablement : un bon tiers des inscrits ne réagit plus aux mails et ne vient plus aux réunions. Vous tentez une relance par mail pour solliciter l'implication de tous mais sans grand succès.
  • Apr√®s deux autres mails sans r√©ponses, vous d√©cidez de ne plus envoyer les comptes-rendus "pour rien" √† ceux qui n'ont plus r√©agi √† vos 5 derniers courriers (mails).
  • Vous vous dites que √ßa ne mange pas de pain et gardez tous les inscrits dans votre mailing list.

Situation 5
Ce travail d'animation demande du temps. Votre échevin, bien que satisfait de votre travail, vous demande de participer à l'un ou l'autre appel à candidatures pour décrocher un peu d'argent. Cela soulagerait agréablement le budget communal et permettrait de pérenniser votre poste d'animateur de réseau.
  • Vous d√©tectez √ßa et l√† quelques fonds √† solliciter, dont certains collent √† peu pr√®s avec la dynamique de votre r√©seau. Vous vous mettez √† r√©diger des dossiers de candidature... Il vous faut cet argent !
  • Vous craignez de d√©vier pas mal de la dynamique en place dans le r√©seau. Vous sollicitez aupr√®s de l'√©chevin un peu de temps pour √©tudier d'autres pistes.

Situation 6
Le réseau s'est pas mal structuré. Mine de rien, il a produit pas mal de choses. Ces productions font un peu votre fierté et ont contribué à votre notoriété dans la région. Mais voilà que vous apprenez fortuitement que certains membres du réseau, qui sont aussi membres d'autres réseaux proches, y diffusent les productions de votre réseau.
  • Vous n'√™tes pas tr√®s satisfait de cette situation et vous promettez d'y mettre un terme lors d'une discussion franche √† la prochaine r√©union.
  • Vous vous en r√©jouissez et esp√©rez que cet √©change se fera rapidement dans l'autre sens.

Situation 7
Votre √©chevin a le bras long. Il est parvenu √† d√©crocher un subside permettant √† une bo√ģte de communication de vous livrer un outil "cl√© sur porte" pour g√©rer votre r√©seau. Tout y est, c'est l'outil le plus complet du march√© ! Voil√† de quoi centraliser vos donn√©es et "professionnaliser" le r√©seau.
  • G√©nial, enfin l'outil complet ! Il va consid√©rablement changer les habitudes de travail et risque d'embarrasser les moins geeks. Mais quelle avanc√©e en terme d'ergonomie !
  • Vous remerciez l'√©chevin pour ce subside. Vous promettez de jeter un oeil sur l'outil et de le soumettre au r√©seau qui d√©cidera de son adoption (ou pas)
Mots cl√©s :
bf_imageFreeMind.jpg

Les cartes heuristiques en débat public

Auteur de la fiche : Laurent Marseault
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Vous est-il arriv√©, lors de l'animation de d√©bat public d'avoir :
  • Une personne qui r√©p√®te au moins 5 fois la m√™me chose ?
  • Deux personnes qui se disputent alors qu'elles parlent de la m√™me chose mais ne l'ont pas compris ?
  • Des antagonistes qui sont contents du d√©bat car "t'as-vu ce qu'on lui a mis..." ?
  • Les participants qui trouvent qu'on a beaucoup caus√©, mais bon... √áa n'a pas beaucoup avanc√© ?
  • ...

Et bien moi cela m'est arrivé bien souvent avant que je n'introduise les cartes heuristiques pour aider à l'animation.

C√īt√© outillage :

  • Un vid√©o-projecteur
  • Un ordinateur sur lequel est install√© le logiciel, Freemind, X-Mind ou Freeplane (ce dernier a ma pr√©f√©rence)
  • Et un gros entra√ģnement √† l'√©coute et √† la prise de note synth√©tique.

Sur le rond central, j'inscris le sujet du d√©bat puis, note de mani√®re succincte les √©l√©ments de la discussion qui s'encha√ģnent. La carte mentale s'√©labore petit √† petit. Les id√©es s'organisent, se r√©-organisent. Nous fermons une partie de la carte pour nous concentrer sur un nouvel aspect du d√©bat...

Quelques éléments vécus autour des cartes :

  • Deux personnes ne sont pas d'accord sur le positionnement d'un mot dans la carte. Derri√®re un m√™me mot, elles voient en fait deux id√©es diff√©rentes, le fait de passer par la cartographie le r√©v√®le.
  • Certaines id√©es sont faciles √† positionner, par contre d'autres... Dans ce cas, je demande au groupe de m'aider √† positionner cette nouvelle proposition, il s'agit souvent, en cas de difficult√©, d'une id√©e qui r√©-organise les id√©es pr√©c√©dentes, le temps de r√©flexion collectif fait maturer le groupe.
  • Le fait de r√©-ouvrir toutes les branches de la carte en fin de d√©bat, fait prendre conscience au groupe du chemin parcouru, souvent, le groupe est fier de lui.
  • Lors d'un d√©bat promis comme tendu, nous avons commenc√© par lister les √©l√©ments du d√©bat. Puis nous les avons class√©s collectivement en trois groupes, ceux qui ne m√©ritent pas discussion car nous serons d'embl√©e d'accord, ceux que nous avons int√©r√™t dans un premier temps √† mettre de c√īt√© car ils sont promesses de bataille rang√©e, et nous avons commenc√© par le troisi√®me paquet, les √©l√©ments dont nous pouvons d√©battre sans nous trucider.

Pour aller plus loin :

  • On peut ensuite importer la carte dans le logiciel Xmind puis jouer sur les structures (organigramme, diagramme logique, tableau...). Le groupe, alors que le d√©bat semblait abouti, se met √† exprimer de nouveaux √©l√©ments, se met √† travailler sur les id√©es dans leurs globalit√©s, impression qu'il passe √† un niveau sup√©rieur de discussion.
  • Souvent en fin de d√©bat, quelques personnes viennent demander quel est ce logiciel utilis√©. Le fait de choisir des outils simples d'usages, libres et fonctionnant sur toutes les plate-formes permet aux participants de pouvoir prolonger leur exp√©rience de pens√©e heuristique.

A noter :

  • Il est maintenant possible de construire des cartes de mani√®re collaborative, soit en utilisant des services de cartes heuristiques en ligne, soit en utilisant Freemind qui propose cette fonctionnalit√© (un peu laborieuse √† mettre en place)

Références :

http://petillant.com rubrique appliquer et comprendre

Made in Europe: Coop-Tic en Catalogne

Auteur de la fiche : Jordi Picart i Barrot - Aposta sccl
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage :

Il était une fois...

Le projet Coop-Tic est arrivé à notre porte d'une façon peu formelle, comme c'est souvent le cas avec ce genre d'idées, et en prémonition d'une approche portant moins sur les structures formelles que sur les réseaux sociaux : quelqu'un qui connaissait quelqu'un d'autre nous en parlé et nous a proposé de le rejoindre. C'était une opportunité, nous dit-on, pour explorer de nouvelles voies sur la conception de la formation et ses outils.
Notre école s'est toujours caractérisée par la volonté d'ajuster toute formation aux principes du Mouvement coopératif qui définit notre façon d'être, donc, traditionnellement, elle a été obligée d'être très innovante dans le domaine des méthodologies. Par conséquent, toute opportunité d'incorporer de nouveaux points de vue est la bienvenue et c'est pourquoi nous n'avons pratiquement pas hésité à participer à ce projet.
Les premi√®res r√©unions de travail, o√Ļ les communications t√©l√©phoniques √† plusieurs ont altern√© avec des vid√©oconf√©rences et une rencontre en pr√©sence, nous ont fait comprendre que nous √©tions face √† une id√©e beaucoup plus ambitieuse que le simple √©change m√©thodologique, qui restait n√©anmoins le principal int√©r√™t de notre organisme dans ce projet.

La signification profonde du projet

Sur le chemin parcouru par le projet après son démarrage, nous avons peu de chose à ajouter à toute l'information contenue dans le livre que vous avez entre les mains; mais un coup d'oeil rapide sur la table des matières peut vous confirmer plusieurs aspects importants :

Une proposition de parcours maturatif

Le projet repose sur une quantité considérable de matériel intellectuel. En proposant à un certain nombre de personnes d'acheter un billet pour CoopTic, nous leurs proposions un voyage de maturation personnelle vers les concepts liés au bien commun, au partage et à la production collective.
Bien au-delà de la simple stratégie visant à explorer de nouveaux outils pour améliorer les projets sur lesquels chacun travaille : cette proposition consiste à explorer alternativement de nouvelles attitudes et états d'esprit. Et ceci dans un sens non explicité mais incontestable de changement épistémologique.

Un apprentissage vraiment significatif

Les vertus de l'apprentissage significatif n'échappent à personne : offrir un environnement à l'apprenant lui permettant d'expérimenter l'objet d'apprentissage pour l'incorporer à la suite de cette expérience. D'habitude, ces propositions simulent ces environnements; or Coop-Tic, ne construit pas de simulations : le fait d'utiliser les outils en ayant un véritable objectif leur donne au contraire tout leur sens, renforce les concepts acquis et apporte aux méthodologies une plus grande signification, dans une alimentation mutuelle vraiment percutante et efficace.

Un réseau qui génère du réseau

Cela fait partie des objectifs du projet, et ce n'est donc un secret pour personne : CoopTic vise √† cr√©er un r√©seau europ√©en d'animateurs de r√©seaux; un jeu de niveaux qui englobe un processus de transfert de connaissances visant √† faire tache d'huile : des organismes promoteurs vers leurs membres, et de ceux-ci vers leur public cible… et de l√† √† l'environnement g√©ographique au sens large.
Et cela, dans une ambiance de travail et de rapports ressemblant davantage √† celle que l'on retrouve au niveau des organismes non formels et associatifs, plut√īt qu'√† celle d'un projet r√©gl√© au millim√®tre comme c'est le cas d'un Leonardo da Vinci europ√©en. Le r√©seau CoopTic finit par cr√©er de la complicit√©, de la coparticipation, de la construction collective, de l'intercoop√©ration...

Le défi fondamental

Tout le processus de formation qui a eu lieu en 2012 s'est déroulé en français et, bien que géographiquement réparti, il a été guidé par l'inspiration des organismes promoteurs. La transposition d'éléments aussi complexes (parce qu'intangibles) dans une réalité différente, dans une langue différente, s'avérait un défi majeur.
Il ne s'agissait pas de traduire des matériels et des contenus ; d'autre part, on ne pouvait compter sur l'expertise directe des principaux inspirateurs de la formation. Il aurait été surréaliste de mettre en place un grand nombre d'heures de formation en utilisant la traduction simultanée, et une simple conférence d'une heure ou deux ne justifiait pas le déplacement des experts de la France voisine.
D'autre part, la spécificité du public de notre école demandait un effort d'adaptation sur tout l'ensemble : les objectifs explicites et implicites, les contenus et leur orientation, et les méthodologies. Même l'organisation du calendrier s'avérait impossible : si trois rencontres de trois jours chacune avaient été organisées dans des lieux isolés afin de créer et consolider une forte cohésion de groupe, avec les possibles participants catalans, la réplique du schéma était illusoire.
Les choix d'adaptation nous ont amenés à :

Revoir les contenus à la lumière de l'économie sociale

En Catalogne, les participants à la formation venaient d'organisations d'aide aux personnes, de coopératives, de collectifs citoyens... Leurs besoins s'inséraient dans une réalité sensiblement différente à celle de la formation d'origine.
Ce facteur a √©t√© le plus simple √† r√©soudre, tout en restant ardu : nous avons d√Ľ faire une analyse en profondeur des contenus de la formation, une remise en question du poids que tous et chacun repr√©sentaient dans l'ensemble du programme et inclure des modules sp√©cifiques pour mettre en relation les contenus d'origine avec les enjeux propres √† l'√©conomie sociale.

Chercher à l'intérieur des participants

La formulation du titre peut para√ģtre pr√©tentieuse, mais le traitement des sujets de fonds, li√© aux attitudes personnelles face au travail collaboratif et au bien commun a √©t√© le principal damn√© du fait de ne pas pouvoir faire venir les personnes ayant inspir√© le vrai fonds de la proposition formatrice.
Bien s√Ľr nous avions leurs textes ; et nous en avons traduit un certain nombre. Mais l'efficacit√© a √©t√© obtenue en facilitant de nombreuses opportunit√©s pour la r√©flexion et les √©changes de groupe ; autrement dit, en proposant aux participants de produire eux-m√™mes ces connaissances √† partir des textes disponibles et en suivant un sch√©ma de travail r√©gl√©.

Proposer des méthodologies pour renforcer le groupe et faciliter la création de réseau

Faute de pouvoir organiser des rencontres conviviales (la formation en Catalogne s'est déroulée sur trois journées séparées par un mois d'écart chacune et des modules à distance intercalés) il a fallu renforcer les activités d'interrelation, les moments de relation informelle, de découverte de l'autre.
Dans la mesure du possible, les t√Ęches devaient √™tre r√©alis√©es en prenant comme √©l√©ment d'analyse les r√©alit√©s et les probl√©matiques d'origine de chacun des participants.
Chacun devait intervenir lorsqu'il s'agissait d'offrir des voies de solution imaginatives à la difficulté de l'autre.
Chacun devait montrer une attitude r√©ceptive, d´√©coute, aux propositions de l'autre sur son propre probl√®me.
Les liens de familiarité, en définitive, devaient se resserrer à un rythme suffisamment intense pour permettre aux voies de relation de persister au-delà de la formation.

L'évaluation de la formation par les participants

À la suite du stage et au moment de la planification d'une deuxième édition, plusieurs constatations sont faites à la lumière des évaluations personnelles des participants :
  • La plupart d'entre eux citent explicitement les √©l√©ments d'adaptation que nous venons de voir : par cons√©quent, ces √©l√©ments ont √©t√© pr√©sents et per√ßus pendant la formation. Et, il faut le dire, l'√©valuation qu'ils en font est √©galement tr√®s favorable.
  • Participer √† une formation de ce genre leur a demand√© un effort du point de vue de l'engagement, mais la grande majorit√© manifeste le d√©sir de compl√©ter ou d'√©largir l'√©tude des concepts par le biais de quelques s√©ances suppl√©mentaires ou d'un stage monographique court.
  • Les opportunit√©s de garder les liens de collaboration entre les participants se sont d√©j√† produites et un participant a invit√© un autre participant √† dispenser une formation au sein de son organisation.
Finalement, mais non moins important, il y a un bénéfice intangible qui montre bien l'envergure de l'impact : Aposta est en train de recevoir des demandes, isolées quoique en nombre suffisant, pour croire qu'il existe un intérêt à se familiariser avec le schéma formatif proposé et à essayer des voies de mise en place dans les coopératives et organismes catalans de l'économie sociale et du troisième secteur.
Nous ne pouvons pas considérer cela comme un succès ; c'est, tout simplement, la preuve la plus éloquente que nous avons entre les mains une bonne idée, structurée de façon cohérente et visant à offrir de nouvelles voies peu explorées aux organisations qui, tout en ayant une volonté de changement social, ont besoin de paradigmes s'y accordant.

Note : ce texte est une traduction en français du texte original en catalan
Mots cl√©s :
bf_imageKing_Cloud_akakumo_flickr_ccbysa.jpg

Mr Cloud au service de mes réseaux

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Le cloud ou stockage en ligne des donn√©es se d√©mocratise de plus en plus. Chaque mois de nouveaux outils apparaissent. Tr√®s pratique pour acc√©der √† ses donn√©es partout dans le monde via un simple acc√®s internet, les services "cloud" offrent aussi de nouvelles perspectives pour l'animation des r√©seaux.

Dans la vie des réseaux, il devient rapidement essentiel :
  • De rendre accessible √† tous les informations (fichiers, images, sons...),
  • de permettre la collecte d'informations par les membres (fichiers, photos, sons...),
  • de favoriser le travail collectif (notamment par la partage de documents).
Les outils "cloud" le permettent assez simplement.

Quelques exemples :
  • Le r√©seau des CRIE (Centres R√©gionaux d'Initiation √† l'Environnement en Belgique) partage divers documents de travail via le service Google Drive. Via cet espace partag√©, les ordres du jour sont co-construits, les PV des r√©unions sont √©labor√©s √† plusieurs mains lors des r√©unions, et divers documents "ressources" sont compil√©s. L'utilisation de ce service a consid√©rablement facilit√© le travail collectif au sein du r√©seau et √† fortement d√©velopp√© la co-construction des contenus. Une petite formation a √©t√© n√©cessaire mais il n'a pas √©t√© rencontr√© de probl√®mes majeurs d'utilisation. Le seul souci technique rencontr√© a port√© sur la "disparition temporaire" de certains fichiers (simplement d√©plac√©s par un membre dans un dossier Google Drive personnel). Les questions soulev√©es par ce service sont plut√īt d'ordre m√©thodologique. Tous les membres de ce dossier partag√© peuvent en effet modifier le contenu du dossier... Effacer des fichiers, modifier des PV. La mise √† disposition de tous les contenus a compl√®tement d√©centraliser le "pouvoir" ce qui bouscule consid√©rablement le fonctionnement traditionnel de certaines structures.
  • Le r√©seau des CRIE (Centres R√©gionaux d'Initiation √† l'Environnement en Belgique) g√®re sa revue de presse via le service box.com. Ce service de stockage en ligne permet √† chacun d'alimenter un dossier partag√© via une simple adresse mail d√©di√©e. Ce dossier peut par ailleurs √™tre int√©gr√© sur un site internet assez facilement. Chaque CRIE alimente la revue de presse r√©guli√®rement en envoyant par mail en pi√®ce attach√©e l'article de presse. Cette revue de presse est mise √† disposition du public via les sites internet des diff√©rentes structures.
  • La communaut√© des utilisateurs du Parc des Dominicaines √† Tournai (Belgique) s'est vue propos√©e un espace partag√© afin de collecter facilement les photos prises sur le site. Pour ce faire, il a √©t√© utilis√© le service yogile. Ce service de stockage en ligne permet la cr√©ation et la gestion d'un album photos collectif. Chacun peut alimenter. cet album via un bouton de t√©l√©versement directement sur l'album ou via une adresse mail d√©di√©e. L'alimentation de l'album est volontairement ouverte √† tous (il ne faut pas √™tre "membre"). Ceci afin de minimiser au maximum les freins √† l'utilisation du service. Seul un contr√īle (par quelques membres) "avant publication" des photos est actif afin d'√©viter les d√©rives douteuses. Plusieurs questions restent en suspens quant √† l'utilisation possible des images propos√©es par les membres. Actuellement, les photos restent bien s√Ľr propri√©t√© des auteurs mais le choix de la licence CC BY SA reste √† expliciter plus clairement.

D'autres exemples assez similaires à ceux évoqués ci-dessus utilisent d'autres services de stockage en ligne comme dropbox ou Copy par exemple.

Crédits photo : King Cloud by Akakumo on Flickr - CC-BY-SA
Lien internet : http://www.criemouscron.be
bf_imageComMoustic.png

Organiser, à distance, la communication d'un événement

Auteur de la fiche : Corinne Lamarche - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Je peux t√©moigner d'une exp√©rience, v√©cue √† distance, qui m'a √©tonn√© par son efficacit√©. Je me suis retrouv√©e √† faire partie d'un petit groupe charg√© de la communication des Rencontres Moustic 2013 r√©unissant deux cent personnes.

Comment ça s'est passé?

Je ne connaissais, au d√©part, que quatre personnes sur huit que j'ai rencontr√© le jour de l'√©v√©nement. Nous avons particip√©, ensemble, pendant cinq mois, √† quinze r√©unions √† distance, organis√©es sur Skype. Je n'√©tais pas convaincue d'y arriver, au d√©part ; et pourtant le r√©sultat fut excellent. Je suis tr√®s √©tonn√©e par la capacit√© que nous pouvons avoir √† travailler √† distance du moment que nous choisissons les bons outils et que les personnes sont dans une posture de partage et d'√©coute. Bien s√Ľr, les comp√©tences de chacun √©taient compl√©mentaires, mais cela ne suffit pas. Les outils collaboratifs nous ont beaucoup aid√©.

Ce que nous avons mis en place

Pour cet événement, un wiki fut mis en place, avec des rubriques pour chaque sous commissions (Copil, programmation, financement, communication). La fluidité de nos échanges fut facilité par l'affichage sur une seule page d'une sorte de tableau de bord, avec plusieurs paragraphes:
  • √Ā faire (r√©capitulatif des d√©cisions prises en fin de r√©union), ce qui m'a permis de m'y r√©f√©rer, de voir les t√Ęches que j'avais √† faire et de voir, aussi, celles qui ne l'√©taient pas sur lesquelles je pouvais intervenir en cas de temps disponible. Ces t√Ęches √©taient, au d√©part, attribu√© √† une personne ou deux, mais non exclusives, ce qui nous permettait de voir la progression.
  • Les date de r√©unions fix√©es √† l'avance. Au d√©but, nous avons √©chang√© sur les disponibilit√©s de chacun (temps de travail) et les p√©riodes de cong√©s.
  • Le lien pour la prise de note des r√©unions; et un pad de secours en cas de coupure du serveur h√©bergeur (cela nous est arriv√© une fois).
  • L'adresse de la liste de discussion, pour que ceux des autres commissions puissent communiquer avec cette commission.
  • Les documents de r√©f√©rence (avec un lien sur chaque Google Doc, ou autre outil de travail). Il est important d'y noter la liste des documents utiles √† la commission, pour pouvoir les retrouver plus facilement que par mails. Un mois et demi avant l'√©v√©nement, de nombreux documents ont √©t√© cr√©es et un mail envoy√© √† chaque fois pour donner le lien. Parfois l'objet du mail n'√©tait pas explicite et cela posait probl√®me pour retrouver cette information. J'ai donc r√©cup√©rer tous les liens et les ait mis sur cette page en d√©crivant le contenu. Il est aussi important de na pas cr√©er plusieurs tableaux, mais plut√īt un avec plusieurs onglets (ou feuillets)
  • Les compte-rendu des r√©unions. Cinq jours avant la r√©union, j'envoyais un mail rappelant la date et l'heure, le lien pour le pad avec des infos et l'ordre du jour en demandant s'ils souhaitaient rajouter des points; parfois j'y notais des questions et le jour m√™me la r√©ponse √©tait r√©dig√©e. La semaine avant, je lisais les compte rendus des autres sous commissions, et si il y avait des points √† faire conna√ģtre au groupe, je les notais en point info. Suite √† la r√©union, l'animateur, ou un autre, met le compte rendu sur une page wiki (mise en forme, hyperliens, lisibilit√©) et envoie le lien aux autres membres aussi pour tenir inform√© les absents), avec le rappel de la prochaine date.
  • La liste des participants o√Ļ sont not√©s les noms, pr√©noms et fonction des participants √† la sous-commission.

Ce qui me semble important c'est de d√©cider au pr√©alable des outils qu'on va utiliser, pour quoi faire et de la d√©marche; surtout ne pas en changer en court de route, ou sinon √™tre s√Ľr que chacun ma√ģtrise l'outil.
bf_imageLogo-OR-web-RVB.gif

Travailler tous ensemble, sans y être : l'organisation interne d'Outils-réseaux

Auteur de la fiche : Outils-r√©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : L'√©quipe a la particularit√© d'√™tre parfois √©clat√©e car plusieurs des 6 salari√©s t√©l√©travaillent soit occasionnellement soit principalement. Par ailleurs tous sont sur des temps partiels. Il n'y a donc pas d'unit√© de temps et d'espace pour le travail : les outils informatiques et TIC r√©pondent donc en partie aux probl√©matiques d'organisation et de communication li√©es √† cette situation.

Partage de documents et co-rédaction

  • Un intranet, sous la forme d'un YesWiki prot√©g√© par login et mot de passe, constitue l'espace de centralisation des informations n√©cessaires √† la vie de l'√©quipe : comptes-rendus de r√©unions, description des projets, co-r√©daction de documents, m√©mo et proc√©dures y sont ainsi regroup√©s.
  • Pour co-r√©diger les comptes-rendus de r√©union en direct, le syst√®me Ietherpad est utilis√© dans un premier temps, puis le compte-rendu est copi√©-coll√© dans l'intranet. Pour du contenu de type tableur, nous utilisons les outils Google documents.
  • Une Dropbox par membre de l'√©quipe permet, via un dossier partag√©, √† chacun d'avoir sur son poste de travail l'ensemble des documents li√©s au fonctionnement de la structure (documents administratifs, comptables, gestion des projets...). La Dropbox permet de synchroniser la mise √† jour de ces fichiers (si l'un des salari√©s modifie un document dans le r√©pertoire Dropbox de son ordinateur, automatiquement, les autres salari√©s dont l'ordinateur est connect√© b√©n√©ficieront de la mise √† jour).

Communication : réunion, mailing et messagerie

  • Une r√©union d'√©quipe est organis√©e tous les lundis : certains la suivent √† distance (via Skype) et Etherpad. On y fait le tour des projets, des rencontres...
  • Un mail par personne, lu via le logiciel de messagerie Thunderbird (en utilisant le syst√®me "POP" : les messages sont t√©l√©charg√©s sur le poste de chacun).
  • Une liste de diffusion pour le CA et l'√©quipe : chacun des salari√©s y est inscrit et quelques membres du CA. Ainsi quand l'un d'eux √©crit, tous re√ßoivent le message.
  • Une liste de diffusion √©quipe uniquement.
  • Une boite "accueil" : elle est consult√©e par tous les salari√©s (abonnement via Thunderbird en IMAP : c'est-√†-dire que les messages restent en ligne sur le serveur) : chacun a acc√®s √† tous les messages re√ßus et envoy√©s et peut envoyer un message en utilisant cette adresse.
  • Utilisation du logiciel Phpliste pour g√©rer les contacts et la diffusion de mails : Phpliste permet de g√©rer une base de donn√©es de contacts mails et poss√®de une interface pour configurer des mailings. Son avantage est que les personnes peuvent se d√©sabonner eux-m√™mes.
  • Skype est utilis√© par tous pour pouvoir communiquer √† distance (utilisation quotidienne du chat, et une fois par semaine, utilisation de la visio-conf√©rence et du partage de bureau pour la r√©union d'√©quipe).

Synchronisation

  • Des calendriers permettent √† chacun de suivre l'emploi du temps de l'√©quipe : chacun a son agenda (Phpicalendar ou Google Agenda) en ligne, il y en a un commun √† toute l'√©quipe, et chacun a sur son poste un outil pour les mettre √† jour (Sunbird ou l'extension Lightning de Thunderbird).

Veille partagée

  • Avec le tag "outils-reseaux.org" sur Delicious, la veille est collective et on peut la suivre par flux RSS.
Lien internet : http://outils-reseaux.org

Un pad dans un foyer rural. Pour quoi faire ?

Auteur de la fiche : Corinne Lamarche - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Mise en place d'un pad au sein d'un bureau associatif

Pourquoi avoir voulu utiliser un outil d'écriture collaborative lors des réunions ?

Faisant partie du bureau d'un foyer rural, je recevais plusieurs mails pour élaborer l'ordre du jour, et je ne savais plus quel était le bon, à la fin. De plus, il est arrivé que le compte rendu, envoyé quinze jours après la réunion, annonçait un événement qui avait lieu trois jours avant. N'ayant pas été présente à la réunion, l'information était obsolète. Un autre fait me posait problème : je culpabilisais de ne pouvoir me rendre physiquement à une réunion et de ne pas pouvoir y participer.
J'ai donc proposé de créer un espace d'écriture collaboratif en ligne, sur Framapad ou Piratepad.

Avant la réunion

Dix jours avant, j'ai envoyé par mail l'adresse du pad, avec un début d'ordre du jour, et demandant aux membres du bureau de le compléter. Chacun pouvait y inscrire présent/excusé, au lieu d'envoyer un mail à chacun pour dire si oui ou non il serait là. Les personnes l'ont remplis, et parfois des discussions se sont amorcées avant la réunion, ou des points ont pu être traité avant, et de fait, réduire le temps de la réunion.

Pendant la réunion

Bloqu√©e, ce jour l√†, √† mon domicile, j'ai pu participer √† la r√©union, √† distance. Je lisais le fil de la discussion, tap√© par deux personnes pr√©sentes, et je pouvais intervenir en posant des questions, ou demandant des pr√©cisions, en tapant directement, √† la suite de la ligne d√©j√† √©crite. J'ai appr√©ci√© le fait de pouvoir participer malgr√© des contraintes personnelles, et de sentir que j'√©tais pr√©sente gr√Ęce au chat et √† l'implication de ceux qui √©taient √† distance. √áa m'a permis de me dire que m√™me si je n'√©tais pas pr√©sente physiquement √† toutes les r√©unions, je pouvais en √™tre inform√© et suivre le fil de chez moi. La culpabilit√© √©tait amoindrie, et mon envie de participation combl√©e en partie.

Après la réunion

Le lendemain même, j'ai exporté les notes prises en ligne en fichier texte et l'ai enregistré dans mon dossier "CR Foyer rural". L'animatrice n'a pas eu besoin de m'envoyer par mail le compte rendu.
Lien internet : http://framapad.org/
bf_imagegarrigue.jpg

Un peu d'OpenStreetMap, de la technique et beaucoup de patience pour une valorisation citoyenne et cartographique du patrimoine de garrigue

Auteur de la fiche : Manon Pierrel - Association le Collectif des Garrigues
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Les membres du Collectif des Garrigues ont r√©ussi √† faire converger deux de leur d√©marches, qui √† premi√®re vue, paraissaient bien √©loign√©es l'une de l'autre. Une d√©marche de cartographie participative, demandant de la technique, des outils et internet... Et une d√©marche de connaissance et de valorisation du patrimoine de garrigue, port√©e par des passionn√©s d'histoire, de livres et de garrigues... Les "genres" se sont rencontr√©s au sein du Collectif des Garrigues, permettant d'aboutir √† un beau projet commun, riche de savoirs et innovant ! L'objectif principal de ce projet est de contribuer √† une dynamique de r√©seau entre les acteurs des garrigues, en co-√©laborant des cartes interactives (enrichies collectivement) comme support pour donner √† voir les richesses patrimoniales du lieu, partager les connaissances et mettre en valeur le territoire des garrigues.

Des chantiers collectifs développés par les membres du réseau

Les membres du Collectif des Garrigues (350 personnes) engagent un travail commun sur plusieurs "chantiers". L'objectif étant de créer, de valoriser et de transmettre des biens communs (connaissances, photographies, écrits, réflexions) sur le territoire des garrigues.
Depuis 2010, plusieurs chantiers sont développés, pour n'en citer que quelques-uns:
  • Le pilotage d'un Atlas des Garrigues (livre grand public co-√©crit qui fait l'√©tat des lieux de toutes les connaissances actuelles sur le territoire - sortie √† l'automne 2013) ,
  • l'enrichissement d'une galerie photo partag√©e,
mais aussi des chantiers plus "thématiques" autour :
  • de la cueillette en garrigue, et du recueil de recettes sur le territoire,
  • du patrimoine de garrigue, pierre s√®che et capitelles, charbonni√®res et inventaires,
  • ou encore des chantiers autour de la d√©couverte d'outils, tel que le m√©dia sonore, ou la cartographie participative.

Les membres du r√©seau qui participent √† ces diff√©rents chantiers disposent d'espaces internet (wikis) pour travailler et produire du contenu ensemble et √† distance. Ils disposent de listes de discussion, d'outils de co-√©criture (Etherpad), de "logiciels" permettant d'organiser le travail (en pr√©sence sur les aspects logistiques, ou concernant la r√©partition des t√Ęches) et d'outils pour diffuser leurs travaux. De nombreux chantiers fonctionnent bien, avancent vite, certains sont d'ailleurs sur le point d'aboutir (l'Atlas notamment) alors que de nouveaux projets apparaissent chaque mois. Les membres du r√©seau d√©veloppent eux-m√™mes les chantiers et animent la participation autour de ces diff√©rents axes de travail. Une fois les premi√®res productions cr√©√©es, les travaux sont valoris√©s et diffus√©s plus largement, √† travers notamment la lettre √©lectronique mensuelle du r√©seau et le site internet du Collectif des Garrigues, le wikigarrigue.info. Un fonctionnement qui nourrit sans cesse l'envie de travailler ensemble pour approfondir certains projets... qui am√®ne aussi √† faire converger plusieurs chantiers pour en monter de nouveaux. En d√©montre l'exp√©rience pr√©sent√©e ici !

Les membres du réseau ont décidé de croiser deux de leurs chantiers collectifs..

Deux chantiers, l'un autour du patrimoine de garrigue et l'autre autour de la cartographie participative sur un territoire, ont √©t√© d√©velopp√©s parall√®lement d√®s 2011 puis 2012 sous une 1ere forme conviviale de journ√©es de d√©couvertes et d'√©changes, les Rendez-vous des Garrigues (sortie mensuelle du r√©seau), et d'un travail en groupe √† distance par des √©changes mails et de la co-√©criture de synth√®se collective. Les deux chantiers ont eu une organisation et un fonctionnement propre. Peu √† peu, ils ont trouv√©s un terrain d'exp√©rimentation int√©ressant o√Ļ converger, donnant lieu √† un projet de cartographie participative du patrimoine pour impliquer les habitants dans la connaissance et la gestion de leur territoire de vie.
Comment les membres du Collectif des Garrigues ont-ils travaillés pour faire avancer, indépendamment, ces deux chantiers? Comment le lien s'est-il fait par la suite ?

La démarche de valorisation des connaissances et des savoirs locaux

Cette d√©marche de rassemblement des connaissances et des savoirs sur les garrigues est en fait l'histoire du projet garrigue ! Depuis 2004, l'objectif du Collectif des Garrigues est de mettre en d√©bat l'avenir du territoire, de partager les connaissances acquises mais √©parpill√©es sur les garrigues pour apprendre √† mieux les conna√ģtre et ainsi mieux les g√©rer.
Le volet connaissances "patrimoine" s'est accéléré dès 2011, avec l'organisation d'un Rendez-vous des Garrigues autour de ce thème. Le patrimoine en pierre sèche est particulièrement identitaire des garrigues et les structures (associations ou collectivités) qui ont en charge la mise en valeur et la restauration de ce patrimoine à l'échelle locale vivent à peu près les mêmes problématiques qu'ils soient des quatre coins du territoire. Ils ont eu besoin de se retrouver et de prendre un temps de réflexion collective pour pouvoir avancer ensemble sur certains projets.
Suite à ce Rendez-vous des Garrigues, quelques actions concrètes ont donc été développées :
  • D√©couvrir ensemble les diff√©rents sites patrimoniaux des garrigues du Gard et de l'H√©rault. (Chose faite d√®s l'automne 2012 avec un Rendez-vous des Garrigues patrimoine sur Poussan (34)).
  • Faire un annuaire des associations sp√©cialis√©es sur le territoire permettant d'enrichir les exp√©riences et les √©changes du groupe.
  • Mettre en commun les documents r√©alis√©s par les acteurs du patrimoine (plaquette de pr√©sentation des sites, √©tudes et inventaires)..
Pour mener à bien ces projets, les membres du réseau ont utilisé les outils de partage de documents (Google drive pour les tableurs Excel), et de nombreux échanges de mails (via la liste de discussion créée spéciale patrimoine).
√Ä l'automne 2012, au vue des √©changes sur la liste, il est d√©cid√© de proposer un second Rendez-vous des Garrigues sur ce th√®me. √Čmerge alors l'id√©e de disposer de l'inventaire de tous les inventaires des capitelles r√©alis√©s sur le territoire des garrigues et d'arriver ainsi √† une carte des zones √† capitelles √† l'√©chelle de celui-ci (400 000ha).
Un des membres du groupe patrimoine prend le projet en main.
  • Le premier travail s'est fait sur place, lors du Rendez-vous des Garrigues, avec la vingtaine de participants, l'id√©e √©tait de dessiner en direct sur des grandes cartes papiers du territoire les coins √† capitelles,
  • ensuite, une bonne partie du travail s'est enrichie par les √©changes de mails. Une mobilisation importante s'est faite pour disposer de l'inventaire des inventaires effectu√©s sur le territoire, par les associations et les structures int√©ress√©es.
  • Un important travail de synth√®se a √©t√© fait, afin d'alimenter un tableur Excel : D√©termination des zones riches en capitelles et cabanes : Gard - H√©rault.
  • Par d√©partement et par grande entit√© paysag√®re, les informations suivantes ont √©t√© renseign√©es : s'il y avait eu une √©tude de faite (type inventaire), si oui, le nom de l'auteur, la structure, le nombre de capitelles (estim√© ou connu) et le nombre de celles en bon √©tat, si celles-ci √©taient cartographi√©es ou pas, et quelques observations g√©n√©rales.
  • En parall√®le, nous avons pu recueillir et informatiser l'ensemble des √©tudes transmises, pour les d√©poser sur la plate forme internet du Collectif des Garrigues,
  • En deux mois, la carte a pu √™tre construite. Elle illustrera d'ailleurs un des articles de l'Atlas des Garrigues.

Un second chantier, la dynamique de cartographie libre et citoyenne pour animer son territoire

Pour ce chantier, ce sont les associations Outils-Réseaux, et Tiriad qui nous ont lancé et motivé à découvrir la dynamique d'OpenStreetMap et tout ce qui va avec... Ils nous ont proposé une journée de formation à OSM suivie d'un Rendez-vous des Garrigues autour de cet outil et de ce que l'on pouvait espérer sortir de cette approche de cartographie libre sur un territoire. Un Rendez-vous plus technique mais qui a tout de même attiré plus d'une quinzaine de personne. Des membres du réseau, avant-gardistes (!), qui ont perçu l'intérêt d'une telle démarche pour la valorisation de leurs connaissances du territoire.
La formation s'est d√©roul√©e √† Gignac (34) en avril 2012, s'en est suivi des carto-party sur le territoire pour continuer √† se former. L'id√©e pour chacun de ces temps √©tait de s'entra√ģner aux relev√©s et √† leur mise en ligne et d'arriver aussi peu √† peu √† se sp√©cialiser dans la cartographie des √©l√©ments qui nous tenaient √† coeur (et notamment les √©l√©ments du patrimoine). √Ä chaque carto-party, nous avons r√©ussi √† entra√ģner toujours plus de nouvelles personnes...
Dès le printemps 2012, un groupe, composé d'une bonne quarantaine de personnes, suit le projet de "cartogarrigue". Ils disposent d'une simple liste de discussion pour échanger et travailler ensemble, mais elle est bien active et réactive, et de temps conviviaux que le réseau du Collectif des Garrigues accompagne, du moins dans l'organisation et la logistique.
Le groupe "cartogarrigue" va dans un premier temps prendre du temps pour se former √† l'outil, se construire un discours commun. Pour ensuite s'ouvrir et s'entra√ģner en r√©el en organisant des carto-party sur le territoire. L'id√©e de pouvoir cartographier les √©l√©ments du patrimoine √©merge assez rapidement, et notamment parce que les membres du groupe ont fait de nombreuses passerelles entre leurs journ√©es et le chantier patrimoine qui avance en parall√®le... Les invitations sont lanc√©es, et chacun a une place pour apporter ses savoirs et ses exp√©riences dans chacun des deux chantiers.
Ce mouvement de groupe, et ce croisement d'int√©r√™ts arrivent √† l'√©laboration d'un glossaire OSM adapt√© √† la garrigue o√Ļ sont rentr√©s les termes sp√©cifiques au territoire. (Olivette, four √† chaux, mazet, capitelles..) et des tags associ√©s, donc.

Aujourd'hui le croisement de ces deux démarches donne de belles perspectives de partenariat, de projet commun et de financements

Ces deux dynamiques crois√©es donnent lieu a une r√©ponse commune √† un appel d'offre lanc√© par l'agglom√©ration de N√ģmes M√©tropole dans le cadre de sa politique de d√©veloppement durable 2013 ; "La cartographie participative du patrimoine pour impliquer les habitants dans la connaissance et la gestion de leur territoire de vie".
Le projet proposé consiste en l'organisation d'une journée d'informations et d'échanges d'expériences sur la cartographie collaborative. Afin de présenter la démarche, présenter les expériences de territoires investis dans ces dynamiques, présenter le glossaire spécial garrigue, pour élaborer collectivement un programme de carto-party pour l'année. L'idée est de travailler en partenariat étroit avec l'ensemble des acteurs des deux chantiers, des contributeurs OSM, les référents des chantiers, les associations ou structures locales s'intéressant au patrimoine...
De nouveaux partenariats sont apparus depuis :
  • Une collaboration avec le master SILAT : Syst√®me d'Information localis√© pour l'Am√©nagement du Territoire. L'√©quipe enseignante souhaite avoir une approche th√©matique de leur cartographie, pouvoir cartographier du patrimoine plus que du plan de ville ou de village...
  • Une collaboration qui va dans le m√™me sens avec l'√©cole de Montpellier SupAgro .
  • Aussi, le groupe "cartogarrigue" va √™tre mobilis√© pour apporter son exp√©rience sur l'organisation d'une carto-party avec le Carr√© d'Art de la ville de N√ģmes...
Pour chacun de ces partenariats, le Collectif des Garrigues est la personne référente sur l'organisation de cartogarrigue type patrimoine des garrigues...

Les chantiers continuent aussi indépendamment l'un de l'autre...

Pour le projet de cartographie libre du territoire, le Collectif des Garrigues souhaite d√©velopper une interface web cartographique, o√Ļ serait diffus√©e des cartes th√©matiques d'enjeux ou de connaissances des garrigues (g√©ologie, ressource en eau, risques incendie..) sur le site de l'Encyclop√©die Vivante des Garrigues. Avec un second volet et une attention particuli√®re port√©e sur la mise en place d'un outil participatif pour l'inventaire de diff√©rents types d'informations et de donn√©es qui int√©ressent l'am√©nagement futur des garrigues (les d√©placements, les services de proximit√©, l'agriculture).
Pour le projet patrimoine, il semble intéressant de poursuivre les discussions et cet enrichissement de connaissances sous la forme de chantiers collaboratifs. Avec notamment la co-écriture d'articles et des thèmes à traiter tels que la typologie des constructions, les capitelles dans la littérature, ou encore les capitelles et les parcelles foncières... par exemple.

Le Collectif des Garrigues, un réseau d'acteurs au service du territoire des garrigues du Gard et de l'Hérault

Les garrigues sont riches d'une faune et d'une flore diversifiées et originales, d'une histoire et d'une culture ancienne fortement liées aux origines des activités de l'homme (bergers et charbonniers, capitelles et autres construction en pierres sèches), elles sont aussi riches de leurs paysages. Jusqu'alors peu prises en compte et considérées bien souvent comme "un ventre mou entre les Cévennes et le Littoral Languedocien" sans véritable projet structurant, les garrigues Gardoises et Héraultaises se laissent découvrir et s'organisent pour faire valoir leur identité. Ainsi, des acteurs du territoire (chercheurs, élus, gestionnaires, habitants et usagers) se sont rassemblés pour enrichir leurs connaissances, leurs expériences, dans une volonté de mieux comprendre, mieux appréhender et mieux agir pour ces garrigues. Le Collectif des Garrigues est né ! Il "a pour vocation de rassembler et de valoriser les expériences et les connaissances sur la garrigue. De contribuer au rapprochement des acteurs du territoire. Et enfin de susciter la réflexion sur le futur des garrigues, préservant et développant les spécificités de ce territoire, dans le respect des milieux et de sa vie citoyenne".
Lien internet : http://www.wikigarrigue.info

Un wiki au service d'un groupe de travail sur l'animation

Auteur de la fiche : Gatien Bataille
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : De puis 2012, un groupe de travail (GT) s'organise en Belgique francophone autour de l'animation "dehors".
Ce Gt visent les professionnels de l'éducation à l'environnement, enseignants, bénévoles, sympathisants...
Il vise à créer les conditions favorables à un travail collectif pour favoriser la pratique de la sortie nature en Wallonie, pour les grands et les petits.

Après une gestion "traditionnelle" du GT (échange de mails), l'animateur du réseau a opté pour la mise en place d'un site internet wiki (yeswiki) couplé à une mailing list.
Ce passage a permis la création d'une dynamique plus participative et décentralisée du GT.

Dans un premier temps, le wiki a √©t√© cr√©√© et customis√© par un membre du r√©seau ma√ģtrisant l'outil technique.
Les pages du wiki ayant été placées comme "modifiable par tous", l'animateur de réseau garde la main complète sur le contenu du wiki et ne dépend de personne pour modifier et faire vivre le wiki.
Afin de diminuer encore les freins à la participation sur ce wiki(certains membres du réseau ayant une appréhension par rapport aux outils TIC et donc aussi par rapport à l'utilisation d'un wiki -bien que très simple-) il a été décidé d'intégrer dans certaines pages du wiki (construction des ordres du jour, PV des réunions...) des "pad" (espace d'écriture direct ne nécessitant pas de compte ou de connaissances techniques).

L'utilisation de ce wiki a permis :

L'utilisation de ce wiki a soulevé les remarques suivantes :
  • Une clarification de la licence utilis√©e pour les productions collectives (CC BY SA) a rencontr√© une enthousiasme √©tonnant.
  • La pratique de co-construction des ordres du jour ou des PV ravis divers membres peu habitu√©s √† ce genre de pratique dans leur structure.
  • Il conviendra de mettre en place une formation sur le wiki afin de que TOUS les membres soient capables de modifier √† leur guise le wiki.
Lien internet : http://www.tousdehors.be

Un wiki pour le réseau EEDD de la Savoie

Auteur de la fiche : Antoine Delarue
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Le r√©seau EEDD73 est en place depuis le 27 novembre 2012.
La mise en place d'une plate-forme d'échange participative était une volonté du Comité de Pilotage du Réseau EEDD73. Mes compétences sur ces outils étaient donc intéressantes pour l'ensemble du projet.
Pour la mise en place de ce Wiki, j'ai réalisé des interviews de structures utilisant cette plate-forme afin qu'ils m'éclairent sur les démarches (REEMA, Outils-réseaux ...).
Connaissant les rudiments d'utilisation de l'outil, j'ai fait beaucoup de recherches bibliographiques et de "test" pratique.

Rencontre en territoire

L'espace "Rencontres en territoire", est d√©di√© √† l'information, l'organisation ainsi qu'√† la participation des acteurs √† ces √©v√©nements, dont l'objectif est de r√©unir l'ensemble des acteurs de l'√Čducation √† l'Environnement et au D√©veloppement Durable afin de finaliser la charte.
Nous sommes partis d'un constat simple : Les bo√ģtes mail sont "inond√©es" d'informations et les personnes ne peuvent tout traiter. La d√©marche active d'aller chercher l'information nous a donc paru int√©ressante √† mettre en oeuvre.
Cet espace sert donc de plate-forme d'échange direct entre les personnes concernées, sans passer directement par l'animatrice du réseau.

Une initiation aux outils collaboratifs ...

Dans cette dynamique, nous avons mis en place une formation aux outils collaboratifs en ligne, avec une partie entièrement dédié à l'utilisation du wiki.
L'information a donc été transmise par rapport à la mise en place de ce site participatif.

Une plate-forme de ce type a permis de :

  • Centraliser l'ensemble des donn√©es.
  • Gagner du temps.
  • D'int√©grer l'ensemble des acteurs au projet afin de construire ensemble et de partir de leurs attentes (organisation du co-voiturage, modalit√©s pratiques, repas partag√©).

Points forts

  • L'ensemble des personnes inscrites ont eu acc√®s √† cette information et ont pu lire les informations.
  • Consultation accrue des informations.
  • Participation faible mais venant des personnes ayant re√ßu l'initiation.

Points faibles

  • Peu de participation directe sur les pads et sur le wiki
  • Peu d'ouverture √† d'autres.

À éviter ?

  • Aller trop vite !
  • Privil√©gier le contact humain en premier lieu et ensuite y incorporer les outils collaboratifs en ligne.

Des astuces

  • Prendre le temps de demander l'avis pour que les personnes s'approprie cet outil.
  • Initier les futurs usager avant la mise en place (importance du contact physique avant la collaboration √† distance).
  • Permettre aux utilisateurs des espaces de libert√©.
  • Rassurer les utilisateurs sur la s√©curit√© des donn√©es.

Utilisation d'une carte Google pour les achats groupés

Auteur de la fiche : Fran√ßoise Viala
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Cet outil a √©t√© mis en place lors d'une r√©flexion au sein de l'association Pic'assiette. Comment rendre visible les initiatives citoyennes autour de commandes group√©es ?

Fonctionnement

Ce n'est pas l'association qui crée des groupes mais c'est elle qui invite le citoyen ou le producteur à se rapprocher du groupe le plus proche, voire même en créer un. Les citoyens qui ne se connaissent pas laissent leurs coordonnées puis ensuite Pic'assiette les met en lien suivant leur origine géographique.
L'idée était donc :
  • De montrer l'existant √† un public novice mais aussi pour les groupes d√©j√† cr√©√©s. En effet, sur le territoire entre N√ģmes et Montpellier plusieurs groupes existent, sans se conna√ģtre. Chaque groupe g√®re son fonctionnement, se questionne mais sans √©changer.
  • De cr√©er du lien, d'√©changer entre groupes !
Et cela marche car des journées sont organisées de façon autonome, sans que l'association Pic'assiette ne l'anime.
Au delà de créer du lien, l'objectif est réfléchir d'une façon collective sur : comment aider à la diversification des débouchés pour les producteurs et pérenniser cette démarche sans que cela repose toujours sur le même noyau de personnes ?
La participation est libre, il n'y a pas besoin d'inscription pour se référencer. Le plus gros du référencement a été réalisé par l'association Pic'assiette qui a pris le temps de rencontrer et d'échanger avec les groupes proches de Montpellier ensuite les groupes se sont rencontrés et gèrent leur rythme de réunion, leur ordre du jour, etc... De façon autonome.
L'outil a servi d'exemple pour créer une carte référençant les groupement d'achat citoyens, mais au niveau de la région Languedoc-Roussillon toute entière. (http://site-coop.net/gaclr/)
L'avantage principal de ce type de carte est la visibilité rapide des initiatives.

Quelques préconisations :

  • Il faut penser √† l'actualiser.
  • Il faut penser √† former les personnes.
  • Il faut l'animer. L'outil en lui m√™me ne suffit pas, il faut faire conna√ģtre par des repr√©sentation sur stand, journ√©e grand public.

La suite

La deuxième étape consiste à référencer les outils qui permettent de commander, les démarches et actions mises en place pour que le groupe devienne pérenne. L'association a d'ailleurs participé aux Rencontres Moustic afin de rendre sa démarche encore plus collective et collaborative.
bf_imagelogo_tela_fond_blanc.png

Utilisation des listes à Tela Botanica

Auteur de la fiche : Outils-r√©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Le r√©seau Tela Botanica s'est constitu√© autour de listes de discussion.

La première tela-botanicae a été ouverte en mars 1999, lors de la création du réseau. Elle s'appuie sur les services offerts par Yahoo Groupes. Elle est toujours active à l'heure actuelle : 1092 membres et 34000 messages échangés depuis sa création, avec une moyenne de 225 messages par mois (bilan réalisé le 8 mars 2010).

Mixité des membres

La liste regroupe spécialistes et amateurs, néophytes et passionnés chevronnés de la botanique. Une personne débutante pose une question et ce sont des dizaines de spécialistes qui répondent, parfois de manière très pointue. Gageons que s'ils s'étaient regroupés entre eux, les échanges n'auraient probablement pas été aussi dynamiques (peur d'être jugé par les pairs, haut niveau d'entrée dans les débats...).

Division en groupes thématiques

A fur-et-à-mesure des échanges, des discussions thématiques se sont engagées, créant parfois un encombrement de messages sur la liste. L'animateur du réseau, qui pilotait en attention, a tout de suite proposé de créer un autre groupe de discussion spécifique. Et ainsi, plus d'une cinquantaine de groupes thématiques se sont créés, donnant lieu, pour certains, à un travail coopératif intense et à des productions collectives.

Synthèses des listes

L'avantage de diviser ainsi le réseau en groupes thématiques est que l'on peut ne s'abonner qu'aux discussions qui nous intéressent, sans recevoir un flot de mails quotidien. L'inconvénient c'est qu'on n'a pas une vision globale de ce qui se passe dans le groupe. Pour remédier à ça, un des membres du réseau a animé la réalisation de synthèses des discussions : la personne qui posait une question devait ensuite rédiger une synthèse avec toutes les réponses reçues.
Trois niveaux de synthèses ont été définis en fonction du niveau de restitution des informations.
  • Niveau 1 - Collecte des messages. Redonne la totalit√© des √©changes sur un sujet (pas de traitement autre que de rassembler tous les messages dans l'ordre et de faire un nettoyage de forme).
  • Niveau 2 - Collecte et mise en forme. Synth√®se interm√©diaire avec un peu de mise en forme.
  • Niveau 3 - Synth√®se. Synth√®se enrichie (avec additions et contr√īles des r√©f√©rences).
Le tout sous licence Cr√©ative Commons, bien s√Ľr !

Des outils pour faciliter et cadrer les échanges

Le réseau a également mis en place des outils pour faciliter l'accès à ces listes par de nouveaux membres : modes d'emploi animés (tutoriel vidéo) et une charte de bonne conduite (Nétiquette).
bf_imageExempleFnamiQuestionnaire_fnami_20100312164229_20100312164243.jpg

Utilisation des questionnaires Google à la FNAMI LR.

Auteur de la fiche : FNAMI LR
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Le r√©seau des musiciens intervenants est principalement anim√© par un petit groupe autour de sa pr√©sidente.
La mise en place d'un questionnaire devait permettre de tester les idées de ce groupe restreint auprès de l'ensemble des membres du réseau et éventuellement de les enrichir.
La première option (faire un questionnaire papier, l'envoyer, récupérer les réponses, les saisir, les traiter puis en faire une synthèse avant de la restituer au groupe) fut vite abandonnée : trop de temps, et trop de moyens nécessaires.
Afin de faciliter le travail, un questionnaire Google a été mis en place.
Le premier "L'association FNAMI-LR existe depuis 2003, répond-elle à nos besoins ? Vers quoi voulons-nous évoluer ? " a permis de récupérer près de 100 réponses.

Formation à l'usage des questionnaires Google

Un peu plus d'une heure a été nécessaire pour apprendre à créer un questionnaire pour des personnes néophytes, cette formation a permis au groupe de prendre totalement en main l'outil qui est maintenant assez systématiquement utilisé. On a pu noter son utilisation par ces bénévoles associatifs dans un cadre professionnel.

Administration du questionnaire

Les questionnaires créés ont été envoyés par mail mais aussi mis sur le site de la FNAMI. Cela permettait aux membres du réseau de répondre en direct aux questions posées. Les résultats s'incrémentaient automatiquement dans un tableau de Google Document.

Analyse des résultats

Google Document permet de faire un traitement automatiques des r√©ponses lorsqu'il le peut (histogrammes, moyennes, camemberts...) gr√Ęce √† la fonction formulaire/afficher un r√©sum√© des r√©ponses. Plusieurs pages de traitement facilitent √©norm√©ment le travail d'analyse.

Restitution des résultats

Les résultats ont été restitués lors d'une assemblée générale. Ils ont confirmé certaines analyses du groupe de pilotage, permettant au passage la démonstration collective et partagée des besoins mais ils ont surtout révélé un certain nombre de nouveaux points jugés par le groupe comme prioritaires.
Certains r√©sultats ont √©t√© restitu√©s automatiquement sur le site gr√Ęce √† la possibilit√© qu'offre Google de cr√©er des widgets des r√©sultats sous forme de carte, sous forme de graphique ou sous forme de tableau...
Ce procédé de restitution immédiate et automatique a de nombreuses vertus : renforcement positif de la participation (ce que j'ai donné est de suite utilisé et visible), encouragement à la participation (on ne me voit pas, il faut que je réponde), ça fait "Bling bling" et certains y sont sensibles ;-)
Lien internet : http://fnami-lr.org
bf_imagerecapcha.png

Vous ne le savez pas, mais vous aidez à la numérisation des ouvrages anciens !

Auteur de la fiche : H√©l√®ne Laxenaire - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
T√©moignage : Gr√Ęce au reCapcha, projet cr√©√© par l'universit√© am√©ricaine Carnegie-Mellon, chaque fois que vous vous crevez les yeux pour d√©crypter un texte tout tordu afin de valider une inscription ou poster un commentaire, vous participez √† l'am√©lioration d'un programme de num√©risation des livres anciens.

On reprends depuis le début : les capchas c'est quoi ?

Les capchas se sont ces mots tous déformés que l'on vous demande de recopier afin de valider une inscription ou une action sur un site internet. Le principe du capcha c'est de trouver une opération plus facile à effectuer par un être humain que par un robot, l'objectif étant d'éviter que l'on puisse effectuer automatiquement (via des programme-robots) l'action que vous êtes en train de réaliser. Notamment pour éviter que l'on puisse créer automatiquement des milliers de comptes mail ou Facebook ou submerger de commentaires un blog afin de vendre du faux Viagra. En retapant le texte déformé, vous prouvez ainsi que vous êtes un être humain (uniquement d'un point de vue biologique, hein).

La problématique de numérisation des livres anciens

Les livres anciens, tomb√©s dans le domaine public, pourraient facilement √™tre mis √† disposition du plus grand monde sur internet mais pour faciliter la recherche parmi ces ouvrages, il faut transformer le scan de la page (qui est une photographie) en texte num√©ris√© dans lequel on peut rechercher. Ce sont les logiciels de reconnaissance de caract√®res (OCR) qui s'en chargent mais ils rencontrent des difficult√©s particuli√®res avec ces ouvrages. En effet, ceux-ci sont imprim√©s avec des caract√®res typographiques particuliers et le temps a souvent ab√ģm√© les pages. Pour am√©liorer leur taux de reconnaissance, les logiciels de reconnaissance de caract√®re (OCR) ont besoin "d'apprendre". C'est-√†-dire qu'ils ont besoin que leurs r√©sultats soient confront√©s √† des r√©sultats obtenus par des humains pour augmenter peu √† peu le nombre de signes qu'ils peuvent reconna√ģtre. Or la transcription par les humains est longue et r√©barbative.

Et si on joignait l'utile à ... l'utile ?

Luis Van Ham est professeur √† l'universit√© Carnegie-Mellon √† Pittsburgh, il travaille sur l'human computation, c'est-√†-dire sur des programmes faisant intervenir la puissance de raisonnement humain et la vitesse de calcul des ordinateurs pour r√©soudre des probl√®mes que ni les humains, ni les machines ne pourraient r√©soudre seuls (le cas des logiciels OCR est un exemple typique). Il a d√©velopp√© le concept de jeux √† objectifs, o√Ļ tout en jouant les √™tres humains effectuent des op√©rations utiles. M√™me s'il ne s'agit pas d'un jeu, le reCapcha qu'il a d√©velopp√©, reprend ce principe. A chaque fois que vous d√©codez des mots d√©form√©s, issu de la num√©risation de livres anciens, pour prouvez au site internet que vous √™tes bien un √™tre humain, vous augmentez la base de donn√©es utilis√©e par les logiciels de reconnaissance de caract√®res et donc leur efficacit√© √† reconna√ģtre les caract√®res num√©ris√©s des livres anciens.

reCapcha, ça marche comment ?

Les scans des livres anciens sont lus par deux logiciels de reconnaissance de caractères différents. Dès qu'un mot est lu différemment par les deux logiciels, il est noté comme suspicieux et ajouté à la base de reCapcha.
Quand on vous demande de prouver le fait que vous √™tes un √™tre humain et non une machine via un reCapcha, il y a toujours 2 termes, l'un plus d√©form√© que les autres. L'un deux a d√©j√† √©t√© identifi√© avec certitude avec le logiciel OCR (c'est celui qui sert effectivement √† v√©rifier que vous √™tes un humain) et l'autre non (c'est celui que vous allez aider √† identifier). √Ä partir du moment o√Ļ un certain nombre d'internautes ont identifi√© de la m√™me fa√ßon un mot suspicieux, il est valid√©. Il est int√©gr√© dans la base de donn√©es des mots valid√©s de reCapcha et dans la base de donn√©es que le logiciel d'OCR utilise pour reconna√ģtre les caract√®res des livres num√©ris√©s. Actuellement le logiciel de reconnaissance de caract√®re de reCapcha a atteint un niveau d'erreur semblable √† celui de l'√™tre humain.

C'est une bonne oeuvre alors ?

Google a rachet√© reCapcha en 2009 et l'a install√© sur ses pages demandant ce type de validation. Vu la puissance de Google cela a donn√© une tr√®s grande visibilit√© au projet et un nombre accru de participants. L'objectif premier de Google est la num√©risation des livres de Google Books afin de faciliter leur r√©f√©rencement et la recherche plein texte parmi les pages. Mais il semblerait que Google adapte reCapcha √† d'autres projets, on a ainsi vu appara√ģtre sur certains reCapcha des num√©ros de plaques de rue provenant de Google Street View.