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Présentation du projet Cooptic


Cooptic est une initiative de transfert d'innovation, financée par la Commission européenne dans le cadre du projet Leonardo da Vinci. Quatre partenaires spécialisés dans les pédagogies innovantes - SupAgro Florac et Outils-Réseaux (Montpellier), l'École de la coopération Aposta de Catalogne et le Centre Régional d'Initiative à l'Environnement (CRIE Mouscron) de Wallonie - se sont associés pour travailler sur l'adaptation d'un dispositif de formation destiné aux animateurs de projets collaboratifs.

Durant Cooptic, ont été formées quinze personnes dans trois pays : Belgique, Espagne et France, afin qu'elle deviennent, à leur tour et dans leurs cercles respectifs, formatrices d'animateurs de projets et réseaux coopératifs.

Cooptic, c'est aujourd'hui 60 animateurs de réseaux qui constituent un véritable pool dans trois pays européens. Ce réseau s'est construit sur trois ans :


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Présentation de l'équipe de partenaires


Le programme de Cooptic a relié quatre structures :

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SupAgro Florac : Institut d'éducation à l'agro-environnement, assure depuis des années la formation des animateurs des nombreux réseaux thématiques et géographiques de l'enseignement agricole public ainsi qu'un appui technique. Reconnu nationalement pour l'expertise en sciences de l'éducation et ses activités d'expérimentation pédagogique et de promotion de dispositifs de formation innovants, Supagro Florac partage son savoir-faire avec ses partenaires du projet. Il assure également, le montage et la coordination de l'ensemble du projet.

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Association Outils-Réseaux : Association "référence" en France sur le travail en réseau. Sa mission principale est d'initier et d'accompagner les réseaux et pratiques coopératives en s'appuyant sur des outils méthodologiques et Internet. En 2010, Outils-Réseaux a mis en place le dispositif de formation Animacoop en direction des animateurs et professionnels ½uvrant dans le champ de la coopération et l'animation de réseaux. Ce dispositif Animacooop a fait l'objet d'adaptation du projet européen Cooptic.


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Association Aposta, en Catalogne : École de la coopération chargée du transfert sur le territoire Catalan.




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Association CRIE de Mouscron, en Wallonnie. Association d'éducation à l'environnement chargée du transfert sur le territoire Wallon.



Ces partenaires ont associé les compétences de diverses institutions, universitaires, chercheurs, intervenants et collectivités locales engagées dans des démarches de développement participatif qui concourent activement à la rédaction d'une publication de cet e-book que vous pouvez découvrir maintenant.

Présentation du dispositif d'apprentissage


Le dispositif de formation Cooptic est fondé sur les principes éducatifs qui visent à accompagner le stagiaire vers l'autonomie et à renforcer sa capacité à agir en connaissance de cause. L'apprenant est au centre de l'attention pédagogique. De ces principes découlent les choix de méthodes et moyens pédagogiques qui s'articulent autour de trois idées : le caractère transversal des savoirs et compétences collaboratifs à acquérir, un lien avec le projet professionnel des stagiaires, l'utilisation des potentialités des outils numériques pour innover sur les pratiques pédagogiques.


Qu'apprend-on Ă  la formation Cooptic ?

Les contenus de formation privilégient le développement des compétences opérationnelles liées à l'animation du projet collaboratif : gestion de l'information, coproduction des ressources, démarrage des dynamiques de réseau, animation de collectifs...
Ces contenus sont structurés autour de 12 concepts clés et 12 compétences collaboratives transverses :

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Ces compétences collaboratives sont traitées parallèlement sur trois niveaux :
  • Au niveau individuel, la formation dĂ©veloppe l'implication de la personne dans un projet collectif,
  • au niveau du groupe, elle traite de la comprĂ©hension des dynamiques de groupes, rĂ©seaux, communautĂ©s et des compĂ©tences de management d'un collectif,
  • un troisième niveau d'environnement concerne les facteurs d'ouverture et de communication "Ă  l'extĂ©rieur" de son rĂ©seau.


Comment apprend-on ?

Durant 14 semaines de formation les stagiaires travaillent à distance et en présence suivant une progression sur trois parcours parallèles :

  • Parcours individuel :
Les contenus mis en ligne suivent des étapes de la vie d'un réseau.
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  • Formation du rĂ©seau : le groupe se forme, un "collectif des individus" prend conscience d'ĂŞtre un groupe d'apprentissage.
  • Le rĂ©seau s'informe : les Ă©changes autour des projets conduisent Ă  l'Ă©mergence d'expĂ©riences et de problèmes communs.
  • Transformation du rĂ©seau : les phĂ©nomènes individuels et collectifs sont mis en ½uvre dans le travail collaboratif en petits groupes.
  • Rayonnement du rĂ©seau : la diffusion des rĂ©sultats des travaux de coopĂ©ration en dehors de la communautĂ© valorise le groupe.
  • Consolidation du rĂ©seau : cela permet une Ă©valuation et une rĂ©flexion sur la façon de faire vivre la dynamique et de l'ouvrir Ă  d'autres.




  • Parcours "collectif apprenant" :
Les stagiaires produisent collectivement de nouveau contenus.


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  • Parcours projet :
La mise en place d'un projet collaboratif par le stagiaire est un pré-requis, et les activités proposées se réfèrent à ce projet tout au long de la formation. En première semaine, les stagiaires présentent le contexte et l'objet de leur projet, puis ils testent les méthodes et outils proposés sur leur projet et relatent le tout sur un espace personnel d'apprentissage. À chacun des trois regroupements, un point d'étape rend compte des apports de la formation sur le déroulement du projet. La formation-action accélère le projet dans son contexte professionnel et réciproquement, les acquis de la formation sont plus "tangibles" car impliqués dans l'action

Pédagogie impactée par les nouvelles technologies

Un écosystème de formation :
Une méthodologie pour pour passer de la posture d'"animateur de réseaux" à "formateur d'animateurs de réseaux".
Une alternance de moments d'échanges en présence et à distance via des outils internet.
Une utilisation des outils et méthodes collaboratifs durant la formation.
Des moments d'Ă©changes de pratiques.
Du travail individuel sur des projets collaboratifs des stagiaires.
Co-production des connaissances : des rubans pédagogiques de formation.


L'ebook de Cooptic

L'ebook que vous avez entre les mains regroupe les ressources utilisées lors de la formation Cooptic. Certaines ont été rédigées spécialement pour l'ebook car les contenus avaient été présentés oralement lors de la formation. Cet ouvrage est un état nos connaissances dans le domaine de coopération et de la collaboration au moment de sa rédaction, fin 2013. Mais c'est un domaine qui commence juste à être étudié et nous continuons à expérimenter, à imaginer, à essayer, à rêver... Bref, même si la publication de cet ebook est l'aboutissement du projet européen Leonardo Cooptic, ce n'est pas une fin mais juste les premières pierres de nos futurs projets : une centre de ressources sur la collaboration ? Un MOOC ? Ou sans doute quelque chose qui n'existe pas encore !
Bonne lecture et bonnes futures petites expériences irréversible de coopération !

Ils ont participé à l'aventure !


Coordination :
Hélène Laxenaire

Auteurs :
Gatien Bataille
Jean-Michel Cornu
Antoine Delarue
FNAMI LR
Mathilde Guiné
Claire Herrgott
Emilie Hullo
Corinne Lamarche
Hélène Laxenaire
Heather Marsh
Laurent Marseault
Daniel Mathieu
Outils-réseaux
Jordi Picart i Barrot
Manon Pierrel
Frédéric Renier

Violette Roche
Elzbieta Sanojca
SupAgro Florac
Vincent Tardieu
Laurent TĂ©zenas
Françoise Viala
et les stagiaires Animacoop

Dessins :
Eric Grelet

Conception des parcours
Claire d'Hauteville
Hélène Laxenaire
Elzbieta Sanojca

Traduction en français :
Traduction collaborative par des membres du groupe AnimFr (de l'article sur la stimergie)

Traduction en anglais :
Koinos
Suzy Lewis-Vialar
Abdel Guerdane

Traduction en catalan :
Koinos
Jordi Picart i Barrot

Relecture (de la partie française) :
Caroline Seguin

Normalisation des fiches :
Cathy Azema
Gatien Bataille
David Delon
Corinne Lamarche
Hélène Laxenaire
Christian Resche
Cécile Trédaniel

DĂ©veloppement :
Florian Schmitt

Charte graphique :
Imago design

Montage et suivi du projet Leonardo :
Guy LevĂŞque
Cathy Azema
Martine Pedulla
Stéphanie Guinard


Cet ouvrage a été réalisé dans le cadre d'un projet de transfert d'innovation (TOI) financé par l'union européenne au travers du programme Léonardo Da Vinci.

Tous les contenus (textes, images, video) sont sous licence Creative Commons BY-SA 3.0 FR. Cela signifie que vous pouvez librement les diffuser, les modifier et les utiliser dans un contexte commercial. Vous avez deux obligations : citer les auteurs originaux et les contenus que vous créerez à partir des nôtres devront être partagés dans les mêmes conditions, sous licence CC-BY-SA.

Framadate

Auteur de la fiche : Outils-RĂ©seaux et SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Petit outil très simple pour caler une date avec un groupe ou crĂ©er un petit sondage.
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Site officiel : http://framadate.org
Famille d'outils : Calendrier
PrĂ©sentation :
PrĂ©-requis : accès Ă  internet nĂ©cessaire
Quelques applications :
  • Fixer une date de rĂ©union.
  • Choisir un logo.
  • Choisir un nom pour le groupe.
Pour aller plus loin :
  • Ne proposer que des dates oĂą les personnes dont la prĂ©sence est indispensable sont disponibles.
  • Éviter de proposer trop de dates, cela dilue les rĂ©ponses. ConsĂ©quence possible : la date qui a eu le plus de suffrages ne correspond qu'Ă  une minoritĂ© du groupe.
  • Fixer une date de fin du sondage.
  • Attention quand on a plusieurs Framadate en cours : en tenir compte dans ses rĂ©ponses.
Avantages :
  • Il rĂ©pond parfaitement aux besoins des groupes Ă  trouver une date commune.
  • Le fait que les participants voient les rĂ©ponses des autres incitent Ă  trouver un consensus.
  • C'est un outil très très simple d'utilisation, son introduction dans des groupes dĂ©butants peut constituer une première Ă©tape, une "petite expĂ©rience irrĂ©versible".
  • Logiciel libre.
  • HĂ©bergĂ© par une association Loi 1901 : pas d'appropriation, ni de revente des donnĂ©es.
  • Il Ă©vite de bourrer sa boite mail inutilement quand on doit caler une date Ă  plusieurs.
InconvĂ©nients :
  • L'outil ne rĂ©sout pas les problèmes de manque de disponibilitĂ©s.
  • Ce sont les premiers qui rĂ©pondent qui sont le plus avantagĂ©s.
  • Ne convient pas pour les rĂ©unions confidentielles ou les choix secrets car le sondage et les participants sont visibles par tous.
  • Service en ligne maintenu par des bĂ©nĂ©voles : la disponibilitĂ© du service n'est pas garantie.
Licence : Licence libre, Gratuit
Utilisation : Facile
Installation : Ne s'installe pas

Google agenda

Auteur de la fiche : HĂ©lène Laxenaire - SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Google Agenda est un outil Google permettant d'avoir un agenda en ligne (disponible sur un ordinateur ou un smartphone) qui peut ĂŞtre partagĂ© ou publiĂ© sur un site web. Cet outil permet de partager un agenda des Ă©vĂ©nements et rĂ©unions d'une association, de connaĂ®tre le planning des collaborateurs mais aussi de mettre en place un planning de rĂ©servation de ressources (une salle par exemple).
bf_imagegoogle_agenda.png
Famille d'outils : Bureautique en ligne
PrĂ©sentation : Google Agenda est un calendrier en ligne qui peut ĂŞtre visible en ligne et partagĂ©. Il est Ă©galement possible de l'afficher sur un site internet. Google Agenda permet d'importer d'autres planning (crĂ©Ă©s sous Google Agenda ou au format ICS) ce qui permet de pouvoir consulter plusieurs agendas sur la mĂŞme page. Enfin, il permet au sein d'un groupe dont tous les membres utilisent Google Agenda de voir les disponibilitĂ©s des uns et des autres et de les inviter Ă  des rĂ©unions Ă  un jour et Ă  une heure donnĂ©e.
PrĂ©-requis :
  • Avoir un compte Google
Quelques applications :
  • Afficher sur un site internet les prochaines rĂ©unions d'une association.
  • Partager un agenda pour caler l'arrivĂ©e des intervenants Ă  un Ă©vĂ©nement. Toutes les personnes qui rĂ©cupèrent les information des heures d'arrivĂ©e le compilent sur le mĂŞme agenda partagĂ© qui est Ă©galement utilisĂ© pour noter qui va les accueillir Ă  la gare.
  • GĂ©rer le planning des rĂ©servations d'une salle de rĂ©union
Prise en main : Prise en main grâce Ă  ce tutoriel : http://www.apoliade.com/frotsica/images/pdf/numeriquetutogoogleagenda.pdf
Pour aller plus loin :
  • Une visite complète de Google Agenda :

Avantages :
  • Permet de voir d'un seul coup d'oeil les disponibilitĂ©s de tous les membres.
  • Permet de compiler des donnĂ©es impliquant des horaires Ă  plusieurs.
  • PossibilitĂ© d'importation et d'exportation des agendas au format ICS utilisable par d'autres logiciels type Thunderbird, donc l'agenda peut ĂŞtre partagĂ© avec des personnes ne souhaitant pas avoir ou n'ayant pas de compte Google.
InconvĂ©nients :
  • L'agenda est en ligne donc son utilisation est plus contraignante qu'un agenda papier, sauf si on a un smartphone.
  • C'est encore du Google !
Licence : Logiciel propriĂ©taire, Gratuit
Utilisation : Facile
Installation : Ne s'installe pas

Evernote

Auteur de la fiche : Emilie Hullo, Outils RĂ©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Carnet de note virtuel, Evernote est un outil gratuit qui permet de mieux gĂ©rer son information au quotidien en centralisant en un seul et mĂŞme lieu toutes ses donnĂ©es.

L'inscription à ses services est gratuite. Il dispose également d'une version Premium (donc payante) qui propose des applications avancées (1 Go par mois de téléchargement vers votre espace, accès au support technique, meilleure sécurité).
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Site officiel : https://www.evernote.com/
Famille d'outils : Bureautique en ligne
PrĂ©sentation :
PrĂ©-requis : Navigation sur Internet.
Quelques applications : Evernote offre une multitude de fonctionnalitĂ©s :
  • Capturer des pages web comprenant du texte, des liens et des images.
  • Stocker et archiver ses informations sous forme de prise de notes et sur un portail personnel.
  • Organiser et structurer ses notes en les rassemblant par carnets et mots-clĂ©s.
  • Les conserver sans limite de temps.
Prise en main : Guide de prise en main rĂ©alisĂ© par Sylvie Roth et FrĂ©dĂ©ric Soussin, pour CRĂ©ATIF.
Avantages : Simple Ă  utiliser, ce logiciel permet de centraliser toutes ses donnĂ©es via une interface bien rĂ©alisĂ©e et de les synchroniser sur ses diffĂ©rents appareils. Il existe pour une utilisation nomade : iPhone, iPad, BlackBerry, Android etc.) et propose des extensions Ă  installer dans la barre d'outils des navigateurs pour capturer directement les contenus lors de la navigation. Il offre la possibilitĂ© d'effectuer une recherche dans ses notes par mots clĂ©s, par titres ou encore par lieux. Evernote permet Ă©galement de partager ses dossiers avec d'autres utilisateurs.
InconvĂ©nients : Il existe une version du logiciel disponible en ligne sur le web mais Ă©galement une version client du logiciel qui doit ĂŞtre installĂ© sur chaque ordinateur et tĂ©lĂ©phone utilisĂ© (Mac, Win, Android). Il ne gère pas encore les vidĂ©os (sauf le flux d'une webcam) et est dotĂ© d'un Ă©diteur de texte qui reste un peu limitĂ©. Enfin, la version gratuite offre seulement la possibilitĂ© de lire les bloc-notes d'un autre utilisateur et non de les Ă©diter, l'utilisation collaborative d'Evernote est donc limitĂ©e.
Licence : Logiciel propriĂ©taire, Freemium
Utilisation : Il y a plus facile mais aussi plus compliquĂ©
Installation : Facile

Google Documents (Google Drive)

Auteur de la fiche : Emilie Hullo, Outils RĂ©seaux et HĂ©lène Laxenaire, SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Google Docs est une suite de bureautique en ligne, gratuite. Elle comprend un traitement de textes, un tableur, un logiciel de prĂ©sentation, un logiciel permettant de gĂ©nĂ©rer des formulaires en ligne et un logiciel de dessin. Cette suite permet de partager vos documents de bureautique (en lecture ou en Ă©criture) et de rĂ©diger Ă  plusieurs. Depuis le passage Ă  Google Drive il est Ă©galement possible de partager d'autres types de documents.
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Site officiel : https://docs.google.com
Famille d'outils : Bureautique en ligne
PrĂ©sentation :
PrĂ©-requis :
  • Avoir un compte Google (pour crĂ©er et partager un document : les autres participants ne sont pas obligĂ©s d'en avoir un).
  • Savoir utiliser une suite bureautique (traitement de texte, tableur, prĂ©sentation).
Quelques applications :
  • Prise de notes de manière synchrone et Ă  distance lors d'une rĂ©union tĂ©lĂ©phonique.
  • CrĂ©ation d'une enquĂŞte en ligne, les rĂ©sultats Ă©tant compilĂ©s dans un tableau (pour en savoir plus, voir la fiche Outil Google Formulaire
  • Pour prĂ©parer la programmation d'un Ă©vĂ©nement, les organisateurs compilent les noms et les coordonnĂ©es des intervenants potentiels dans un tableau, les donnĂ©es sont ainsi structurĂ©es et permettent un traitement ultĂ©rieur style publipostage.
  • Pour un planning de formation, un tableau est mis en ligne en diffĂ©renciant les droits : les Ă©tudiants peuvent consulter le tableau Ă  jour en temps rĂ©el pour connaĂ®tre leur emploi du temps (mais pas le modifier) et les formateurs peuvent le modifier directement sans avoir Ă  passer par un intermĂ©diaire.
  • Pour rĂ©diger Ă  plusieurs un document demandant une mise en page : rapport, etc...
  • Pour crĂ©er un diaporama qui pourra ensuite facilement ĂŞtre insĂ©rĂ© dans un site internet.
Prise en main :
Avantages :
  • Les fichiers sont en ligne et donc accessibles de n'importe quel poste reliĂ© Ă  internet.
  • Les documents peuvent ĂŞtre rĂ©digĂ©s de manière synchrone (un curseur de couleur indique qui modifie) et asynchrone (un historique permet de savoir qui a modifiĂ© quoi).
  • L'option "partage pour tous les utilisateurs disposant du lien" permet de partager un document et de le modifier Ă  plusieurs mĂŞme si les autres participants n'ont pas de compte Google.
  • le document disponible est toujours la dernière version Ă  jour (ce qui n'est pas le cas quand on transfert les documents via le mail).
  • Les modifications sont compilĂ©es en temps rĂ©el, il n'y a pas de problème de version.
  • Tous les documents sont crĂ©Ă©s et modifiĂ©s Ă  travers Google Document, il n'y a donc pas de problème de format de document comme on peut le retrouver avec des personnes utilisant Open Office et Word (doc, odt), ni de problème de version du logiciel (doc, docx). Tout le monde a le mĂŞme logiciel, avec la mĂŞme version.
  • PossibilitĂ© d'utiliser un tchat Ă  cĂ´tĂ© du document quand on travaille sur un document de manière synchrone mais Ă  distance
InconvĂ©nients :
  • Si on n'a pas internet, on n'a pas le document.
  • Il faut un temps de prise en main avant de saisir toutes les nuances des droits Ă  appliquer aux documents. Attention Ă  ne pas transmettre le lien qui figure dans la barre d'URL quand on veut partager un document mais celle donnĂ©e via le bouton Partage, une fois l'option "Tous les utilisateurs disposant du lien" cochĂ©e, sinon, les personnes ne pourront ouvrir le document. Il faut ĂŞtre particulièrement attentif Ă  cela quand on commence l'utilisation de Google Docs au sein d'un groupe car c'est très dĂ©motivant, si les premières utilisations se soldent par : "Mais je n'arrive pas Ă  ouvrir ton lien !"
  • C'est encore du Google, qui indexe les contenu des documents pour gĂ©nĂ©rer des publicitĂ©s contextuelles et crĂ©Ă© des profils de consommateurs.
Licence : Logiciel propriĂ©taire, Gratuit
Utilisation : Facile
Installation : Ne s'installe pas

Google Formulaire

Auteur de la fiche : SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Outil gratuit de la suite Google Document permettant de crĂ©er des questionnaires disponibles en ligne dont les rĂ©sultats sont recueillis sous la forme d'une page de tableur.
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Site officiel : http://docs.google.com
Famille d'outils : Sondages
PrĂ©sentation :
Si les sous-titres français ne s'affichent pas, cliquez sur CC dans la barre de contrôle de la vidéo
PrĂ©-requis : Avoir un compte Google.
Quelques applications :
  • Fiche de prĂ©sentation des membres d'un rĂ©seau ou des participants Ă  un colloque.
  • Bilan d'une opĂ©ration.
  • Inscription Ă  une rencontre.
  • Recueil des compĂ©tences ou des besoins des membres d'un groupe.
  • CrĂ©ation d'une carte Ă  partir d'une liste d'adresse (fonctions avancĂ©es).

Exemples
Prise en main :

  • Un tutoriel vidĂ©o pour crĂ©er un formulaire
Pour aller plus loin :
Avantages :
  • Simple et rapide Ă  configurer.
  • Permet de rĂ©cupĂ©rer et centraliser facilement des informations, des avis venant d'un grand nombre de personnes.
  • Les rĂ©sultats peuvent ĂŞtre ensuite exporter sous un format Calc ou Excel pour des traitements plus poussĂ©s.
  • Les formulaires peuvent ĂŞtre facilement intĂ©grĂ©s dans un wiki ou un blog.
  • Des gadgets Google permettent de traiter les rĂ©sultats sous la forme de carte ou de graphiques.
InconvĂ©nients :
  • Les donnĂ©es sont stockĂ©es sur le serveur Google (pĂ©rennitĂ©, accès de Google Ă  vos donnĂ©es).
  • FonctionnalitĂ©s de Google Document limitĂ©es pour un traitement poussĂ© des rĂ©sultats
Licence : Logiciel propriĂ©taire, Gratuit
Utilisation : Facile
Installation : Ne s'installe pas

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L'Ă©criture collaborative

Auteur de la fiche : Outils-rĂ©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
Description : Conçu comme un support Ă  la construction d'un savoir collectif, le Web 2.0 a profondĂ©ment amenĂ© Ă  concevoir l'information de manière diffĂ©rente. LibĂ©rant l'Ă©criture de l'univers clĂ´t du support imprimĂ©, il a engendrĂ© une profonde modification dans ce domaine. Il est dĂ©sormais possible d'Ă©crire Ă  plusieurs sur le mĂŞme document et en mĂŞme temps ! Le succès rencontrĂ© par l'EncyclopĂ©die WikipĂ©dia, l'un des sites les plus consultĂ© au monde, a ouvert la voie Ă  de nouvelles pratiques d'Ă©criture. Se dĂ©finissant elle-mĂŞme comme un "projet d'encyclopĂ©die libre, Ă©crite collectivement", elle a dĂ©montrĂ© combien la collaboration Ă©tait porteuse de qualitĂ© et pouvait doter l'Ă©crit d'une plus grande richesse. Richesse pour la communautĂ© qui bĂ©nĂ©ficie de la rencontre de points de vue diffĂ©rentes sur un mĂŞme sujet. Richesse Ă©galement pour l'individu qui participe Ă  un projet qui va le conduire Ă  Ă©laborer de nouvelles stratĂ©gies d'Ă©criture et Ă  se nourrir de nouvelles idĂ©es.

Co-Ă©crire, un processus difficile

La réalisation d'un écrit collaboratif est le fruit d'un processus souvent jugé complexe et difficile. Dans l'article A Taxonomy of Collaborative Writing to Improve Empirical Research, Writing Practice, and Tool Development, paru en 2004, Lowry P.B., Curtis A. et Lowry M.R. expliquent cette difficulté par le fait qu'à la démarche d'écriture individuelle (qui a pour fondement, selon eux, la planification, la traduction et la révision), l'écriture collective ajoutent trois niveaux de complexité supplémentaire :
1. Intellectuelle
2. Sociale
3. Procédurale
Ceux-ci correspondent Ă  trois questions que pose l'Ă©criture collaborative :
1. Comment mutualiser et harmoniser des connaissances individuelles pour produire un savoir collectif ?
2. Comment coordonner les membres et leurs différents avis pour mener à bien ce projet ? Comment dépasser les conflits socio-affectifs générés par cet exercice collectif ?
3. Comment mettre en place une planification et une finalisation commune ?

La dynamique de groupe : la clé de voûte de l'écriture collaborative

En réalité, au-delà de la dimension intellectuelle et procédurale évoquées précédemment, ce qui apparaît véritablement comme la clé de voûte de l'écriture collaborative est la dimension sociale de laquelle va découler le "bon fonctionnement" du reste. Par "dimension sociale", on entend la capacité à créer une dynamique de groupe qui va fédérer chaque membre autour d'un objectif commun (la production d'un texte) et au sein duquel chacun va trouver sa place. Une dynamique qui va faciliter au maximum l'implication de ses membres et sans laquelle tout projet coopératif est voué à l'échec.
L'écriture collaborative peut en effet générer des conflits socio-affectifs (points de vue divergents, sentiment d'être jugé etc.) qui peuvent s'avérer difficiles à dépasser. L'acte de co-écriture nécessite ainsi :
  • Un haut niveau d'interaction rĂ©ciproque entre les membres alimentĂ© par des Ă©changes frĂ©quents.
  • La prise en compte des diffĂ©rents points de vue, la valorisation des apports de chaque membre Ă  la communautĂ©, l'encouragement de chacun Ă  participer, en gardant en tĂŞte cette phrase de Paul Ricoeur "La tolĂ©rance n'est pas une concession que je fais Ă  l'autre, elle est la reconnaissance du principe qu'une partie de la vĂ©ritĂ© m'Ă©chappe."
  • La capacitĂ© de l'animateur Ă  rĂ©guler les conflits sociaux-cognitifs gĂ©nĂ©rĂ©s par les idĂ©es et natures divergentes.
Le travail de l'animateur de réseau va justement être d'apporter une convergence au sein de la communauté et de créer ainsi une dynamique constructive de travail propice à l'implication de chacun :


J-M Cornu - 4. Convergence et conflit

Faciliter la contribution de chacun par la méthode des 6 chapeaux

Afin de favoriser l'implication de chacun et l'émergence de nouvelles idées au sein d'un groupe, le psychologue spécialiste des sciences cognitives Edward de Bono a développé en 1987 la méthode dite des "6 chapeaux". Partant du postulat que la recherche de solutions passe par six phases bien distinctes, celle-ci invite chaque membre du groupe à explorer lors d'une réunion six modes de pensée spécifique, symbolisés par six chapeaux de couleurs différentes.
En résumé, les objectifs sont de :
  • permettre Ă  chaque membre de percevoir une idĂ©e, de la penser, sous un angle diffĂ©rent et ainsi de faire Ă©voluer son point de vue sur une question ;
  • empĂŞcher la censure d'idĂ©es nouvelles au sein d'un groupe ;
  • crĂ©er un climat favorable aux Ă©changes et Ă  la crĂ©ativitĂ©, favoriser la libertĂ© de parole ;
  • rĂ©soudre collaborativement des problèmes ;
  • offrir une vision globale et approfondie de la situation.
Concrètement, une fois le problème posé, chaque membre endosse tour à tour une stature différente en revêtant virtuellement un chapeau et commence à explorer de nouvelles solutions :
  • Le Chapeau blanc symbolise la neutralitĂ©. Lorsqu'elle le porte, la personne doit s'attacher Ă  Ă©noncer simplement les faits, en laissant de cĂ´tĂ© tout ce qui peut relever de l'interprĂ©tation.
  • Le Chapeau rouge : l'Ă©motion. La personne Ă©nonce librement ses sentiments et ses intuitions.
  • Le Chapeau vert : la crĂ©ativitĂ©. Elle cherche des alternatives, en essayant de considĂ©rer le problème sous un angle nouveau.
  • Le Chapeau jaune : la critique positive. Elle "admet ses rĂŞves et ses idĂ©es les plus folles".
  • Le Chapeau noir : la critique nĂ©gative, le jugement. Elle Ă©nonce les faiblesses et les risques que comporte selon elle cette idĂ©e.
  • Le Chapeau bleu : l'organisation, la canalisation des idĂ©es, le processus. Elle s'attache Ă  prendre du recul sur le sujet Ă©noncĂ©.
Cette méthode, qui pousse les participants à sortir de leur mode de pensée habituel, peut s'avérer très utile dans le cadre de la réalisation d'un écrit collectif.

Trois approches pour réaliser un écrit collaboratif

Réaliser un écrit collectif peut se faire de différentes manières, selon trois niveaux de collaboration :
  • Un membre commence par rĂ©diger un article qui est ensuite modifiĂ© et enrichi par un autre membre et ainsi de suite jusqu'Ă  obtenir un "document" jugĂ© complet par le groupe et faisant l'objet d'un consensus.
  • Une approche plus coopĂ©rative que collaborative consiste Ă  ce que chaque membre travaille sur une partie de l'article. Les diverses parties produites sont ensuite reliĂ©es entre elles et harmonisĂ©es pour former un seul et mĂŞme article.
Une variante à cette coopération consiste à ce que chaque membre, selon ses compétences et ses appétences, effectue une partie du travail. Par exemple, un membre rédige, l'autre corrige, le troisième relit etc.
  • Enfin, l'approche la plus collaborative est peut-ĂŞtre celle qui inclut tous les membres de la conception Ă  la rĂ©alisation de l'Ă©crit, celle oĂą il n'y pas vĂ©ritablement de distinction de rĂ´le. Chacun participe ainsi aux diffĂ©rents phases. Nous allons nous arrĂŞter sur les phases d'Ă©laboration que pourrait recouvrir cette dernière.

Les phases d'Ă©laboration : trucs et astuces pour l'Ă©criture participative

Chaque groupe peut trouver sa propre méthode, celle qui lui correspond. Cependant, pour avoir quelques points de repère, voici quelques trucs et astuces pour initier une écriture participative :

1. Faire vivre "une expérience irréversible de coopération"

Rien de mieux pour préparer un groupe à la réalisation d'un écrit collectif que de commencer déjà par lui faire vivre une "Petite Expérience Irréversible de Coopération" (PEIC). Ceci afin de résoudre des points de blocage éventuels, faire naître les premiers échanges et donner du sens à la démarche collaborative. L'une des grandes astuces consiste à utiliser Etherpad, un service en ligne qui permet de prendre des notes à plusieurs personnes simultanément, sur lequel est mis du contenu imparfait, à corriger ou comportant de nombreuses fautes d'orthographe. Ce simple fait va pousser instinctivement les personnes, malgré les barrières qu'elles pourraient avoir, à corriger les fautes. Cette astuce est encore plus efficace quand la faute porte sur le nom d'une personne : au souci de l'orthographe irréprochable, s'ajoute l'ego... Le mal est fait : la personne vit sa première expérience de collaboration !

2. Le brainstorming

Ce premier pas réalisé, une deuxième étape peut être franchie par l'organisation d'un brainstorming collectif c'est-à-dire d'une réunion de collecte d'idées qui permet de rassembler tous les points de vue et les propositions d'écriture du groupe. Cette technique incite les membres à verbaliser les idées, à les confronter entre eux et à les reformuler. Elle stimule en outre la créativité. L'utilisation d'une carte heuristique s'avère très efficace pour recueillir toutes ces données, les hiérarchiser entre elles et offrir une vue d'ensemble. Le principe est simple : l'animateur fabrique une carte mentale qui reprend les points énoncés par chaque membre et les classe par thèmes et sous-thèmes. Projetée à l'écran, celle-ci permet à chacun de voir s'il manque une donnée et d'intervenir ainsi plus facilement. Cela permet de rapidement faire fuser les idées et de prendre en compte chaque point de vue !
De nombreux outils de carte heuristique existent, parmi eux se distingue Freeplane par sa facilité d'utilisation.

3. La rédaction

Une fois ce travail effectué, le groupe est en mesure d'établir un plan de l'écrit à réaliser. A partir de ce plan, le vrai travail de rédaction va commencer. En amont, il peut être utile de tester différentes modalités d'écritures (individuelles ou directement en groupe, dans quel cadre etc.) pour trouver la configuration qui conviendra le mieux au groupe. Une réflexion sur ce qu'induit la publication (= exposition) est également nécessaire.
La rédaction peut se faire au travers d'outils en ligne qui permettent à chaque membre d'éditer et de modifier le document, d'améliorer le travail commun d'écriture et d'avoir une vision en temps réel de l'état du document.
Google Document se prête bien à la rédaction en petit groupe. Il permet de rédiger à plusieurs et en même temps un document en ligne que chacun peut modifier et dont toutes les modifications sont automatiquement intégrées à l'écrit de base. L'avantage de cet outil est que le travail n'est jamais isolé et que les membres peuvent voir la construction au fur et à mesure de l'écrit et par là-même faire évoluer leurs idées sur le sujet.
Pour un plus grand groupe, le wiki peut être une bonne option. Tout comme Google Doc et Etherpad, il permet de publier instantanément toute création ou modification de page et d'avoir une vue d'ensemble mais possède d'autres options intéressantes. Il offre en effet la possibilité de commenter les pages, d'avoir une mise en page des contenus plus visuelle, de décider du moment de l'édition du travail en ligne et de gérer l'historique des rédactions. Il permet ainsi un travail collaboratif peut-être plus structuré.

Petit retour d'expérience d'Animacoop sur la rédaction collective

Lors de la formation Outils-Réseaux "Animer un réseau collaboratif" (Montpellier, octobre-décembre 2010), les formateurs ont proposé au groupe de stagiaires d'Animacoop de rédiger collectivement et à distance, trois articles pour leur newsletter. Les membres du groupe avaient l'habitude de travailler ensemble et écrire un article permettait de valoriser un bien commun, une création. "Pour les formateurs, cet exercice d'écriture était une sorte de défi méthodologique", expliquent les responsables de la formation : "Comment tester la capacité collective de synthèse des contenus transversaux produits durant la formation ? Deuxième défi : comment motiver les stagiaires pour un travail complémentaire et peu anticipé ?"
Le témoignage des stagiaires sur cette expérience (méthode employée, étapes de réalisation, gestion du temps) est à lire en ligne : http://animacoop.net/formation2/wakka.php?wiki=PageArticlerc

Lowry Paul, Curtis Aaron, Lowry Michelle, « A taxonomy of collaborative writing to improve empirical research, writing practice, and tool development », Journal of Business Communication (JBC) 41 (2004/1), p. 66‑99., (consultĂ© le 4 fĂ©vrier 2014).

Crédits illustrations sous licence Creative Commons : by bgblogging, by Yves Guillou.

Pour aller plus loin

ECRITURE COLLABORATIVE dans TRAVAIL COLLABORATIF / ACTIVITES TICE / denisreynaud (denisreynaud)

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L'implication

Auteur de la fiche : Jean Michel Cornu
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
Description :

Les motivations pour faciliter l'implication

Livre "la coopération, nouvelles approches" version 1.0

Paradoxe : Le système EPM

Un projet ne se développe pas simplement parce que les participants font bien ce qu'on leur dit de faire, mais aussi parce qu'ils s'impliquent.

Au début de l'ORTF (Office de Radio et Télévision Française), les équipes travaillaient dans une grande émulation. De nombreuses premières ont ainsi été rendues possibles grâce à des groupes de personnes passionnées qui inventaient la télévision (la façon de filmer une dramatique, le mécanisme d'incrustation qui permet d'ajouter un fond derrière un présentateur...). Il y eut des innovations merveilleuses et bien sûr également de nombreuses erreurs commises.

Pour financer la télévision qui devenait de plus en plus chère, la publicité fut introduite. Petit à petit, un effet pernicieux apparut : Au moment de la publicité, il fallait que le maximum de personnes regardent la télévision. Il ne devenait plus possible de prendre le risque d'un flop. Les orientations des émissions étaient clairement définies et choisies AVANT par les gestionnaires. L'innovation et la créativité devenaient des facteurs de risque. Les personnes qui réalisaient les émissions devinrent les exécutants de projets entièrement définis et calibrés. Ils perdaient au passage le plaisir de la découverte et la reconnaissance lorsqu'ils inventaient quelque chose d'extraordinaire. Une autre forme de reconnaissance était accordée non plus aux innovateurs mais à ceux qui avaient une place visible grâce à la diffusion grandissante du média. Il devenait intéressant de lutter contre les autres pour obtenir les meilleures places, les meilleurs titres et même la célébrité.

Ceux qui ont voulu continuer à innover ou faire de belles choses se sont vus de moins en moins reconnus, se sont découragés et sont tombés dans le système que François de Closet appelle le système EPM ("Et Puis Merde...")1.

Laissez les meilleurs contributeurs s'approprier des morceaux du projet

Lorsque les émissions de télévisions sont devenues des événements critiques, il a fallut supprimer le droit à l'erreur. Mais l'innovation et la créativité sont des processus non robotisés. Elles imposent souvent de nombreux échecs pour arriver à une idée géniale. Une planification précise prévoyant ce qui doit se passer tue l'innovation. Ainsi, Norbert Alter2 explique que les innovateurs ne sont pas reconnus au début et même souvent rejetés.

A l'inverse, une des particularités des projets coopératifs est que le coordinateur-propriétaire ne détient finalement que le droit de modifier comme il le souhaite son projet. Chacun peut aller et venir sur son "territoire". Plus les passants auront envie de s'y arrêter et de s'y établir et plus le projet s'enrichira. Pour retenir les meilleurs contributeurs et les plus actifs, il est bon de leur laisser un petit morceau de la propriété sous la forme d'un sous-projet qu'ils peuvent ensuite coordonner, même si ce qu'ils en font n'est pas prévu au départ.

La clé est d'adopter un "laisser-faire actif" tant que les propositions vont dans le sens du projet. Par exemple, il vaut mieux autant que possible que chacun puisse choisir son rôle, cherchant alors à s'investir dans les fonctions non ou mal remplies pour "trouver sa place", plutôt que d'affecter des rôles à l'avance. La théorie des files d'attente présente bien ce genre de rééquilibrage3.

La contrepartie du don

Comme nous l'avons vu, coopérer à un projet, et même s'investir et donner sans attendre de contrepartie immédiate n'est pas forcément un acte altruiste mais une façon de concilier son intérêt personnel avec l'intérêt collectif en différant et globalisant la contrepartie reçue.

Les biens consommables (ou leur équivalent en argent) sont assez mal adaptés pour constituer une contrepartie efficace, car on se retrouve alors avec un simple échange basé sur une évaluation unitaire de chaque don. Cela montre qu'il est difficile de vivre uniquement du don car nous avons également besoin, entre autre, de biens de consommation pour assurer nos besoins vitaux. Nous verrons cependant que par un effet de ricochet, les gains plus immatériels obtenus dans un système de don peuvent dans un deuxième temps grandement faciliter l'obtention de ces biens matériels.

Les gains que l'on peut s'attendre Ă  recevoir Ă  la suite de ses dons sont de trois ordres :

  • Le savoir-faire
  • Le plaisir
  • La reconnaissance

Dans l'économie d'échange, on obtient en contrepartie de son travail le développement d'un savoir-faire et de l'argent qui permet indirectement de satisfaire ses besoins vitaux et d'acheter ce qui peut faire plaisir (même s'il est possible et souhaitable de prendre du plaisir directement dans son travail).

Dans l'économie du don, on obtient en contre partie de son travail le développement de savoir-faire et du plaisir, ainsi que de la reconnaissance qui permet éventuellement d'obtenir indirectement une valorisation du statut social pour mieux satisfaire ses besoins vitaux.

Le sentiment du travail bien fait constitue également une gratification pour ceux qui y sont sensibles. Il s'agit d'un sentiment personnel indépendant des réactions collectives, nous ne le détaillerons donc pas ici.

Première contrepartie :Le savoir-faire

Toute participation à un projet doit permettre d'acquérir des savoir-faire dans les domaines opérationnels où nous nous impliquons, mais également le sens de la participation et de la gestion de projets. De ce point de vue, on peut comparer l'acquisition de savoir-faire à ce qu'une société dans l'économie d'échange cherche à obtenir avec son budget formation et son budget recherche et développement.

Deuxième contrepartie : Le plaisir

Cela pourrait sembler un bien faible résultat que l'on peut obtenir de bien d'autres façons. Pourtant, dans l'économie d'échange également, une fois nos besoins vitaux remplis, l'argent sert principalement à contenter notre besoin de plaisir et même notre besoin de paraître et notre besoin de montrer à autrui notre réussite sociale au travers de biens plus luxueux et de voyages, spectacles, etc. Dans les projets coopératifs le plaisir n'est plus apporté indirectement grâce aux gains en argent, mais directement par le projet lui-même. Il s'agit même d'un critère primordial dans la gestion du projet : celui-ci doit permettre aux participants d'y trouver du plaisir et en contrepartie, le plaisir agit comme un moteur pour susciter l'implication qui est une des clés de la réussite de tout projet.

Troisième contrepartie : La reconnaissance

Il s'agit d'un gain fondamental dans un projet coopératif libre. De la même façon que l'économie d'échange n'apporte pas directement la satisfaction des besoins vitaux mais apporte l'argent qui permet de les prendre en charge, la reconnaissance apporte par ricochet plusieurs avantages :

  • Un moyen très efficace pour attirer la coopĂ©ration des autres dans les projets que nous pourrions proposer.
  • La satisfaction du besoin de reconnaissance que nous avons tous.
  • L'augmentation des moyens (embauche, promotion) qui rĂ©sulte de façon indirecte de l'estime que nous suscitons ou des titres que nous avons acquis.

Les deux dernières contreparties sont souvent reniées par les purs et durs des projets bénévoles. Le besoin de reconnaissance fait trop penser à sa version pervertie : l'égocentrisme. Quant à l'augmentation des moyens, il n'est possible de l'ignorer que si l'on a résolu tous ses besoins vitaux et obtenu la sécurité. Si cet avantage est souvent nié c'est qu'il comporte des risques importants de déviations comme nous le verrons plus loin. Pour donner une comparaison, la reconnaissance permet d'obtenir ce qu'une société dans l'économie d'échange recherche grâce à son budget marketing ou communication.

De nouveau, quelque chose qui peut sembler négatif dans notre environnement où l'intérêt individuel est antinomique avec l'intérêt collectif, devient un fondement du projet coopératif lorsque l'intérêt individuel et l'intérêt collectif sont réconciliés.

Les déviations de la reconnaissance

La reconnaissance joue dans l'économie du don le rôle de l'argent avec les différences que nous avons déjà identifiées : évaluation globale a posteriori sur tous les dons. La contrepartie n'est pas demandée mais reçue de l'ensemble de la communauté.

Il faut plus de temps pour " toucher " sa première paye, ce qui explique qu'une économie du don marche d'autant mieux que les acteurs ont déjà résolu leurs besoins vitaux et peuvent se concentrer sur d'autres besoins moins urgents (besoin de reconnaissance, plaisir, acquisition de savoir-faire, faciliter la coopération des autres dans des projets futurs...).

Nous avons vu cependant que deux de ces gains au moins (la satisfaction du besoin de reconnaissance et l'augmentation des moyens) comportent des déviations possibles.

En particulier, la satisfaction du besoin de reconnaissance peut pousser à l'égocentrisme. Dans ce cas la reconnaissance n'est plus reçue des autres mais considérée comme un dû. Cependant, grâce à un mécanisme de régulation naturel, la personne qui tombe dans ce travers et qui ne dispose pas de pouvoir de contrainte sur les autres voit ses pairs se détourner d'elle.

Les différents types de reconnaissance

Pour ce qui est de l'augmentation des moyens par l'intermédiaire de l'augmentation du statut social, il faut distinguer plusieurs formes de reconnaissance. Si chacune apporte une forme de pouvoir, il est là aussi nécessaire de voir s'il y est associée ou non une possibilité de contrainte sur les autres.

  • Le titre honorifique n'est normalement obtenu qu'après la fin de sa participation Ă  un projet. Pour que ce type de reconnaissance fonctionne bien, il faut qu'il n'y ait plus d'implication ensuite dans le projet. Le titre apporte alors une mesure de la reconnaissance obtenue sans apporter de pouvoir. Les seules dĂ©viations possibles sont de continuer Ă  avoir une implication et la mauvaise Ă©valuation de la rĂ©compense. Celle-ci risque particulièrement d'arriver si seul une personne ou un petit groupe dĂ©cide d'attribuer le titre. Il est alors possible d'influencer la personne chargĂ©e de l'attribution pour obtenir un titre non mĂ©ritĂ© ou Ă  l'inverse le faire refuser Ă  quelqu'un.
  • L'estime est obtenue pendant le dĂ©roulement du projet et permet Ă  celui qui la reçoit de continuer Ă  agir en attirant plus facilement encore la coopĂ©ration des autres. Son grand inconvĂ©nient est qu'elle n'est pas mesurable (il n'y a pas " d'unitĂ© d'estime "), mĂŞme si elle peut ĂŞtre...estimĂ©e. Mais cette forme de reconnaissance apporte de nombreux avantages. L'Ă©valuation se fait en continu et peut augmenter ou diminuer par un phĂ©nomène d'autocorrection permanent. L'Ă©valuation est distribuĂ©e car elle est rĂ©alisĂ©e par tous. Elle se fait sur ce que l'on a rĂ©alisĂ© et non sur ce que l'on annonce. Elle apporte un pouvoir non contraignant : il sera plus facile d'attirer la coopĂ©ration des autres mais l'estime ne permet pas d'obliger Ă  coopĂ©rer. Enfin dernier avantage, le nombre de personnes qui peuvent recevoir de l'estime n'est pas limitĂ©, nous sommes dans une Ă©conomie d'abondance qui facilite la redistribution de l'estime aux autres.
  • Le titre opĂ©rationnel est obtenu avant de remplir le rĂ´le qui lui est associĂ©. Cette fois, il s'agit d'une mesure facilement identifiable. Mais l'Ă©valuation se fait Ă  un moment donnĂ© par une personne ou un petit groupe sur la base de l'estime obtenue dans d'autres rĂ´les. Le titre peut Ă©galement ĂŞtre obtenu Ă  partir de l'annonce de ce qui va ĂŞtre fait (comme par exemple dans les appels d'offres pour obtenir un contrat). Nous sommes alors complètement dans le domaine du principe de Peters 4 : " Dans une hiĂ©rarchie, toute personne tend Ă  s'Ă©lever jusqu'Ă  atteindre son niveau d'incompĂ©tence ". C'est une des consĂ©quences de ce système d'Ă©valuation " a priori ". Un des points important est que le titre opĂ©rationnel donne la plupart du temps un pouvoir de contrainte sur des " subalternes " que l'on voudrait faire coopĂ©rer. Enfin, le nombre de postes disponibles est limitĂ© et pour pouvoir donner un titre opĂ©rationnel, il faut bien souvent en libĂ©rer un.

Première règle : faciliter les mécanismes de contrepartie

L'un des rôles fondamentaux du coordinateur d'un projet est de faire en sorte que chacun trouve son intérêt dans la coopération avec les autres. Pour cela il est important d'être attentif de façon continue pour faciliter l'apprentissage de choses nouvelles et les moments de plaisir surtout si ceux-ci sont collectifs.

Le coordinateur doit également être attentif au fait que chacun récolte l'estime qu'il mérite. Faire circuler l'information sur les réalisations de chacun, conserver un historique des réalisations sont des moyens efficaces de faciliter l'autorégulation par l'estime.

Deuxième règle : Permettre à chacun de se voir en construisant par étape

Avant même de réaliser de grandes choses, le membre de la communauté va tester inconsciemment la capacité de la communauté à reconnaître ses résultats.

Nous avons vu que plus la taille des groupes était grande et plus il générait d'opportunités. Cela semble aller à l'inverse de la capacité à recevoir de la reconnaissance, les actions étant noyées dans la masse. Pourtant, il est possible d'être visible même dans les grands groupes car c'est le nombre de contributeurs et non le nombre total de personnes qui compte.

Le nombre de contributeurs réguliers est lui limité. Pour permettre à plus de personnes de s'impliquer, il faut alors progressivement segmenter le projet en sous-projets. Tout l'art du coordinateur consiste à faire progresser son projet au bon rythme depuis une idée unifiée jusqu'à la ramification en sous projets, pour permettre à chaque étape à la fois un nombre minimum de contributeurs et que ce nombre ne soit pas un frein à ce que les contributeurs se voient et soient reconnus.

Troisième règle : Ne donnez pas des titres mais des rôles non exclusifs aux participants

La subtilité entre le titre et le rôle est importante. Le titre apporte une concrétisation d'une reconnaissance. Il est souvent exclusif, ce qui bloque la possibilité d'avoir d'autres personnes qui assument le rôle ouvertement si le niveau d'incompétence est atteint. Par ailleurs le titre s'accompagne souvent d'un pouvoir coercitif qui va à l'encontre des mécanismes de régulations par les participants proposés pour les projets coopératifs.

Le rôle non exclusif lui, permet d'orienter et d'inciter un membre à contribuer (en particulier au début lorsque le nombre des contributeurs est faible ou nul). Mais le rôle doit se conquérir à chaque moment pour recevoir de l'estime en contrepartie. S'il ne s'accompagne pas d'un pouvoir coercitif, la personne ayant un rôle devra motiver d'autres contributeurs s'il veut démultiplier ses résultats suivant un processus proche de celui de la mise en place d'un projet complet. La distribution d'un rôle non exclusif à une personne est une motivation à s'impliquer et peut mener par la suite à la coordination d'un sous-projet fructueux.

Résumé

Pour que les contributeurs les plus innovants s'impliquent de plus en plus et restent motivés il faut faciliter les mécanismes naturels de contrepartie :
  • Le dĂ©veloppement de savoir-faire
  • Le plaisir
  • La reconnaissance

Pour cela le coordinateur doit suivre les règles suivantes :
  • Faciliter les mĂ©canismes de contrepartie (savoir-faire, plaisir, reconnaissance).
  • Permettre Ă  chacun de se voir en construisant le projet par Ă©tape.
  • Ne pas donner des titres mais des rĂ´les non exclusifs aux participants pour qu'ils s'approprient des morceaux du projet.

RĂ©duire les risques Ă  s'impliquer dans un groupe

Paradoxe : seuls ceux qui ne font rien ont du temps

Sans doute, si vous avez déjà cherché à rassembler des personnes, êtes-vous tombés sur ce curieux paradoxe : Ceux qui pourraient apporter le plus à une communauté sont soit déjà impliqués dans d'autres groupes, soit ils sont en train de monter leur propre projet. Ils n'ont donc pas le temps nécessaire pour s'investir dans votre projet.

D'autres encore n'ont pas la sécurité matérielle suffisante pour s'engager.

Il reste une troisième classe de personnes qui participent à de très nombreux projets. Ils se joindront avec joie au votre. Mais s'ils peuvent apporter la richesse des liaisons avec d'autres groupes, ils n'auront ni le temps ni l'intérêt de contribuer fortement à votre projet.

Le paradoxe pourrait s'Ă©noncer ainsi : "Sauf exception, les meilleurs contributeurs n'ont pas le temps de s'investir dans votre projet."

RĂ©duire les risques lors de l'engagement

Ceux qui sont sollicités souvent pour participer aux projets ont pris l'habitude de d'abord dire non et éventuellement de réfléchir ensuite. Pour n'avoir que très mal suivi cette règle, je me suis souvent retrouvé surchargé par de trop nombreux engagements. Cela ne peut se faire qu'au détriment de son implication dans les projets auxquels on participe ou que l'on monte.

Cette fois encore, il est nécessaire de faire jouer les mécanismes de régulation. Quelqu'un qui arrive dans un projet ne peut jamais être certain que celui-ci est réellement intéressant pour lui ou même qu'il le restera. Il faut donc minimiser le risque de s'engager dans un nouveau projet.

Pour cela il existe deux critères :

  • L'un dĂ©pend de la personne elle-mĂŞme : On peut s'impliquer lorsque l'on a rĂ©glĂ© ses besoins de sĂ©curitĂ© matĂ©rielle.
  • L'autre dĂ©pend du groupe : L'entrĂ©e dans un groupe ne doit pas ĂŞtre un engagement Ă  y contribuer ou mĂŞme Ă  y rester.

Première Règle : chacun doit disposer d'une sécurité matérielle

Il est nécessaire que chacun ait résolu ses problèmes de sécurité matérielle :

  • Soit en participant au projet dans le cadre de son travail si l'organisation Ă  laquelle il appartient y voit son intĂ©rĂŞt,
  • soit en ayant une marge de manoeuvre suffisante pour participer bĂ©nĂ©volement.

Le financement direct des personnes pour un projet pose des problèmes d'acceptation par les autres personnes non rémunérées et d'obligation de résultats qui imposent d'autres méthodes de travail. Une personne peut cependant être salariée par une organisation participante au projet. Elle est alors payée pour son rôle de lien avec le projet plutôt que directement pour le travail qu'elle fait dans le cadre du projet.

Les communautés ouvertes et fermées

Un domaine important dans la mise en place des projets coopératifs concerne l'aspect ouvert ou fermé des groupes.

Si un coordinateur constitue une communauté d'utilisateurs qui ne peuvent que difficilement faire le choix de sortir de la communauté, alors la communauté est dite fermée. Si au contraire la communauté permet à tout utilisateur de sortir aisément, si les contributions peuvent venir de toute personne, alors la communauté est ouverte. Il semble que quelques règles se détachent pour former un groupe ouvert :

  • Chaque membre de la communautĂ© peut sortir de lui-mĂŞme Ă  tout moment de la communautĂ©. Si un membre perturbe le fonctionnement de la communautĂ©, le coordinateur garde la possibilitĂ© de l'exclure. Il n'a cependant pas le pouvoir de maintenir dans la communautĂ© quelqu'un qui veut en sortir.
  • Il est possible et mĂŞme très positif de faire partie de plusieurs communautĂ©s. Chacun peut choisir librement les groupes auxquels il souhaite participer.

La mise en place d'une communauté ouverte d'utilisateurs-contributeurs est un choix préférable à celui d'une communauté fermée.

Les sectes sont des groupes fermés. L'appartenance à d'autres groupes tout comme la sortie de la secte sont fortement découragés. Le gourou dispose de plus d'un pouvoir de contrainte sur ses membres.

Les critères que nous avons donnés ne concernent pas le mode d'entrée dans la communauté. Il existe des cas où des communautés mettent des freins à l'entrée en utilisant la cooptation ou d'autres mécanismes. Il en existe plusieurs types tels que le noyau de coordination d'un projet lorsqu'il comporte plusieurs personnes ou la communauté des coordinateurs de projet.

Noyau de coordination et groupe de pilotage

Nous avons vu que la grande différence entre les contributeurs et les coordinateurs résidait dans le côté critique ou non critique des tâches exécutées. Ainsi le noyau de coordination d'un projet peut parfois comprendre plusieurs personnes. Dans ce cas, il est préférable de choisir très soigneusement l'équipe de coordination dont chaque membre prendra en charge des tâches critiques. La cooptation est alors le meilleur système. C'est au coordinateur principal de choisir ses partenaires et d'assurer la cohérence de l'équipe.

Les utilisateurs ne choisissent pas chaque membre du noyau de coordination mais sanctionnent l'efficacité de l'équipe de coordination en contribuant ou au contraire en sortant de la communauté. L'information dont ils disposent est un critère clé pour éviter les déviations. Paradoxalement, le fonctionnement est similaire à une bourse de valeurs ou d'un marché financier : On "parie" sur une idée, sur une stratégie, sur une équipe et la sanction est l'accroissement de la demande du titre.

Dans tous les cas, il est préférable que le noyau de coordination (et également le nombre de tâches critiques) reste le plus petit possible pour éviter la complexité grandissante imposée par la loi de Brooks. Dans l'idéal, le coordinateur est seul.

Une solution consiste à former un groupe de pilotage. Celui-ci rassemble des membres de la communauté auxquels on a donné des rôles (non exclusifs et non critiques) pour qu'ils prennent en charge des tâches dont aucune n'est vitale pour le projet. Un tel groupe de pilotage non critique permet alors de disposer de contributeurs particulièrement actifs qui peuvent même prendre en charge la coordination d'un sous projet sans que la défaillance de l'un d'eux ne mette le reste du projet en péril.

La communauté des pairs

La communauté des coordinateurs de projets est un cas de communauté par cooptation : les personnes rentrent dans la communauté lorsqu'elles sont reconnues par leurs pairs. Ici, la communauté n'a qu'un but d'échanges. N'ayant rien à produire en commun, il n'y a pas de tâches critiques. Elle sert principalement à apporter des échanges et de la reconnaissance entre ses membres. Une telle communauté fermée est cependant dangereuse si la reconnaissance n'est basée que sur ses membres et non sur une communauté ouverte d'utilisateurs-contributeurs.

Ainsi, dans les logiciels libres, il existe deux types de communautés. Les hackers (également appelés hackers éthiques pour les distinguer des autres) : Il s'agit souvent de personnes qui mettent en place des projets coopératifs de développement de logiciels libres. Ils tiennent leur reconnaissance (et donc leur statut de hackers), non seulement de la communauté des hackers, mais également des utilisateurs-contributeurs de leurs communautés ouvertes.

Les communautés d'intérêt comme celles des hackers protègent leur cohérence de l'extérieur par des mécanismes de sélection :

  • Le vocabulaire ou le contexte social permet la reconnaissance entre les membres.
  • La nĂ©cessitĂ© d'un temps d'initiation permet d'acquĂ©rir des qualitĂ©s nĂ©cessaires pour ĂŞtre reconnu comme membre du groupe (compĂ©tences techniques, patience, sens du compromis...). Les secrets doivent ĂŞtre dĂ©couverts progressivement.

A l'inverse, les " crackers " sont des pirates informatiques qui développent en secret des virus ou piratent des sites Internet. La communauté des crackers est formée des personnes qui se reconnaissent entre eux comme crackers. S'ils ont l'équivalent d'utilisateurs (qui le sont bien malgré eux !), ils n'ont pas de communauté ouverte de contributeurs. La régulation par l'implication des utilisateurs-contributeurs ne peut pas se faire.

Une communauté dont l'entrée n'est pas ouverte n'est donc pas nécessairement une mauvaise chose si elle permet de constituer un noyau de coordination cohérent par cooptation ou permet des échanges entre des personnes ayant une culture commune. Cependant elle doit permettre la sortie et la multi-appartenance pour rester ouverte et elle doit être basée sur d'autres communautés ouvertes pour permettre les mécanismes de régulation de la reconnaissance et ainsi éviter les déviations.

Deuxième règle : Entrer dans un projet ne doit être un engagement ni à y contribuer ni à y rester

Cette "ouverture" peut apparaître comme un inconvénient, et il semblerait plus intéressant à court terme de rendre ses utilisateurs "captifs". Mais la véritable évaluation du projet passe par l'estime qu'en ont les utilisateurs qui choisissent de contribuer ou au contraire de partir. Les remises en questions imposées par cette évaluation permanente poussent le projet vers un cercle vertueux de qualité. Bien sûr le coordinateur garde cependant le pouvoir d'exclure un membre qui perturberait le fonctionnement d'ensemble.

Résumé

Pour que les bons contributeurs ne perçoivent pas la participation à votre projet comme un engagement à risque, il faut à la fois qu'ils aient une certaine sécurité matérielle mais aussi que le groupe soit ouvert.
Un groupe ouvert permet Ă  chacun de sortir Ă  tout moment et encourage la multi-appartenance Ă  l'initiative du membre.

Pour minimiser le risque de s'engager dans un projet il faut :

  • Disposer d'une sĂ©curitĂ© matĂ©rielle pour chacun.
  • Entrer dans un projet ne doit ĂŞtre un engagement ni Ă  y contribuer ni Ă  y rester.


L'implication : abaisser le seuil de passage Ă  l'acte

Paradoxe : le train est parti

Si vous arrivez juste à temps pour attraper votre train, vous pourrez monter dedans et voyager comme prévu. Si vous arrivez 20 minutes à l'avance, vous avez une marge de sécurité et la durée totale de votre voyage (attentes comprises) sera allongée de 20 minutes. Mais si vous arrivez quelques secondes après le départ du train, alors tout votre voyage est chamboulé car vous avez raté votre train !

Nous avons souvent une vision linéaire des choses. Mais de nombreux phénomènes se produisent de façon non linéaire en fonction d'un seuil. Un domaine où l'on rencontre souvent ce genre de seuil et de basculement est la psychologie.

Abaisser le "seuil de passage Ă  l'acte"

Le passage à l'acte chez l'être humain correspond à un basculement brutal. La théorie mathématique du chaos exprime bien le seuil qui fait passer de l'attitude passive à la coopération5. Ce seuil dépend de chaque personne mais aussi de l'environnement.

Exemple : inciter Ă  l'action en envoyant un message Ă©lectronique

Prenons par exemple un message Internet demandant aux utilisateurs de regarder une page spécifique de votre site web. Si l'adresse de la page est dans le message et que l'utilisateur n'a plus qu'à cliquer, vous aurez bien plus de personnes qui iront voir votre page que si vous considérez qu'ils ont déjà l'adresse de votre site et qu'ils peuvent très bien se débrouiller pour la retrouver. L'ennemie dans ce cas est la phrase que l'on entend beaucoup trop dans des projets : "c'est leur problème !".
Si le coordinateur propose dans un message à ses utilisateurs de contribuer activement, il doit redonner tous les éléments afin que ceux qui reçoivent son message n'aient pas à rechercher des informations supplémentaires pour contribuer. Sinon il ne pourra que se lamenter du manque de dynamisme de ses utilisateurs. Il en sera pourtant le premier responsable. Réfléchissez un instant aux différentes fois dans votre vie où vous vous êtes impliqués et à celles où finalement vous n'avez rien fait. Votre attitude dépendait de votre intérêt direct pour ce qui est proposé, de la dynamique du groupe, mais aussi de petits détails apparemment insignifiants qui ont facilité ou non votre première action.


Donner l'autorisation d'utilisation et de modification a priori grâce à une licence plutôt que d'imposer une demande d'autorisation avant toute action est un autre exemple d'éléments qui facilitent le passage à l'acte.

Première règle : KISS (Keep It Simple and Stupid - Restez bête et simple)

Un projet trouvera des contributeurs si ceux-ci arrivent à comprendre ce qu'a voulu faire l'initiateur. A chaque étape, les choix doivent être simples et compréhensibles. Ce sont d'ailleurs le plus souvent les solutions simples qui sont les meilleures.

Il existe une règle d'or pour faciliter les actions des contributeurs. Elle tient en 4 lettres :
K.I.S.S (Keep It Simple and Stupid - Restez bĂŞte et simple).

Ne considérez surtout pas que tous les participants à votre projet ont une compréhension aussi bonne que vous qui en êtes au coeur. Il y a plusieurs raisons pour cela :

Les informations que vous communiquez à vos participants doivent probablement être plus facilement compréhensibles avec votre tournure d'esprit qu'avec la leur.
Vos participants n'ont pas eu accès à l'ensemble des informations, en particulier celles qui vous ont semblé suffisamment évidentes pour que vous ne leur transmettiez pas.
Enfin, même si certains contributeurs peuvent être très impliqués, ils le seront toujours moins que vous et donc sélectionnent et assimilent mieux le sous-ensemble des informations qui les concerne dans le projet.

Deuxième règle : Soyez réactif avant tout

A l'opposé, un projet présenté de longue date et qui ne démarre pas laisse le participant potentiel dans une attitude de non-participation qu'il sera difficile de lui faire quitter. Attention donc aux promesses d'actions qui sont retardées. Ces retards au démarrage sont fréquents dans les projets traditionnels basés sur des contraintes (par exemple financières). Ils tuent la motivation et l'opportunité de faire basculer les participants potentiels vers la coopération.

Être réactif... Cette règle peut sembler toute simple mais c'est souvent elle qui fait la réussite ou l'échec de l'implication des personnes. Il faut bien comprendre que le mécanisme qui permet d'agir évolue dans le temps. Plus le temps passe et plus il devient difficile d'agir. A chaque instant le seuil se met à remonter.

En gestion du temps, il est toujours recommandé de commencer tout de suite ce que l'on a à faire. Sinon il faudra encore plus de volonté pour le faire plus tard. La "maladie" qui consiste à reporter à plus tard s'appelle la "procrastination".

Si vous souhaitez coordonner un projet, ne cherchez pas à être simplement réactif : cherchez à surprendre vos membres en étant hyper-réactif ! Vous verrez qu'ainsi, non seulement vous habituerez vos contributeurs à être eux-mêmes réactifs, mais également ils se sentiront plus reconnus, si vous réagissez promptement à leurs suggestions et vous sauverez également un temps énorme simplement en réagissant souvent et rapidement.

Résumé

Outre l'augmentation de la motivation et la minimisation des risques, le secret de l'implication est dans l'abaissement du seuil de passage Ă  l'acte.

Deux règles sont indispensables pour abaisser le seuil
  • KISS (Keep It Simple and Stupid - Restez bĂŞte et simple)
  • Le secret : soyez hyper-rĂ©actifs


1 François de Closet, "Le système EPM. Et puis merde", Paris, Ed. Grasset
2 Norbert Alter, "Sociologie de l'entreprise et de l'innovation, Paris, PUF, 1996
3 Théorie des files d'attentes (queeing theory) en recherche opérationnelle, voir par exemple http://chronomath.irem.univ-mrs.fr/LudoMath/ro.html "methods of operations research", par P.M. Morse et G.E. Kimball, Chapman et Hall, Londres, 1950
4 Laurence J. Peters & Raymond Hull, "The Peter Principle : why things always go wrong", Morrow William & Co (1969) "in a hierarchy, every employee tends to rise to his level of incompetence." Voir Ă©galement une interview de Peters sur http://www.reasonmag.com/9710/int.peters.html
5 Voir par exemple sur http://www.ping.be/chaoflight/pageen/bookchaos.htm et en particulier : Ilya Prigogine, "les lois du Chaos", Flammarion, Paris 1997

Source : Jean-Michel Cornu - La coopĂ©ration, nouvelles approches. [en ligne]. [Consulté le 29 janvier 2014]. Disponible Ă  l’adresse : http://www.cornu.eu.org/texts/cooperation

Crédits photo : Via catalana by SBA73 sur Flickr - CC-BY-SA

Les TIC au service de projets territoriaux

Auteur de la fiche : Outils-rĂ©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
Description :
Carte ProjetTerritoire 2
L'inscription des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans les territoires pose un certain nombre de questions, résumées ainsi par les différents contributeurs de l'ouvrage Des TIC et des territoires. Quelles conséquences des technologies de l'information et de la communications sur la vie urbaine, les territoires et la mobilité ? (2005) :
  • L'Ă©mergence du virtuel signifie-t-elle la fin des distances et des territoires ?
  • Dans quelle mesure les TIC peuvent-elles contribuer au dĂ©veloppement des territoires, et Ă©ventuellement Ă  la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s spatiales ?
  • Les nouveaux outils peuvent-ils accompagner utilement les processus de concertation et de dĂ©bat public et la construction d'une dĂ©mocratie en rĂ©seau ?
  • Comment concilier trois logiques d'appropriation des TIC : individuelle, de rĂ©organisation des formes de travail et une dernière mi-individuelle, mi-publique, oĂą l'enjeu est d'utiliser le potentiel des TIC au profit de finalitĂ©s collectives ?

En résumé : freins et facteurs de réussite

1. Les freins

  • Les projets de territoires portent gĂ©nĂ©ralement une forte dimension politique, qu'ils soient ou non portĂ©s par une collectivitĂ© : lorsque on aborde la notion de "territoire", celle de "pouvoir" n'est jamais loin..., une dimension Ă  prendre en compte.
  • Attention aux personnes venimeuses : sur le territoire local, la mise en ligne d'outils d'expression publique peut constituer un outil au service de personnes mal intentionnĂ©es, qui ne parviennent pas Ă  exprimer leurs idĂ©es dans les règles du dĂ©bat dĂ©mocratique.

2. Les facteurs de réussite

Des acteurs clés
  • Les habitants du territoire ! Ils doivent ĂŞtre parties prenantes et pour cela il faut du temps !
  • Les dĂ©cideurs (et financeurs potentiels des actions) : sans eux, sans leur soutien, il est difficile de faire Ă©merger des projets pĂ©rennes et qui mobilisent Ă  grande Ă©chelle.
  • Des facilitateurs incontournables : les EPN (Espaces Publics NumĂ©riques), pour accompagner le public aux nouveaux outils et usages.
  • Un tissu associatif dense et disposĂ© Ă  coopĂ©rer.

Un projet en phase avec le territoire

  • Un diagnostic de territoire : les caractĂ©ristiques (et problĂ©matiques) vont orienter les projets possibles et leurs objectifs. Par exemple, les projets seront diffĂ©rents entre des territoires : vastes / très rĂ©duits, ruraux enclavĂ©s / urbains, avec une population vieillissante / une population mixĂ©e et dĂ©racinĂ©e... Attention aux diagnostics de territoire rĂ©alisĂ©s par des personnes extĂ©rieures sans concertation avec la population. Il faut privilĂ©gier une analyse participative (observatoire permanent).
  • Ne pas ĂŞtre que virtuel : le projet doit s'ancrer dans la rĂ©alitĂ© du territoire : rendre visibles et interconnecter des Ă©vĂ©nements qui se passent sur le territoire, des initiatives...

Des réponses pour le territoire ? : retours d'expérience

Pour se donner une idée de ce qu'il est possible de faire, explorons quelques dimensions offertes par les TIC lorsqu'elles s'invitent dans des projets territoriaux pour :

1. Créer du lien entre les habitants

Dans beaucoup d'autres types de projets, le renforcement des liens entre les habitants d'un territoire constitue un objectif transversal : entre les générations, les milieux sociaux, pour lutter contre l'isolement, décloisonner les acteurs et créer de l'innovation...

Des outils supports pour l'organisation d'événements locaux
  • Repas de quartiers.
  • JournĂ©e du voisin.
  • Petites annonces.

Des réseaux sociaux
  • La Ruche (Ă  Rennes, et Brest) : un rĂ©seau social local.
  • Peuplade : le site qui relie les voisins.

Des réseaux thématiques locaux
  • Annuaires des acteurs, des compĂ©tences...
  • En Ă©ducation Ă  l'environnement : Coopere 34 (HĂ©rault), APLRE.

2. Inventorier les ressources et créer du bien commun

Inventaires participatifs.
  • Inventaires naturalistes :
  • L'ONEM : inventaire d'espèces protĂ©gĂ©es en rĂ©gion mĂ©diterranĂ©enne.
  • Wikis territoriaux : "Un wiki territorial est un wiki hĂ©bergeant une base de connaissances liĂ©e Ă  un espace gĂ©ographique : territoire, commune, rĂ©gion. InitiĂ©s tantĂ´t par une collectivitĂ© territoriale, une association ou des bĂ©nĂ©voles il vise Ă  dĂ©velopper une Ă©criture collaborative sur un territoire." (Wikipedia)
  • wiki-brest
  • wiki-manche
  • Picardia
  • wiki-Toulouse
  • WikiPompignan (Languedoc-Roussillon)
  • Carto party : rĂ©aliser collectivement une carte du territoire avec Openstreetmap (application permettant de rĂ©aliser un fonds de carte libre de droits) et Chimere (pour ajouter une couche avec des donnĂ©es propres au territoire : patrimoine, ressources, points d'intĂ©rĂŞt..., sans surcharger Openstreetmap) :
  • Carto party de Plouarzel : la première commune française a ĂŞtre intĂ©gralement cartographiĂ©e dans Open Street Map.

Libération des données publiques
Les données publiques financées par de l'argent public devraient être réutilisables par tous. Or elles sont la plupart du temps protégées par copyright. Pourtant les libérer serait un puissant moteur d'innovation pour créer de nouveaux services, de nouvelles valeurs. Plusieurs territoires se sont donc engagés dans cette voie, ouverte par l'Angleterre ou les États-Unis :

3. Valoriser le territoire

Ses ressources, son patrimoine, ses initiatives...
Sites portail de territoire
Les premiers types de dispositifs à avoir été mis en place.
Agrégation de flux RSS
Les flux RSS permettent de regrouper, "agréger" toute l'information et l'actualité produite et relative au territoire (Voir le cours sur les flux RSS pour plus de détails). Ils permettent de rendre visible à peu de frais le dynamisme du territoire.
Calendriers territoriaux
Réunir et diffuser sur plusieurs sites les actualités et événements du territoire grâce aux formats standards.
Base de données des ressources du territoire
Balades scientifiques (par Connaisciences) : inventaire du patrimoine scientifique en région Languedoc-Roussillon.
Réalité augmentée
Des projets en devenir ?
Territoires sonores : un site dédié à la valorisation du territoire du Cap de la Chèvre en utilisant le média sonore.
Web mobile à Rennes : l'information municipale disponible "On the air" via un téléphone portable (Voir mobile.rennes.fr).

4. Permettre la participation, l'expression citoyenne

Forums
Forums de villes, de quartier, sur les sites institutionnels ou associatifs : ces dispositifs sont nombreux sur Internet et font partie des premiers outils mis en place dans le cadre de projets territoriaux.
Blog de quartier
  • Bondyblog de la ville de Bondy, en rĂ©gion parisienne, l'un des plus connus, et ses Ă©mules : Lausanne, Dakar...
TV participative - Vidéon : l'association des télés participatives - Plg TV (Pays des Landes de Gascogne) - O2zone TV à Air Bel (Marseille) Débats participatifs - Animation de débat sur l'avenir des garrigues (Les Ecologistes de l'Euzière, Languedoc-Roussillon) avec Freemind. - Wiki mis en place par la ville de Clermont-Ferrand pour une concertation avec la population en matière d'aménagement urbain - Internet au service de l'urbanisme participatif à Ivry-sur-Seine (Artesi)
Création multimédia participative
  • etoileur (par Kawenga Ă  Montpellier) : "e-toileur" est un projet d'accompagnement qui permet d'accueillir dans un Lieux d'Accès MultimĂ©dias un artiste /intervenant et de dĂ©velopper avec lui une action culturelle.
  • L'Audiomaton est un dispositif crĂ©Ă© par l'artiste CĂ©cile Guigny, il met Ă  disposition un ancien Photomaton, transformĂ© en un système simple d'enregistrement sonore. Dans le cadre d'un Ă©vĂ©nement (FĂŞte de l'Internet...), les tĂ©moignages des usagers peuvent ĂŞtre mis en ligne et venir alimenter une audiothèque.

5. Rendre plus accessibles des services

e-administration
Impôts, Pôle emploi, démarches administratives... : Les administrations proposent (ou imposent) de plus en plus leurs services en ligne. Le fondement de ce mouvement de fonds est de rendre plus accessibles ces services publics, même dans les territoires les plus enclavés. Cette dématérialisation abolit certes les distance physiques, mais attention à ne pas oublier la barrière technologique qui laisse encore de côté de nombreux "exclus numériques".
Télétravail
Délocaliser les activités professionnelles et créer des espaces partagés de travail dans des zones moins centrales : http://www.zevillage.net/
E-Ă©ducation et FOAD
Les ressources pédagogiques dématérialisées.

6. Au service du développement durable des territoires

C'est un des enjeux forts auquel sont confrontés actuellement nos territoires : comment se développer sans hypothéquer un développement futur ?
Dans cette optique, sont mis en avant :
  • la possibilitĂ© de dĂ©matĂ©rialiser les services et activitĂ©s comme Ă©lĂ©ment pour rĂ©duire le bilan carbone.
  • la possibilitĂ© de concertation, participation des habitants.

7. Pour interconnecter des territoires (dimension interculturelle)

Les TIC et Internet abolissent d'une certaine façon les distances, accroissant ainsi les possibilités d'interconnecter des territoires distants.
Les TIC sont ainsi largement appropriés par les migrants (notion de "migrants connectés").

Cartographie des outils correspondants

Outils au service de projets territoriaux dans (emilielf)

Ressources

  • Une mine de ressources sur le thème ! « La Fonderie - Agence NumĂ©rique d’ĂŻle de France » [en ligne], disponible sur <http://www.lafonderie-idf.fr/>, (consultĂ© le 4 fĂ©vrier 2014).
  • Ministère de l’Ă©cologie du DĂ©veloppement durable et de l’Énergie, « TIC (des) et des territoires. Quelles consĂ©quences des technologies de l’information et de la communications sur la vie urbaine, les territoires et la mobilitĂ© ? », Techniques, territoires et sociĂ©tĂ©s (2005/37), p. 355., [en ligne], disponible sur <http://www.lafonderie-idf.fr/>,(consultĂ© le 4 fĂ©vrier 2014).
  • LabĂ©lisation de territoires innovants : « Les interconnectĂ©s - technologies et innovations pour les territoires » [en ligne], disponible sur <http://www.interconnectes.com/fr/>, (consultĂ© le 4 fĂ©vrier 2014).

Quels outils pour quoi faire ? (selon l'évolution du réseau)

Auteur de la fiche : Outils-rĂ©seaux
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Description : Il existe de nombreux outils pour fonctionner en rĂ©seau, les outils collaboratifs, dont de nombreux sont disponibles en logiciels libres. Ils offrent des champs d'application très ouverts. Mais il est parfois difficile de s'y retrouver dans cette profusion d'outils et de fonctionnalitĂ©s.

Vie d'un RĂ©seau

La création des réseaux : 5 processus fondamentaux

image Etapes réseau


Ces processus sont simultanés. Ils guident le cheminement des nouveaux arrivants.

Des outils pour chaque étape de la vie du réseau


Processus Fonction "Petites flèches" Outils privilégiés
Formation Création de l'identité du réseau Regroupement des flèches de même couleur Liste de discussion générale et cartographie dynamique des membres du réseau
Information Échanges d'informations entre les membres du réseau Regroupement des flèches ayant la même direction Listes de discussion thématiques, forums, news
Transformation Montage de projets collectifs Émergence des "grosses flèches" des projets Ateliers et outils de support des projets
Rayonnement Interaction avec le monde environnant Action des flèches projets sur les autres flèches de l'entour Diffusion des données sur un site Internet (avec les CMS : intégration dynamique de contenu)
Consolidation Ouverture et poursuite de la dynamique Perméabilité (tirets) à de nouveaux membres et conservation d'une dynamique interne (spirale) Accueil des nouveaux, classement des infos, présence d'un historique

Formation du réseau

Cette première étape consiste à rendre visible l'appartenance au réseau. Il importe en effet que tout nouvel acteur soit immédiatement visible, à la fois pour lui-même (existe bien dans le réseau et celui-ci me reconnaît) et pour les autres.
Les outils indispensables pour cette première étape correspondent, lors d'une rencontre physique, au traditionnel "tour de table".

Description : des outils pour réaliser des questionnaires en ligne. Certains traitent les réponses statistiquement (réalisation de graphiques, pourcentages).

Information du réseau

Il ne suffit pas de dire "j'appartiens au réseau" pour en être partie prenante, il faut aussi dire ce qui nous passionne, ce que l'on veut y faire, avec qui on veut le faire ; Pour cela, il faut que les membres du réseau puissent échanger efficacement des informations, discuter entre eux, se regrouper par affinité et rendre visible les thèmes de discussion qui pourront être à l'origine des futurs projets.
RĂ©seaux sociaux :

Transformation du réseau

Cette étape - en fait il s'agit d'un processus permanent - est identifiée à l'émergence, à la création et au montage des projets. Il s'agit bien d'une transformation au sein du réseau, puisque celui-ci se met à créer de l'organisation et à devenir opérationnel au travers de ses projets.
Les outils nécessaires lors de cette étape sont ceux qui permettent de travailler en commun sur des projets, ils correspondent donc à toute la batterie des outils collaboratifs, pour partager des documents et de l'information, co-rédiger, échanger, se synchroniser et réfléchir ensemble.
Partage de document :
Wiki :
Bureautique en ligne :
Agenda
Carte heuristique :
Chat :
Bookmarking social :

Rayonnement du réseau

Le réseau est maintenant perçu au travers des projets qu'il héberge et anime et il entre en interaction avec son environnement.
Ces interactions peuvent se faire à différents niveaux : interaction avec le public dans le cadre des projets, interaction avec les partenaires institutionnels qui soutiennent et encouragent les projets, interaction avec d'autres réseaux pour échanger ou transférer des compétences, des expériences...
CMS : content management system
RSS :

Consolidation du réseau

Cette étape vise en fait à garantir que, même si le réseau a vécu avec certains de ses membres les 4 premières étapes, il reste ouvert à de nouveau membres.
Dans cette étape, les outils sont plutôt méthodologiques (historique du réseau, charte, guide du nouveau membre, mode d'emploi pour participer...).
Mais certains outils techniques aident à visualiser plus facilement l'activité d'un réseau ayant beaucoup de contenu.
Nuage de tags :


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Quels outils pour quoi faire ? (selon le type de groupe)

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Description :

Grille de décision

Quel type de groupe ?

TAILLE : gérer la parole PETIT GROUPE : échanges immédiats GROUPE MOYEN : faciliter les échanges GRAND GROUPE : gérer la quantité d'échanges
ETENDUE : renforcer les liens GROUPE LOCAL : se synchroniser GROUPE NATIONAL : retrouver le local GROUPE MONDIAL : retrouver le national
VOCATION : adapter les outils aux objectifs CONVIVIALITE : maîtriser l'informel PRODUCTION : maîtriser les tâches critiques pour Co-construire DIFFUSION : publier et se faire connaître
MATURITÉ : vers l'autonomie ENFANT : initier le premier pas ADOLESCENT : gérer les conflits ADULTE : rester ouvert et jeune

PETIT GROUPE : Échanges immédiats

  • Courrier Ă©lectronique.
  • Outils de communication synchrone.
Cette famille d'outils regroupe tous ceux qui permettent de dialoguer en direct et Ă  distance :
  • - Les outils de chat ou de messagerie instantanĂ©e : on dialogue par Ă©crit en temps quasi-synchrone.
  • - Les outils de tĂ©lĂ©phonie par IP : on peut discuter Ă  l'oral (transmission de la voix).
  • - Les outils de visio-confĂ©rence : on peut dialoguer par oral et se voir (transmission du son et de l'image).

GROUPE MOYEN : faciliter les Ă©changes

  • Liste de discussion, de diffusion, forum
Description : Une liste de discussion ou liste de diffusion est une utilisation spécifique du courrier électronique qui permet le publipostage d'informations aux utilisateurs qui y sont inscrits.
  • Liste de discussion : liste d'Ă©change, par courrier Ă©lectronique, sur un sujet ou pour un groupe. Tout le monde peut Ă©crire Ă  la liste, tout le monde reçoit ce qui Ă©crit Ă  la liste (n vers n).
  • Liste de diffusion : liste en lecture seule, par courrier Ă©lectronique, pour diffuser par exemple une lettre information ou "newsletter". La lettre est diffusĂ©e Ă  tout le monde mais aucun des destinataires ne peut intervenir dessus ou communiquer vers les autres inscrits Ă  la liste de diffusion (1 vers n).

  • Forum Web : liste de discussion "en ligne" : on consulte, on crĂ©e un message et on rĂ©pond via son navigateur Web. Les messages sont classĂ©s par fils de discussion.

GRAND GROUPE : Gérer la quantité d'échanges

  • Nuage de mots clĂ©s
Le nuage de mots-clefs (tag cloud en anglais) est une représentation visuelle des mots-clefs (tags) les plus utilisés sur un site web. Généralement, les mots s'affichent dans des polices de caractères d'autant plus grandes qu'ils sont utilisés ou populaires.
Voir la définition de Wikipedia
Synthèses : voir l'exemple de l'utilisation des listes à Tela Botanica

GROUPE LOCAL : Se synchroniser

  • Agenda partagĂ©
Des agendas visibles sur Internet et que l'on peut compléter à plusieurs.

GROUPE NATIONAL : Retrouver le local

  • Annuaires
Il n'existe pas d'outils clés en main pour réaliser des annuaires. Mais c'est un outil qui est souvent présent dans d'autre systèmes :
  • les outils de rĂ©seaux sociaux permettent par exemple de crĂ©er un annuaire des membres,
  • les CMS proposent gĂ©nĂ©ralement une inscription informatique et proposent ainsi une liste de membres, on peut crĂ©er une liste de membre dans un wiki en ouvrant une page pour chacun.

  • Cartographie
Des systèmes pour installer des cartographies interactives sur un site Internet. On peut s'en servir pour cartographier une communauté, un réseau en création : indispensable pour initier de la coopération !

GROUPE MONDIAL : Retrouver le national

CONVIVIALITÉ : Maîtriser l'informel

  • Trombinoscope
  • RĂ©seaux sociaux et micro-blogging
Les réseaux sociaux : service basé sur le web qui permet aux individus de construire un profil public ou semi-public dans un système limité, d'articuler une liste d'utilisateurs auxquels ils sont reliés, de voir et de naviguer à travers leurs propres relations et celles faites par les autres utilisateurs.
Voir une vidéo expliquant le concept par Common Craft
Une présentation sur les réseaux sociaux
  • Le micro-blog (parfois appelĂ© mini-blogue) :
  • C'est un dĂ©rivĂ© concis du blog, qui permet de publier un court article, plus court que dans les blogs classiques, les articles pouvant ĂŞtre de type texte court, mais peuvent Ă©galement contenir une image ou mĂŞme une vidĂ©o embarquĂ©e, Les flux d'agrĂ©gation sont plus lĂ©gers que dans les blogs traditionnels et peuvent contenir tout le message. La diffusion peut Ă©galement ĂŞtre restreinte par l'Ă©diteur Ă  un cercle de personnes dĂ©sirĂ©es. (article issu de Wikipedia)

PRODUCTION : Maîtriser les tâches critiques pour Co-construire

  • Wiki
  • Partage de documents :
Dans un groupe, il est souvent indispensable de partager des documents et des ressources. Pour cela, il existe soit des systèmes en ligne prêts à l'emploi ou des logiciels libres à installer sur un hébergement. L'idéal est de choisir des dispositifs qui permettent une synchronisation.
  • Bureautique en ligne :
De plus en plus, on peut transférer son bureau sur Internet : les outils de bureautique en ligne sont de plus en plus utilisés. Leur avantage est de permettre une utilisation collective et en temps réel : idéal pour impulser de la coopération !
  • Bookmarking social :
Le social bookmarking (en français "marque-page social", "navigation sociale" ou "partage de signets") est une façon pour les internautes de stocker, de classer, de chercher et de partager leurs liens favoris.
Définition issue de Wikipédia
  • Carte heuristique :
Appelé aussi carte mentale (mind map en anglais), c'est une méthode de communication et de transmission des informations entre les personnes, sous forme graphique. Il s'agit de mettre au centre de la feuille le thème principal (mot ou dessin) et de développer à partir de là des branches contenant les différentes idées se rapportant au thème. Concept inventé par le mathématicien Tony Buzan dans les années 60.
Références :

DIFFUSION : Publier et se faire connaître

  • Lettre d'actualitĂ© et liste de diffusion.
  • CMS
Content Management System, ou Système de Gestion de Contenu. Désigne une catégorie de logiciels facilitant la création, la mise à jour et la publication du contenu d'un site web. Parmi les outils les plus connus de cette catégorie : SPIP, Mambo (devenu Joomla), Ez Publish, Typo 3...
  • Flux RSS et syndication
On appelle "RSS" ("Rich Site Summary" ou "Really Simple Syndication") un format de données utilisé pour diffuser les mises à jour de sites dont le contenu change fréquemment, sites d'information, blogs...Un flux RSS contient généralement le titre de l'information, une description synthétique et un lien vers une page décrivant plus en détail l'information. Le fichier RSS, appelé également flux RSS, canal RSS, fil RSS ou fil d'info, est maintenu à jour afin de proposer en temps réel les dernières informations publiées.
Il existe deux façons d'utiliser RSS :
  • pour une utilisation personnelle. Il est alors nĂ©cessaire de disposer d'un outil spĂ©cifique, appelĂ© "lecteur RSS" ou encore "agrĂ©gateur", pour s'abonner et consulter en un seul endroit les dernières actualitĂ©s de sites web, sans avoir Ă  les visiter.
  • la syndication de contenus : la publication automatique sur un site Internet d'informations Ă©manant d'autres sites.
  • Blog
De "Web – log" : au dĂ©part, sortes de journaux intimes en ligne, ils se sont imposĂ©s sur la toile, pour devenir les supports d'une expression publique diverse : opinion, parole citoyenne, militante, tĂ©moignages, rĂ©cit...
Il en existe différents types : services clés en main fournis (plate-formes de blog) ou logiciels libres à installer sur un serveur. Leur point commun : ils permettent à un non-technicien d'écrire et publier des articles qui seront ensuite triés par dates.

ENFANT : Initier le premier pas

Outils simples

Rencontres

Modes d'emploi

Voir : : Mode d'emploi du wiki "stages courts"

ADOLESCENT : GĂ©rer les conflits

Règles de fonctionnement

  • Sondages et formulaires.
Description : des outils pour réaliser des questionnaires en ligne. Certains traitent les réponses statistiquement (réalisation de graphiques, pourcentages).

ADULTE : Rester ouvert et jeune

Accueil des nouveaux, entrées dans le contenu par public

Voir le portail de l'ONEM

Skype

Auteur de la fiche : SupAgro Florac
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
En introduction : Skype est un service gratuit de tĂ©lĂ©phonie par internet qui permet de discuter Ă  deux ou Ă  plusieurs (en ayant un compte Skype). Le service propose aussi un service de visioconfĂ©rence, chat, partage de fichier et partage d'Ă©cran.
imagebf_imageSkype.png
Famille d'outils : Communication synchrone
PrĂ©sentation :
PrĂ©-requis :
  • Se crĂ©er un compte Skype.
  • Installer le logiciel.
  • Avoir un micro et, en option, une webcam.
Quelques applications :
  • RĂ©union tĂ©lĂ©phonique Ă  plusieurs (que l'on peut coupler avec un Etherpad pour une prise de notes partagĂ©e).
  • PrĂ©senter et commenter un diaporama Ă  distance grâce au partage du bureau.
Pour aller plus loin :
Avantages :
  • Bonne qualitĂ© audio et vidĂ©o.
  • Outil complet : audio, vidĂ©o, chat, transfert de fichier.
  • Communications gratuites entre utilisateurs de Skype quelque soit la distance.
  • PossibilitĂ© de rĂ©union tĂ©lĂ©phonique jusqu'Ă  25 personnes (!).
InconvĂ©nients :
  • Logiciel propriĂ©taire (le traitement des donnĂ©es par Skype est obscure).
  • L'utilisation de Skype est interdite dans un certain nombre d'entreprise et d'administration.
  • La configuration du micro et de la webcam est parfois problĂ©matique : faire des essais avant de se lancer dans une rĂ©union Skype.
  • Interface diffĂ©rente suivant les plate-formes : Windows, Linux, Mac, rend plus difficile le dĂ©pannage Ă  distance.
  • Demande une installation et une petite appropriation de l'outil ce qui n'est pas le cas du tĂ©lĂ©phone !
Licence : Logiciel propriĂ©taire, Freemium
Utilisation : Facile
Installation : Facile

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Utilisation des listes Ă  Tela Botanica

Auteur de la fiche : Outils-rĂ©seaux
Licence de la fiche : Creative Commons BY-SA
TĂ©moignage : Le rĂ©seau Tela Botanica s'est constituĂ© autour de listes de discussion.

La première tela-botanicae a été ouverte en mars 1999, lors de la création du réseau. Elle s'appuie sur les services offerts par Yahoo Groupes. Elle est toujours active à l'heure actuelle : 1092 membres et 34000 messages échangés depuis sa création, avec une moyenne de 225 messages par mois (bilan réalisé le 8 mars 2010).

Mixité des membres

La liste regroupe spécialistes et amateurs, néophytes et passionnés chevronnés de la botanique. Une personne débutante pose une question et ce sont des dizaines de spécialistes qui répondent, parfois de manière très pointue. Gageons que s'ils s'étaient regroupés entre eux, les échanges n'auraient probablement pas été aussi dynamiques (peur d'être jugé par les pairs, haut niveau d'entrée dans les débats...).

Division en groupes thématiques

A fur-et-à-mesure des échanges, des discussions thématiques se sont engagées, créant parfois un encombrement de messages sur la liste. L'animateur du réseau, qui pilotait en attention, a tout de suite proposé de créer un autre groupe de discussion spécifique. Et ainsi, plus d'une cinquantaine de groupes thématiques se sont créés, donnant lieu, pour certains, à un travail coopératif intense et à des productions collectives.

Synthèses des listes

L'avantage de diviser ainsi le réseau en groupes thématiques est que l'on peut ne s'abonner qu'aux discussions qui nous intéressent, sans recevoir un flot de mails quotidien. L'inconvénient c'est qu'on n'a pas une vision globale de ce qui se passe dans le groupe. Pour remédier à ça, un des membres du réseau a animé la réalisation de synthèses des discussions : la personne qui posait une question devait ensuite rédiger une synthèse avec toutes les réponses reçues.
Trois niveaux de synthèses ont été définis en fonction du niveau de restitution des informations.
  • Niveau 1 - Collecte des messages. Redonne la totalitĂ© des Ă©changes sur un sujet (pas de traitement autre que de rassembler tous les messages dans l'ordre et de faire un nettoyage de forme).
  • Niveau 2 - Collecte et mise en forme. Synthèse intermĂ©diaire avec un peu de mise en forme.
  • Niveau 3 - Synthèse. Synthèse enrichie (avec additions et contrĂ´les des rĂ©fĂ©rences).
Le tout sous licence Créative Commons, bien sûr !

Des outils pour faciliter et cadrer les Ă©changes

Le réseau a également mis en place des outils pour faciliter l'accès à ces listes par de nouveaux membres : modes d'emploi animés (tutoriel vidéo) et une charte de bonne conduite (Nétiquette).

Ce que nous avons appris de Cooptic


Les formations hybrides, liant les "enseignements" en présence et à distance, sont d'excellents outils de développement professionnel tout au long de la vie.

Cependant, plusieurs conditions sont nécessaires pour que ce type de dispositifs de formation devienne un réel écosystème d'apprentissage.
L'expérience de Cooptic a renforcé nos convictions sur quelques conditions de réussite des formations à l'ère numérique.

La formation n'est plus une transmission pyramidale des savoirs, où celui qui sait passe l'information à celui qui apprend. C'est une co-construction des connaissances à partir de la mise en réseaux des informations disponibles, sélectionnées par le formateurs, des connaissances et des expériences individuelles enrichies collectivement par les échanges réflexifs. Le processus formatif est explicité par le formateur pour que la formation permette d'apprendre à apprendre.

La personne est au centre de l'apprentissage. Mais cette personne est facilement connectée au monde et aux autres, grâce à des nouvelles technologies disponibles.
Dans la formation Cooptic et Animacoop, son équivalent français, nous expérimentons la construction des communautés apprenantes dont le fonctionnement est proche des communautés épistémiques (cf. supra). Les stagiaires publient des articles, créent des parcours de formation en devenant progressivement des "amateurs -experts" actifs. Cette nouvelle qualité des personnes en formation conjugue d'authentiques ambitions intellectuelles, pédagogiques, voire démocratiques, et ouvre largement la place au plaisir d'apprendre.

Le travail de formateur change car il assure plusieurs fonctions en parallèle :
  • Formateur "expert" : il est le rĂ©fĂ©rent sur les sujets traitĂ©s, il transfert les connaissances.
  • Accompagnateur : il structure et accompagne la progression du groupe dans un environnement d'apprentissage fondĂ© sur la communication et l'Ă©change.
  • Tuteur : il Ă©tablit un lien individualisĂ© avec chaque apprenant en aidant Ă  surmonter l'effet d'isolement que les formations Ă  distance induit.
  • "Technicien" : il est garant du fonctionnement des dispositifs techniques.

Ces nouvelles "fonctions" assurées par un ou plusieurs formateurs nécessitent des changement profonds :
  • ReconsidĂ©rer la "distance" comme un espace-temps de possibles interactions et apprentissages. On peut apprendre, crĂ©er des liens, travailler ensemble, produire une ressource dans des configurations multiples :
    • Ă€ distance asynchrone en contribuant selon ses disponibilitĂ© sur un espace d'Ă©criture, en partageant des ressources... En Ă©changeant par mail ou forum,
    • Ă€ distance synchrones durant des confĂ©rences vidĂ©o, ou Ă©changes de pratique entre les groupes,
    • En prĂ©sence et Ă  distance Ă  la fois... Il est possible d'organiser des cours en visio-confĂ©rence avec deux groupes en parallèle sur deux sites diffĂ©rents.
  • Rendre la relation plus horizontale entre les formateurs, les stagiaires et le savoir. Dans les flux des informations et des Ă©changes, le formateur est un Ă©lĂ©ment parmi d'autres.
  • Adopter la mĂ©thode "surf "1 ....accepter les incertitudes et oser expĂ©rimenter durant le processus. Le formateur est garant de la mĂ©thodologie : il crĂ©e des conditions d'Ă©quilibre et ne maĂ®trise pas nĂ©cessairement la forme des rĂ©sultats de coproduction.

Les éléments d'innovation et ses effets sur le dispositif de formation et l'apprentissage de la coopération

Ce que Cooptic innove L'effet sur la formation L'effet sur l'apprentissage de la coopération.
Le choix d'un wiki comme plate-forme de formation Dispositif technique très facile d'utilisation avec une ergonomie intuitive, un graphisme soigné. Le formateur veille à diminuer les éventuelles contraintes techniques. Diminue la contrainte de participation. Met en confiance face aux outils. Crée le sentiment de plaisir. Incite à publier sur le Net.
Un espace collectif et des espaces individuels La plate-forme wiki/ permet de créer des espaces personnels liés facilement aux supports collectifs. L'appartenance au groupe apprenant est naturelle (espaces communs). L'apprentissage individualisé est possible (espace personnel).
Contenus ouverts Les cours sont mis en ligne et accessibles à tous et au-delà de la formation. Liberté de revenir sur les cours à tout moment. Plus de disponibilité pour les activités et les échanges.
Contenus d'apprentissage plus larges que les cours La mise en ligne des cours "libère" du temps pour l'accompagnement dans l'acquisition des compétences. Acquisition des savoirs-faire : "apprendre à apprendre" et "apprendre à faire avec les autres".
Structure modulaire Des contenus sont divisés en unités (granularisation). Le parcours global est prédéfini, mais il peut être modifié pendant la formation. La construction d'un parcours plus personnel est possible.
Approche systémique Les contenus sont choisis pour correspondre à l'ensemble de l'activité, du réseau collaboratif et aux différents niveaux (individu, groupe, environnement). Acquisition de grilles de lecture globale. Étude relativement complète des processus collaboratifs.
Pluralité des parcours structurés Parcours modulaires des cours (vie d'un réseau). Parcours activité de groupes (communauté apprenante). Parcours "projet professionnel" (environnement collaboratif). Multiples occasions de traiter les questions de coopération et de collaboration ; les pratiquer, les animer. Analyse du process collaboratif.
Changement progressif des tailles des groupes de travail Les activités sont programmées sur la logique de progression : exercice individuel, en binôme, en groupe de 4-8 Pratique des communautés épistémiques. L'exercice de groupes éphémères (changement d'échelle).
Mise en réseaux et échange des pratiques L'activité est pensée comme un agrégateur de savoir. Le formateur est garant de la méthodologie. Valorisation de ses expériences comme une source de connaissance (praticien réflexif). Forme particulière de professionnalisation (à partir des expériences des autres). Renforcement de l'estime de soi.
Coproduction des contenus Une plate-forme évolutive : l'ajout de pages, de rubriques est possible par tous. Le formateur accompagne le processus, il est garant de sa cohérence. Posture active face au savoir. Sentiment de créer un "bien commun".
Notion de "présence" à distance Une articulation affinée des temps présence-distance. L'effort d'accompagnement est mis sur les interactions entre les participants. L'accompagnement "à distance" est systématisé (points fixes avec le formateur). L'effet de distance est diminué voir transformé. Se dégagent les méthodes de proximité de projets, de cultures.



Pour en savoir plus : les communautés épistémiques


Les communautés épistémiques peuvent être définies comme un [petit] groupe de représentants partageant un objectif cognitif commun de création de connaissance et une structure commune permettant une compréhension partagée. C'est un groupe hétérogène. Par conséquent, l'une des premières tâches de ses membres consiste à créer un codebook, une sorte de "code de conduite", qui définit les objectifs de la communauté et les moyens de les atteindre ainsi que les règles de comportements collectifs. Donc ce qui caractérise une communauté épistémique est avant tout l'autorité procédurale, qui est garante du progrès vers le but fixé tout en laissant aux participants une certaine autonomie.
La production de la connaissance s'est réalise à partir des synergies des particularités individuelles. Cela nécessite que la connaissance qui circule au sein de la communauté soit explicitée. Cette explicitation se fait par la conversion de connaissances tacites individuelles en connaissances explicites et collectives : les membres de la communauté épistémique sont unis par leurs responsabilités à mettre en valeur un ensemble particulier de connaissances. L'objet de l'évaluation concerne donc la contribution individuelle à l'effort vers le but collectif à atteindre, et la validation de l'activité cognitive (production de la connaissance) de chaque membre se fait par les pairs selon les critères fixés par l'autorité procédurale. Il en est de même avec le recrutement de nouveaux membres dans ce type de groupes : il se fait par des pairs, selon des règles préétablies relatives au potentiel d'un membre à réaliser le but de la communauté.

Bibliographie
Cohendet, P., Créplet, F. et Dupouët, O., (2003), Innovation organisationnelle, communautés de pratique et communautés épistémiques : le cas de Linux.
Revue française de gestion, n° 146, 99-121.


  • 1 Rosnay, JoĂ«l. Surfer la vie : vers la sociĂ©tĂ© fluide. Paris : Les liens qui libèrent, 2012